Le HCR transfère des réfugiés centrafricains depuis des camps régulièrement inondés

Points de presse, 12 octobre 2012

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 12 octobre 2012 au Palais des Nations à Genève.

Les réfugiés sont originaires de la République centrafricaine et sont transférés depuis les camps de Yaroungou et de Moula qui accueillent 17 000 personnes au total. Les réfugiés avaient été contraints à l'exil en 2003 et 2008 en raison de l'instabilité politique et des conflits armés en République centrafricaine.

Depuis le début de l'opération ce lundi, nous avons transporté 1 687 réfugiés dans sept convois vers le nouveau site de Paris-Sara. Nous organisons des convois deux fois par jour et nous prévoyons de terminer le transfert d'ici la fin du mois en espérant que de nouvelles pluies ne gêneront pas la circulation.

Notre espoir est que le transfert sera une pause bienvenue pour les réfugiés de Moula et de Yaroungou où les fortes pluies saisonnières ont causé d'importants dommages ces trois dernières années. Dans le camp de Moula, environ 260 hectares de terres agricoles sont actuellement inondés. A Yaroungou, les inondations ont détruit 85% des cultures de maïs et de riz. Les stocks de vivres et de semences ont également été détruits, car la plupart du Tchad est affecté par les inondations.

Les fortes pluies de cette année ont causé de sérieux dégâts dans les sites de déplacés et de réfugiés dans le sud et l'est du Tchad. Selon nos estimations, les coûts de réhabilitation des structures endommagées dans les camps s'élèveront à 3,5 millions de dollars, y compris pour la rénovation des abris, des écoles, des points d'eau, des dispensaires, des terrains de jeux, des latrines et des systèmes de drainage.

Le Tchad accueille actuellement plus de 300 000 réfugiés dans 18 camps. Douze des camps sont situés dans l'est du pays et quelque 260 000 réfugiés soudanais originaires du Darfour y sont hébergés. Les six autres camps du sud accueillent 60 000 Centrafricains. En plus des réfugiés, on compte 83 000 Tchadiens déplacés internes qui séjournent dans des camps de l'Est et qui reçoivent une aide du HCR.

Malgré les immenses besoins humanitaires au Tchad, c'est l'une de nos opérations les moins financées avec seulement 25% reçus à ce jour sur le total de notre budget s'élevant à 177 millions de dollars.

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Edwige fait face à la perte en s'activant et en aidant les autres dans le camp de Mole

Edwige Kpomako est une femme pressée; mais cette énergie aide également cette réfugiée originaire de République centrafricaine (RCA) à faire face à la tragédie qui l'a forcée à fuir vers le nord de la République démocratique du Congo (RDC) en 2013. Avant que la violence ne ravage de nouveau son pays en 2012, la jeune femme de 25 ans étudiait en Master de littérature américaine à Bangui, et sa vie était tournée vers l'avenir. « J'ai commencé ma thèse sur l'oeuvre d'Arthur Miller mais, à cause de la situation en RCA…. », explique-t-elle, sans pouvoir terminer sa phrase. A la place, elle a dû fuir précipitamment en RDC avec un frère plus jeune, mais son fiancé et un fils de 10 ans ont été tués dans les violences intercommunautaires en RCA.

Après avoir franchi le fleuve Oubangui vers la RDC, Edwige a été transférée vers Mole, un camp qui héberge plus de 13 000 réfugiés. Tentant désespérément d'avancer dans la vie et de rester active, elle a commencé à aider les autres, à assumer un rôle de direction et à participer à des activités communautaires, notamment la capoeira, un art martial brésilien. Elle dirige le comité des femmes, s'engage dans des activités visant à combattre la violence sexuelle et agit comme officier de liaison au centre de santé. Elle donne aussi des cours et tient un petit commerce en vendant des crèmes pour le visage. « J'ai découvert que je n'étais pas faible », déclare Edwige, en restant optimiste. Elle est certaine que son pays va sortir de son cauchemar et se reconstruire et qu'elle deviendra un jour une avocate spécialisée dans la défense des droits humains au service des réfugiés.

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Joie en demi-teinte pour les retrouvailles d'une famille de réfugiés centrafricains

La violence et les conflits en République centrafricaine ont forcé des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers depuis la mi-décembre. Beaucoup ont trouvé refuge dans les pays voisins, y compris 80 000 personnes au Cameroun. Avec le traumatisme et la confusion causés par les déplacements de populations, des familles sont séparées. Les réfugiés font face à de nombreux dangers sur le chemin de la sécurité, et leur voyage peut durer plusieurs semaines. Ramatou, une mère de 11 enfants âgée de 45 ans, a été séparée de trois de ses fils et de son mari quand des miliciens ont attaqué son village en janvier. Elle est partie en courant avec huit enfants et elle a fini par rejoindre le Cameroun avec l'aide des troupes de l'Union africaine pour le maintien de la paix. Son mari et ses trois fils ont couru dans une autre direction. Ils ont enduré de nombreuses épreuves dans la brousse, et ont été séparés à nouveau. Plus tôt ce mois-ci, Ramatou a retrouvé ses deux cadets dans le camp de réfugiés de Mbile au Cameroun. Elle était ravie, mais aussi consternée de les voir non accompagnés. Elle espère revoir bientôt son mari et son fils aîné. Le photographe Fred Noy a assisté à leurs retrouvailles émouvantes.

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Les enfants réfugiés centrafricains tout juste arrivés au Cameroun souffrent de malnutrition

Les réfugiés centrafricains arrivent au Cameroun en nombre croissant, dans un état de grande faiblesse physique. Ils passent des semaines voire des mois cachés dans la brousse, où il leur était difficile de trouver de la nourriture et de l'eau. Ils dorment en plein air. Ils ne peuvent pas retourner chez eux. Parmi ces réfugiés, les plus vulnérables sont les enfants âgés de moins de cinq ans. Rencontrer ces enfants émaciés est bouleversant. Ils ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence après s'être nourris de racines et de feuilles. Selon les estimations, environ 40% des enfants récemment arrivés souffrent de malnutrition. Pour certains, le voyage est de trop. Le HCR aide à sauver des vies dans l'est du Cameroun. Avec Médecins Sans Frontières, le HCR appuie un centre d'aide nutritionnelle à Batouri. MSF y envoie des enfants depuis son dispensaire de la ville frontalière de Gbiti, où se trouvent environ 20 000 sur les 80 000 réfugiés centrafricains arrivés au Cameroun. Le dispensaire de Gbiti est débordé. Les partenaires étendent la capacité du centre d'aide nutritionnelle, qui traite environ 100 enfants. Davantage encore arrivent chaque jour et le HCR a monté des tentes pour y abriter les enfants et leurs Mamans. Le photographe Frédéric Noy s'est rendu la semaine dernière à Gbiti et Batouri. Il y a capturé la série suivante d'images saisissantes et évocatrices.

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Lors d'une mission en République centrafricaine, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a décrit la violence et le déplacement forcé survenant dans le pays comme étant une tragédie silencieuse.
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Les 250 000 réfugiés du Darfour exilés dans lest du Tchad luttent chaque jour pour tenter de survivre avec un minimum deau, de nourriture et de combustible.
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La guerre se déroulant en République centrafricaine a reçu peu d'attention de la part des médias, en comparaison avec le conflit du Darfour, alors que ses effets sont semblables. Plus de 17 000 Centrafricains ont traversé la frontière vers le Tchad depuis janvier 2009, portant ainsi le total des réfugiés centrafricains à près de 70 000 dans ce pays.