La population de réfugiés somaliens continue de croître en Ethiopie, un nouveau camp va être ouvert

Points de presse, 19 octobre 2012

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahecic à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 19 octobre 2012 au Palais des Nations à Genève.

Le nombre de réfugiés somaliens dans plusieurs camps de cette région aride et hostile du sud-est de l'Ethiopie a dépassé 170 000, ce qui fait de Dollo Ado le deuxième plus grand camp de réfugiés au monde.

Dollo Ado est désormais le deuxième plus grand camp de réfugiés au monde après Dadaab au Kenya. Bien que le nombre d'arrivants à Dollo Ado ait ralenti cette année, les personnes continuent d'arriver après avoir fui le conflit et l'insécurité dans le centre et le sud de la Somalie. Beaucoup citent la peur du harcèlement et le recrutement forcé par des groupes armés qui contrôlent de larges zones rurales dans le pays.

Entre janvier et la fin septembre 2012, environ 62 000 Somaliens sont devenus des réfugiés dans les pays voisins de la Somalie. Plus de 25 000 personnes ont fui vers l'Ethiopie ce qui en fait le pays hôte le plus important dans la région pour 2012.

Par comparaison, le Yémen a enregistré 15 000 réfugiés somaliens, le Kenya 13 000, l'Ouganda 6 800 et Djibouti 2 300 durant la même période. En tout, la population de réfugiés somaliens dans la région s'élève à plus d'un million.

Les années précédentes, le Kenya qui accueille plus de la moitié de cette population était leur principale destination. Avec 214 000 réfugiés somaliens, l'Ethiopie accueille un cinquième de cette population à Dollo Ado, à plusieurs centaines de kilomètres au nord de Jijiga.

En plus des Somaliens qui constituent le plus important groupe de réfugiés, le pays accueille également plus de 91 000 réfugiés soudanais, près de 61 000 Erythréens et 4 000 réfugiés d'autres pays, ce qui porte la population réfugiée en Ethiopie à près de 368 000 personnes. Chaque mois, le pays accepte des milliers de nouveaux arrivants, en majorité des Somaliens à Dollo Ado, suivis de Soudanais et d'Erythréens.

On compte actuellement cinq camps à Dollo Ado. Le plus récent est le camp de Buramino, qui a ouvert en novembre 2011 et qui est désormais plein avec une population de plus de 32 000 personnes. Les nouveaux arrivants sont actuellement transférés vers les camps de Kobe et Hillaweyn. Nous avons accru la capacité d'hébergement de ces deux sites à environ 30 000 personnes chacun. Les deux camps les plus anciens Bokolmanyo et Melkadida accueillent chacun plus de 40 000 personnes.

Avec les personnes qui continuent d'arriver à Dollo Ado, le Gouvernement éthiopien a autorisé l'ouverture d'un sixième site et le terrain identifié se trouve entre la ville de Kole et le camp de Kobe, à environ 54 kilomètres au nord de la ville de Dollo Ado.

Le coût de l'ouverture d'un nouveau camp, avec l'installation de services essentiels et d'infrastructure y compris des équipements médicaux, d'éducation et d'entreposage est de plus de cinq millions de dollars.

Nous cherchons un soutien de la part des donateurs et des partenaires, incluant des ressources pour les ONG partenaires qui travailleraient dans le camp. Pour la phase initiale, nous avons d'urgence besoin de 1,5 million de dollars pour la préparation du site, la délimitation des terres et l'installation d'infrastructures essentielles, y compris le forage de puits, l'installation de points d'eau, de dispensaires pour les soins d'urgence et de latrines. Cette année, le HCR a déjà reçu 44 millions de dollars, alors que les besoins avaient été évalués à plus de 112 millions de dollars.

Les réfugiés arrivent souvent avec très peu de possessions. Leurs besoins les plus urgents concernent l'abri, les vivres et les articles de secours de première nécessité. Pour répondre à ces besoins, le HCR a envoyé un convoi depuis le Kenya la semaine dernière qui transportait 10 000 bâches en plastique, 500 rouleaux de plastique, 20 000 couvertures, 15 000 nattes de couchage, 15 000 moustiquaires et 10 000 jerrycans pliables. L'aide est distribuée aux nouveaux arrivants dans les camps.

Parallèlement, une piste d'atterrissage utilisable en tout temps et attendue de longue date a ouvert à Dollo Ado le 3 octobre dernier, ce qui facilite beaucoup l'accès pour le personnel humanitaire et le transport d'articles de secours par avion-cargo. Financée par le Gouvernement américain, la piste d'atterrissage a été construite par une équipe de génie civil du Programme alimentaire mondial ayant travaillé étroitement avec l'aviation civile éthiopienne et les autorités routières.

C'est une amélioration majeure pour les organisations humanitaires travaillant à Dollo Ado car les conditions météorologiques défavorables rendaient souvent inutilisable l'ancienne piste d'atterrissage. La seule solution d'accès était un voyage de trois jours sur des routes en mauvais état, ce qui retardait considérablement les opérations d'aide d'urgence et les évacuations médicales.

La Somalie demeure le théâtre de l'une des crises les plus anciennes et les pires au monde. Un tiers de la population somalienne estimée à 7,5 millions de personnes vit en tant que déplacés ou réfugiés.

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La distinction Nansen pour les réfugiés a été attribuée à la Somalienne Hawa Aden Mohamed

La lauréate 2012 de la distinction Nansen pour les réfugiés est Mme Hawa Aden Mohamed, ex-réfugiée dont l'oeuvre visionnaire a changé la vie de Somaliennes de tout âge. Celle que beaucoup appellent « maman Hawa » a fondé et dirige un ambitieux programme d'éducation à Galkayo, en Somalie, dont l'objet est d'aider ces femmes à affirmer leurs droits, à acquérir d'indispensables compétences et à renforcer leur rôle social. Cette galerie de photos présente les activités de « maman Hawa » au Centre d'éducation de Galkayo pour la Paix et le développement, où des déplacées internes peuvent apprendre à lire, suivre une formation professionnelle et aussi recevoir une aide humanitaire, notamment sous forme de nourriture.

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Cérémonie de remise de la distinction Nansen pour les réfugiés

Plus de 800 personnes ont participé à la cérémonie annuelle de remise de la distinction Nansen pour les réfugiés à Genève le 1er octobre 2012. La lauréate de cette année, Hawa Aden Mohamed, est somalienne. Elle n'a pas pu se joindre à la cérémonie pour des raisons de santé, mais elle avait enregistré un message vidéo. En l'absence de l'ex-réfugiée, le Haut Commissaire pour les réfugiés, Antonio Guterres, a remis la distinction à sa soeur, Shukri Aden Mohamed.

L'humanitaire de 63 ans, éducatrice et défenseur des droits de la femme, plus connue sous le nom de « Maman Hawa », a été honorée pour son dévouement inlassable - dans des conditions extrêmement difficiles - pour aider les réfugiés et les déplacés, principalement des femmes et des jeunes filles mais aussi de jeunes garçons.

Elle a surtout été reconnue - en tant que co-fondatrice du Centre d'éducation de Galkayo pour la paix et le développement en Somalie dans la région de Puntland - pour avoir aidé des milliers de femmes et de jeunes Somaliennes déplacées, beaucoup d'entre elles ayant été victimes de viol. Le centre assure l'enseignement secondaire ainsi que l'apprentissage de l'autonomie.

Durant la cérémonie de remise, les spectacteurs ont entendu une allocution de la militante pour la paix libérienne, Leymah Gbowee, co-lauréate du prix Nobel de la paix 2011. Une vidéo a été diffusée en l'honneur de Mama Hawa. La cantatrice soprano et Ambassadrice honoraire à vie auprès du HCR, Barbara Hendricks, et le musicien suisse, Bastian Baker ont interprêté des morceaux musicaux.

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Des réfugiés tanzaniens rentrent à Zanzibar

Le HCR a organisé le rapatriement volontaire de 38 réfugiés tanzaniens originaires de Zanzibar qui résidaient depuis plus de dix ans à Mogadiscio, la capitale de la Somalie. Le groupe, qui comprenait 12 familles, a été transporté à bord de deux vols spécialement affrétés par le HCR depuis Mogadiscio vers Zanzibar le 6 juillet 2012. De là, sept familles ont été raccompagnées jusqu'à leurs villages sur l'île de Pemba, tandis que cinq familles décidaient de rester et de reconstruire leur vie sur l'île principale de Zanzibar, Unguja. Les chefs de familles étaient de jeunes hommes quand ils avaient quitté Zanzibar en janvier 2001, après avoir fui les émeutes et la violence suite aux élections d'octobre 2000. Ils faisaient partie des 2 000 réfugiés qui ont fui l'île tanzanienne de Pemba. Le reste de la communauté de réfugiés tanzaniens à Mogadiscio, environ 70 personnes, décide d'attendre et de voir comment la situation se déroule pour les personnes de retour à Zanzibar, avant de prendre la décision de rentrer.

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