Le Chef du HCR met en garde contre les dangers liés à l'inaction face à la situation au Mali

Articles d'actualité, 5 septembre 2012

© HCR/H.Caux
Deux jeunes réfugiées inspectent le territoire austère du Burkina Faso où elles ont trouvé refuge après avoir fui le Mali.

GENÈVE, 5 septembre (HCR) Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a exhorté la communauté internationale à redoubler d'efforts pour trouver une solution politique à la crise que connaît le Mali. Il a mis en garde la communauté internationale, estimant que l'ensemble de la région pourrait être affecté si des mesures plus fermes n'étaient pas prises.

« Le Mali est plus important que jamais », souligne António Guterres dans une tribune ouverte publiée mardi dans le New York Times. Il indique que cette nation africaine assiégée n'est plus un endroit mythique isolé qui peut être ignoré. Il ajoute que « la crise politique et la fragmentation qu'on constate au Mali constituent une menace importante pour la stabilité politique de la région ».

« Les multiples crises qui se déroulent au Mali et dans les régions avoisinantes », poursuit-il, « ont été façonnées par une multitude de tendances qui résonnent bien au-delà de cette région ». La région souffre en effet de l'insécurité alimentaire et de la désertification liées au changement climatique, de processus incomplets de démocratisation marqués par l'exclusion sociale et d'une population croissante de jeunes avec de faibles perspectives d'emploi.

M. Guterres a averti la communauté internationale que si elle ne surveillait pas la crise du Mali, celle-ci pourrait « entraîner un arc d'instabilité s'étendant de la Mauritanie, à l'ouest, vers le Niger, le Tchad et le Soudan jusqu'à la Corne de l'Afrique et au golfe d'Aden, à l'est ». Appelant à une résolution rapide de la crise, il a demandé un plus grand soutien international pour les acteurs nationaux et régionaux qui œuvrent à trouver une résolution politique à cette crise et traitent de questions de sécurité complexes. Il a également préconisé que la réponse à cette crise humanitaire soit élargie et qu'elle ne soit pas écartée des priorités internationales tandis que l'attention se concentre sur la situation actuelle en Syrie.

Le Mali a été plongé dans la tourmente au début de cette année, lorsque des combats ont commencé entre un mouvement rebelle touareg et les forces gouvernementales maliennes. Le gouvernement de Bamako a été renversé par un coup d'État en avril, et la région du nord est à présent sous le contrôle des Islamistes. Depuis, plus de 450 000 personnes ont fui leur foyer au Mali, et plus de 265 000 ont cherché refuge dans les pays avoisinants comme le Burkina Faso, la Mauritanie et le Niger.

Tous ces événements se produisent alors que la région du Sahel fait face à de terribles pénuries d'eau et de nourriture. Le HCR œuvre à aider les personnes déplacées de la région tout en essayant de soulager le fardeau qui pèse sur les communautés d'accueil.

Pour lire la tribune publiée dans le New York Times, suivez le lien suivant : http://www.nytimes.com/2012/09/05/opinion/why-mali-matters.html

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Les réfugiés maliens fuient au Niger en quête de sécurité

Des milliers de familles maliennes sont arrivées au Niger depuis la mi-janvier, après avoir fui les combats entre un mouvement rebelle touareg et les forces gouvernementales maliennes au nord du Mali. Les réfugiés vivent dans des installations de fortune le long de la frontière. Ils sont exposés au soleil et au vent durant la journée et au froid la nuit. Le HCR a commencé à distribuer des biens de secours et prévoit d'ouvrir des camps dans des zones plus sûres situées hors des régions frontalières. Hélène Caux, du HCR, a rencontré certains parmi ces réfugiés qui lui ont fait part de leur souhait de retourner dans leur pays dès que la sécurité y serait restaurée.

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Le chef du HCR rencontre des réfugiés au Burkina Faso

Le 1er août, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres s'est rendu au nord du Burkina Faso avec Anne C. Richard, la Secrétaire d'Etat américaine adjointe à la Population, aux Réfugiés et à la Migration (BRPM). Au camp de Damba, ils ont rencontré des réfugiés maliens qui ont fui le Mali au cours des six derniers mois pour échapper à la poursuite du conflit et à l'instabilité politique. A ce jour, plus de 250 000 réfugiés maliens ont fui leurs maisons et trouvé refuge dans l'un des pays de la région, y compris 250 000 réfugiés maliens au Burkina Faso. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a reçu seulement un tiers de l'appel de fonds de 153 millions de dollars dont elle a besoin pour fournir une aide vitale y compris des abris, de l'eau, des installations sanitaires, des soins de santé, des vivres et une protection aux réfugiés. Le HCR craint que la situation politique instable et l'urgence humanitaire au Mali ne génèrent d'autres afflux vers les pays voisins. colombienne.

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Fuyant les combats, l'insécurité générale et l'instabilité politique de leur pays, des réfugiés maliens continuent d'arriver au Niger. Sur le site de Mangaizé où sont accueillis des réfugiés, ils sont quelque 3000 à vivre dans des conditions difficiles, exposés pendant le jour à une chaleur étouffante et se demandant quand ils pourront rentrer chez eux. Dans ce pays aride du Sahel, l'eau et la nourriture sont comptés, ce qui pose un problème considérable et aux réfugiés et aux communautés locales. Ce sont plus de 40 000 Maliens qui ont trouvé refuge au Niger depuis janvier, lorsque les forces gouvernementales maliennes et le mouvement rebelle touareg en sont venus à un affrontement armé. Cent soixante mille réfugiés maliens se répartissent entre le Niger, le Burkina Faso et la Mauritanie. En outre, on compte 133 000 déplacés internes au Mali. Au début du mois de mai, António Guterres, Haut Commissaire pour les réfugiés, s'est rendu au Niger, notamment à Mangaizé, en compagnie de Mme Ertharin Cousin, Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial, dans l'intention de sensibiliser encore davantage l'opinion mondiale à la crise et de rallier de l'aide en faveur des déplacés.

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