Nouvel afflux au Soudan du Sud après un renouveau des attaques aériennes et terrestres

Points de presse, 25 septembre 2012

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 25 septembre 2012 au Palais des Nations à Genève.

Une reprise des attaques aériennes et terrestres dans l'Etat du Sud-Kordofan au Soudan cause un nouvel afflux de population vers le Soudan du Sud.

Environ 100 réfugiés par jour arrivent dans la ville frontalière de Yida, dans l'Etat d'Unity. Les réfugiés sont dans un état de santé dégradé et ils arrivent sans rien.Certains réfugiés ont indiqué au HCR qu'ils avaient fui également à cause de graves pénuries alimentaires au Kordofan du Sud. Beaucoup ont expliqué avoir prévu de construire un abri au camp de réfugiés de Yida avant de retourner à la frontière pour aller chercher des membres de leur famille.

Nous anticipons un afflux accru vers Yida alors que les pluies se calment et en cas de nouvelle escalade du conflit au Sud-Kordofan. Avec l'augmentation des arrivées, il pourrait y avoir plus de 80 000 réfugiés d'ici la fin de cette année. Le camp de réfugiés de Yida, isolé et difficile d'accès, est surpeuplé avec plus de 64 200 réfugiés, alors des sites supplémentaires pour les nouveaux arrivants seront nécessaires pour éviter la congestion et les risques sanitaires associés.

Avec la tension croissante dans les zones frontalières, le HCR est extrêmement préoccupé par la sécurité des réfugiés dans le camp de Yida, qui se situe près de la frontière. Le HCR continue de travailler avec la communauté réfugiée pour plaider en faveur d'un transfert de l'installation vers un lieu plus sûr, dès que les routes seront à nouveau praticables [à la fin de la saison des pluies en novembre].

Le HCR fournit également un appui aux autorités sud-soudanaises dans leurs efforts pour assurer qu'il n'y a ni armes ni combattants dans le camp de Yida et pour éviter le recrutement forcé. Récemment, une recherche d'armes dans l'installation a toutefois généré des cas de détention arbitraire et d'abus commis contre des réfugiés.

Conjointement avec nos partenaires, nous surveillons la situation et nous intervenons pour obtenir la libération des personnes en détention.

Parallèlement, le HCR est préoccupé par le fait que les lourdes pluies et les inondations dans l'Etat du Haut Nil au Soudan du Sud pourraient rendre les routes impraticables et empêcher l'accès aux camps où sont accueillis quelque 105 000 réfugiés. Ceci pourrait affecter l'assistance ainsi que le bon déroulement des campagnes de soins intensifs, d'hygiène et de nutrition lancées en mai pour lutter contre la malnutrition et une épidémie d'hépatite E.

De nombreuses routes sont déjà inondées et pourraient bientôt être impraticables. A ce jour, la ville de Bunj est la plus affectée. « Nous sommes particulièrement préoccupés par la condition des réfugiés dans le camp de Doro, qui touche cette ville, où environ 75 familles ont déjà été affectées par les inondations ces derniers jours.

Ces familles avaient été transférées vers des zones plus en altitude et qui ne sont pas inondées au sein du camp. Ces familles reçoivent une assistance. Les trois autres camps dans le Haut Nil Jamam, Yusuf Batil et Gendrassa n'ont pas été affectés par les inondations.

Ce week-end, des travailleurs humanitaires ont acheminé 14 tonnes d'aide médico-nutritionnelle vers Doro, en utilisant des tracteurs et des semi-remorques pour passer dans les zones où il y a de l'eau et de la boue. Le Haut Nil est une région largement affectée par les pluies saisonnières et elle pourrait être le théâtre d'autres dommages environnementaux si les inondations depuis les hauts plateaux éthiopiens atteignent le Soudan du Sud cette année.

Alors que la fin de la saison des pluies est synonyme d'accès plus facile vers les camps et de conditions de vie améliorées, le HCR et ses partenaires anticipent de nouveaux afflux de réfugiés depuis l'Etat du Nil Bleu pour les prochaines semaines. Le HCR craint que leur état de santé soit dégradé, tout spécialement les enfants qui pourraient souffrir de malnutrition aigüe, alors que les conditions se détériorent de l'autre côté de la frontière. Cette crise représentera un défi majeur pour la communauté humanitaire.

Le Soudan du Sud accueille désormais 201 000 réfugiés, dont plus de 170 000 dans les Etats d'Unity et du Haut Nil. Le HCR recherche 186 millions de dollars pour son opération d'aide d'urgence aux réfugiés soudanais fuyant vers le Soudan du Sud depuis les Etats du Sud-Kordofan et du Nil Bleu. Le HCR a déjà reçu 71 millions de dollars et se tourne vers les gouvernements, le secteur privé et les particuliers pour de nouvelles contributions.

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Les Soudanais rentrent dans le Sud pour le référendum

A la veille du référendum portant sur l'autodétermination du Sud-Soudan le 9 janvier 2011, des dizaines de milliers de personnes qui vivaient dans le nord du Soudan ont plié bagage pour rentrer dans leurs villages d'origine au sud du pays. Le HCR a établi des points d'escale le long des axes de retour vers le Sud-Soudan, afin de distribuer des vivres aux voyageurs et de leur fournir un lieu sûr pour qu'ils se reposent durant ce pénible voyage. Plusieurs cas d'attaques et de viols perpétrés contre des voyageurs ont justifié l'ouverture de ces centres où les femmes, les enfants et les personnes handicapées peuvent passer la nuit. Le HCR a mobilisé des ressources pour répondre aux besoins de 50 000 personnes, dans l'éventualité d'un déplacement massif suite aux résultats du vote.

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Tchad : l'éducation en exil

L'UNHCR s'associe avec le Ministère de l'éducation et des partenaires ONG pour améliorer l'éducation des réfugiés soudanais au Tchad. La violence continue dans la région ouest du Darfour, au Soudan, a déraciné deux millions de Soudanais dans leur propre pays et a fait fuir quelque 230 000 personnes de l'autre côté de la frontière dans l'est du Tchad. Les réfugiés sont hébergés dans 12 camps au Tchad. Bien que le taux d'inscription à l'école dans les camps au Tchad soit élevé, l'assiduité est variable. Le manque d'instituteurs qualifiés et de fournitures scolaires perturbe le déroulement des classes. Par ailleurs, de nombreux enfants sont accaparés par les tâches domestiques, tandis que d'autres arrêtent l'école pour travailler dans des familles tchadiennes. La fréquentation des filles est moins régulière, surtout après leur mariage qui a lieu généralement lorsqu'elles ont 12 ou 13 ans. Pour les garçons et adolescents, fréquenter l'école diminue le risque d'être recruté par différents groupes armés opérant dans la région.

L'UNHCR et ses partenaires continuent de former et de rémunérer les instituteurs au sein des 12 camps de réfugiés, assurant ainsi une éducation de qualité aux enfants réfugiés. Les ONG partenaires entretiennent les écoles et fournissent les uniformes aux écoliers. L'UNICEF distribue des livres, des cahiers et des fournitures. En août 2007, l'UNHCR, l'UNICEF et le Ministère de l'éducation tchadien ont travaillé conjointement pour améliorer l'éducation des Soudanais déracinés par le conflit au Darfour.

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Crise sanitaire au Soudan du Sud

Quelque 105 000 réfugiés se sont regroupés dans le Comté de Maban, au Soudan du Sud. De graves risques pèsent sur la santé de nombre d'entre eux. Le HCR et ses partenaires travaillent d'arrache-pied pour prévenir et contenir l'épidémie de paludisme et plusieurs maladies hydriques.

La plupart des réfugiés, notamment les enfants et les personnes âgées, sont arrivés très affaiblis dans les camps. Or, les pluies incessantes ont tendance à exacerber la situation, les flaques d'eau se transformant vite en foyer d'incubation de moustiques porteurs du paludisme. Qui plus est, un simple rhume suffit pour que l'état de malnutrition modérée dont souffrent les enfants et personnes âgées se transforme en malnutrition sévère.

C'est dans le camp de Yusuf Batil, dans le Comté de Maban, que la situation se fait la plus critique puisque 15 % des enfants de moins de cinq ans y souffrent de malnutrition aiguë.

Le HCR et ses partenaires font tout leur possible pour prévenir et lutter contre la maladie. Dans le camp de Yusuf Batil, 200 professionnels de la santé des communautés vont de foyer en foyer afin d'enseigner aux réfugiés les règles d'hygiène de base, telles que la nécessité de se laver les mains ou encore comment reconnaître les signes de maladie. S'ils en ont besoin, les enfants reçoivent des aliments nutritifs tels que des Plumpy'nut. Un hôpital spécialisé dans le traitement de patients atteints du choléra a d'ailleurs ouvert ses portes. Parallèlement, des moustiquaires ont été distribuées dans tous les camps à des fins de prévention du paludisme.

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