Préparation aux conditions hivernales en cours pour des dizaines de milliers de Syriens déracinés

Points de presse, 12 octobre 2012

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 12 octobre 2012 au Palais des Nations à Genève.

Avec le nombre des réfugiés syriens dans les Etats voisins, le HCR et ses partenaires intensifient les efforts pour préparer l'arrivée de l'hiver. Nous évaluons à plus de 64 millions de dollars la préparation aux conditions hivernales dans toute la région, y compris pour les Syriens déplacés dans leur propre pays.

Les projets du HCR en Jordanie, où les températures moyennes tombent à deux degrés Celsius en moyenne entre la mi-novembre et la mi-mars, se concentreront sur les réfugiés présents dans les camps et ceux qui vivent dans les communautés locales. Sur plus de 105 000 Syriens en Jordanie qui sont enregistrés en tant que réfugiés ou qui sont en attente d'un enregistrement, un quart d'entre eux se trouvent au camp de Za'atri et le reste dans des villes grandes ou moyennes. Selon nos prévisions, 250 000 Syriens pourraient avoir besoin d'aide d'ici la fin de l'année.

Selon toute attente, beaucoup des personnes enregistrées dans les prochaines semaines seront des réfugiés, qui vivent en Jordanie depuis plusieurs mois. Beaucoup des réfugiés vivant en milieu urbain subviennent eux-mêmes à leurs besoins ou comptent sur l'aide de proches ou de familles hôtes jordaniennes.

Le HCR et ses partenaires prévoient de fournir une aide supplémentaire pour les conditions hivernales à au moins 50 000 réfugiés vivant en milieu urbain. En plus de l'allocation en espèces qui est déjà allouée aux familles les plus vulnérables, le HCR inclura un montant supplémentaire pour l'adaptation aux conditions hivernales en novembre et en décembre allant de 50 à 100 dinars jordaniens (de 70 à 140 dollars), selon la taille de la famille.

De plus, le HCR augmentera l'allocation de subventions ponctuelles d'urgence en espèces pour aider à couvrir les besoins urgents comme les vêtements, le combustible pour le chauffage et le paiement des loyers. La majorité des personnes qui recherchent une aide d'urgence en Jordanie disent avoir été menacés d'expulsion et ils ont besoin d'aide pour payer le loyer.

Nous allons également mettre en place des bons d'achat qui pourront être utilisés dans une liste choisie de magasins à travers la Jordanie pour acheter des vêtements d'hiver et des articles non alimentaires pour l'hiver.

Une stratégie pour l'équipement du camp de Za'atri aux conditions hivernales a été préparée par le Conseil norvégien pour les réfugiés, un partenaire du HCR. Elle comprend la distribution de poêles, de combustible, de vêtements chauds, de couvertures thermiques, des bâches en plastique, de bouteilles d'eau chaude et d'autres articles. C'est un kit supplémentaire par rapport à la distribution habituelle d'articles non alimentaires. Des modifications sur les tentes sont également prévues pour améliorer l'isolation. Dans le même temps, des donateurs fournissent plus de 2 500 logements préfabriqués pour abriter des familles. Quelque 300 d'entre eux ont déjà été mis en place dans le camp.

Le plan de préparation aux conditions hivernales au Liban, qui accueille plus de 94 000 réfugiés, vise à ce que la population croissante de réfugiés dispose d'un logement ; que le logement offre une protection suffisante contre le froid, et que les réfugiés aient suffisamment de carburant, de vêtements chauds et d'autres articles de secours non alimentaires.

Le HCR a prévu un budget de 4,7 millions de dollars pour un programme qui comprendra des allocations en espèces pour le paiement des loyers au bénéfice d'environ 3 000 familles, la rénovation de maisons pour 1 500 familles d'accueil, la fourniture de 150 bâtiments inachevés et d'abris collectifs pouvant accueillir jusqu'à 1 300 familles, 1 000 logements de transition pour les personnes devant être relogées d'urgence et des abris préfabriqués pour jusqu'à 250 familles.

Pour s'assurer que tous les logements sont sûrs et sécurisés contre le froid, l'aide sera étendue à 3 630 ménages par le biais d'activités incluant des travaux de toiture pour des maisons inachevées, la fourniture de kits d'abris et de travail (si nécessaire) pour des logements insuffisamment équipés pour les conditions hivernales et la préparation des tentes contre les conditions hivernales pour les réfugiés qui vivent dans des installations de tentes nomades.

Afin d'assurer que les réfugiés reçoivent suffisamment d'aide non alimentaire pour les mois d'hiver, nous avons budgété à 8,4 millions de dollars la fourniture de combustible pour le chauffage de 26 000 ménages, 3 000 appareils de chauffage et des cuisinières ; 32 000 couvertures d'hiver et 60 000 dollars pour des bons d'achat de 25 dollars pour des vêtements d'hiver.

En Turquie, une équipe du HCR s'est rendue dans des camps le mois dernier pour discuter de la planification des activités pour la préparation de l'hiver avec des responsables turcs sur le terrain et à Ankara. Plusieurs options de logement sont à l'étude, y compris l'utilisation de logements préfabriqués dans les zones où les températures sont plus froides. Certains sont déjà en place au camp d'Oncupinar à Kilis. D'autres sont nécessaires.

Une tente d'hiver a été développée par l'organisation turque Disaster and Emergency Management Presidency et par la Société du Croissant-Rouge turc, qui en ont commandées 30 000 auprès d'un fournisseur local. Des discussions sont également en cours pour assurer la préparation aux besoins des réfugiés vivant en milieu urbain.

En Iraq, le nombre de demandeurs d'asile syriens est maintenant plus de 39 000, avec presque 32 000 au Kurdistan et plus de 7 000 à Al-Qaem, dans le gouvernorat d'Anbar. Trois camps ont été établis et les réfugiés y sont la priorité du HCR pour les préparations aux conditions hivernales, suivie par des programmes pour les personnes vivant dans la communauté et chez des familles d'accueil.

Les plans pour l'hiver incluent le remplacement des tentes légères actuelles à Al-Qaem avec 1 230 tentes familiales et la fourniture d'appareils de chauffage, du carburant, des couvertures et des édredons thermiques, et le remplacement des écoles sous tentes par des salles de classes en préfabriqué équipées de chauffage. Une assistance pour la préparation aux conditions hivernales sera également accordée à 12 000 réfugiés urbains vulnérables, y compris la fourniture de kérosène sur une période de trois mois, ainsi que deux couvertures thermiques par personne.

En Syrie, le programme du HCR d'un montant de 32,4 millions de dollars et intitulé « Keeping Familles Warm » concernera 500 000 Syriens pour ces trois prochains mois. Le plan repose sur trois éléments principaux : la réhabilitation des abris collectifs, la distribution d'une aide non alimentaire et la fourniture d'une allocation unique en espèces aux personnes vulnérables. « Actuellement, il nous manque 12 millions de dollars pour être en mesure de financer ce programme. Des contributions sont nécessaires d'urgence si l'on veut concrétiser l'ensemble de nos activités de préparation aux conditions hivernales dans les temps », a déclaré Melissa Fleming à Genève.

Le HCR prévoit de réhabiliter 120 centres d'hébergement collectif pour loger des personnes déracinées. Les travaux comprendront la construction de cloisons, l'installation de fenêtres et de portes, le chauffage des espaces communs ainsi que la fourniture d'eau, d'installations sanitaires et de cuisines communes.

La distribution de l'aide non alimentaire comprendra davantage de matelas, de tapis et de couettes d'hiver épaisses. À ce jour, ces articles de secours ont été distribués à 200 000 personnes à travers la Syrie. Selon l'état des fonds, le HCR prévoit de livrer des articles de ce type à 300 000 autres personnes d'ici la fin de l'année.

Nous allons également fournir aux Syriens déplacés une allocation en espèces pour couvrir les frais d'hiver comme les factures de chauffage et d'électricité. À ce jour, plus de 17 000 personnes ont bénéficié de ce soutien à Al Nabek, au sud de Homs.

Statistiques :

- Le nombre des réfugiés syriens dans la région (qui ont été enregistrés ou qui sont en attente de l'être) était de 340 945.

- Jordanie 105 737 (qui ont été enregistrés ou qui sont en attente de l'être)

- Liban 94 213 (y compris 30 297 en attente d'enregistrement)

- Iraq 39 036 (y compris 31 863 en attente d'enregistrement)

- Turquie 96 397 (tous sont enregistrés et reçoivent une aide, selon les autorités)

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Crise en République arabe syrienne : Appel urgent

Vous pouvez sauver la vie de milliers de réfugiés.

Donnez pour cette crise

Apatrides à Beyrouth

Depuis la création du Liban en tant que nation dans les années 1920, il existe une population apatride de longue date dans ce pays.

Trois causes principales expliquent cette situation : l'exclusion de certaines personnes du dernier recensement national en 1932 ; des lacunes juridiques qui privent certains groupes de la nationalité et des obstacles administratifs qui empêchent certains parents de fournir la preuve du droit à la citoyenneté de leurs nouveau-nés.

En outre, une raison essentielle pour laquelle cette situation persiste tient au fait qu'en vertu du droit libanais, les femmes libanaises, contrairement aux hommes, ne peuvent pas transmettre leur nationalité à leurs enfants ; cela signifie qu'un enfant né d'un père apatride et d'une mère libanaise héritera de l'apatridie de son père.

Bien que leur nombre exact ne soit pas connu, il est généralement admis que plusieurs milliers de personnes n'ont pas de nationalité reconnue au Liban et le problème s'aggrave en raison du conflit en Syrie. Plus de 50 000 enfants syriens sont nés au Liban depuis le début du conflit et, avec plus d'un million de réfugiés syriens dans le pays, ce chiffre va augmenter.

Il est très compliqué d'enregistrer une naissance au Liban et cela peut nécessiter jusqu'à cinq étapes administratives différentes pour des parents syriens, y compris un contact direct avec le gouvernement syrien. Première étape pour établir une identité légale, le fait de ne pas enregistrer correctement la naissance d'un enfant lui fait courir un risque d'apatridie et pourrait l'empêcher de retourner en Syrie avec ses parents un jour.

Les conséquences de l'apatridie sont désastreuses. Les apatrides ne peuvent pas obtenir de documents d'identité officiels, les mariages ne sont pas enregistrés et leur apatridie peut se transmettre à leurs enfants. Les apatrides n'ont pas accès aux services de santé publique dans les mêmes conditions que les ressortissants libanais et ils ne peuvent pas posséder ni hériter de biens. Privés de documents, ils ne peuvent pas occuper un emploi légalement dans les administrations publiques ni bénéficier de la sécurité sociale.

Les enfants peuvent se voir refuser l'inscription dans les écoles publiques et sont exclus des examens étatiques. Même quand ils peuvent se payer un enseignement privé, ils sont souvent dans l'impossibilité d'obtenir un certificat officiel.

Les apatrides n'ont pas droit à un passeport et ne peuvent donc pas voyager à l'étranger. Même leur liberté de circulation à l'intérieur du Liban est restreinte car sans documents ils risquent d'être détenus pour séjour illégal dans le pays. Ils ne jouissent pas non plus des droits politiques de base comme le droit de voter ou de se présenter aux élections.

Voici l'histoire de Walid Sheikhmouss Hussein et de sa famille, originaires de Beyrouth.

Apatrides à Beyrouth

Des milliers de réfugiés syriens désespérés fuient vers la Turquie après une escalade des combats

Une escalade des combats au nord de la Syrie depuis le 3 juin a généré quelque 23 135 nouveaux réfugiés qui ont tenté de passer la frontière vers la province de Sanliurfa au sud de la Turquie. Environ 70 pour cent d'entre eux sont des femmes et des enfants, selon les informations reçues par le HCR cette semaine.

La plupart des nouveaux arrivants sont des Syriens ayant fui les combats entre des forces militaires rivales dans et autour de la ville frontalière clé de Tel Abyad. Cette ville est située en face d'Akcakale du côté syrien de la frontière. Ces tout derniers arrivants ont rejoint les rangs d'environ 1,77 million de réfugiés syriens qui se trouvent déjà en Turquie.

L'afflux comprend également jusqu'à 2 183 Iraquiens originaires des villes de Mossoul, Ramadi et Faloujah.

Selon le personnel du HCR sur le terrain, la plupart des réfugiés sont épuisés et ils transportent avec eux quelques affaires. Certains ont marché durant des jours. Ces derniers jours, les personnes ont fui directement vers Akcakale pour échapper aux combats à Tel Abyad, une ville où le calme serait actuellement revenu.

Des milliers de réfugiés syriens désespérés fuient vers la Turquie après une escalade des combats

Infographie : Syrie

Le conflit syrien entre dans sa 5e année. 3,9 millions de réfugiés syriens sont des réfugiés. Voici les pays où ils ont fui.

Infographie : Syrie

Philippines : survivre au typhon Haiyan, un an après la devastationPlay video

Philippines : survivre au typhon Haiyan, un an après la devastation

Le 8 novembre 2013, le typhon Haiyan a balayé le centre des Philippines, dévastant tout sur son passage et tuant des milliers de personnes. Un an après, la reconstruction dure toujours. Sur l'île de Leyte, Bartolome témoigne de la vie de sa famille, pendant plusieurs semaines dans un bateau échoué après la destruction de leur maison.
Turquie : L'exil de Faysal depuis Kobané en SyriePlay video

Turquie : L'exil de Faysal depuis Kobané en Syrie

Plus de 170 000 personnes ont fui la ville de Kobané au nord de la Syrie pour échapper à une violente offensive menée par des militants ISIS. Faysal a réussi à s'échapper en Turquie avant que les combats ne s' intensifient. Toutefois, il a encore une famille qui a dû rester dans la ville frontalière assiégée.
Iraq: Un généreux donateurPlay video

Iraq: Un généreux donateur

L'afflux de réfugiés est important à Dohouk où Fahrad a construit un camp, avec des tentes, de l'électricité, de l'eau ... un lieu de refuge. Sa compassion est sincère ... Dans son enfance, il avait également dû fuir sa maison.