Le HCR s'attend à un afflux plus important, davantage de Syriens fuient vers la Jordanie

Articles d'actualité, 28 août 2012

© HCR/A.Eurdolian
Un jeune enfant au camp de Za'atri en Jordanie. Sa famille a fui la violence à Daraa en Syrie.

GENÈVE, 28 août (HCR) L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a déclaré mardi que le rythme des arrivées en provenance de la frontière syrienne vers le camp de Za'atri, au nord de la Jordanie, a doublé au cours de la dernière semaine.

Melissa Fleming, la porte-parole en chef du HCR, a déclaré aux journalistes à Genève qu'environ « 10 200 personnes sont arrivées ces sept derniers jours entre le 21 et le 27 août, par rapport à 4500 la semaine précédente. » Elle a ajouté que plus de 22 000 personnes sont désormais hébergées au camp de Za'atri depuis son ouverture le 30 juillet dernier.

« Les réfugiés nous ont signalé que plusieurs milliers de personnes attendent de traverser la frontière après avoir fui la violence autour du [gouvernorat de] Daraa et nous pensons que cela pourrait être le début d'un afflux beaucoup plus important. Certains de ceux ayant traversé ces derniers jours notamment vendredi disent avoir été bombardés par l'aviation. D'autres font également état de bombardements terrestres, de tirs de mortiers et d'autres armes. »

La plupart du temps, les réfugiés traversent la frontière de nuit et ils sont directement transférés vers le camp de Za'atri par l'Organisation internationale pour les migrations et l'armée jordanienne. Quelque 1147 réfugiés sont arrivés lundi matin et ils ont été suivis par 1400 autres pendant la nuit et mardi matin tôt.

La plupart des personnes arrivées au cours de la semaine écoulée venaient de Daraa. De nombreux réfugiés ont déclaré avoir été déplacés jusqu'à cinq ou six fois à l'intérieur de la Syrie avant de s'enfuir du pays.

« Nous avons reçu au camp la semaine dernière davantage d'enfants non accompagnés. Certains enfants expliquent que leurs parents sont morts, ou qu'ils restent en Syrie pour s'occuper de leurs proches, ou qu'ils travaillent dans d'autres pays », a indiqué Melissa Fleming. « D'autres, qui n'ont pas de passeport, ont dit avoir été envoyés à l'avance par leurs parents qui suivront plus tard », a ajouté la porte-parole du HCR.

Le HCR, aux côtés de la Jordan Hashemite Charity Organization, fait son possible pour répondre aux besoins humanitaires de la population réfugiée en pleine expansion au camp de Za'atri en fournissant l'hébergement, la nourriture, l'eau et les soins de santé.

Le personnel de l'agence pour les réfugiés procède au montage de davantage de tentes encore et à l'agrandissement du camp, en déposant sur le sol une couche de gravier fin pour aider à limiter la poussière sur le site. Des camions ont été envoyés à partir d'un entrepôt régional de Zarqa pour augmenter les stocks de tentes et de couvertures.

Le rythme rapide des arrivées a affecté les efforts visant à améliorer les conditions de la population existante, mais le travail continue dans ce sens.

Melissa Fleming a indiqué que, parallèlement, les opérations du HCR au Liban revenaient à la normale, grâce à l'amélioration de la situation sécuritaire ces derniers jours. « Notre centre d'enregistrement à Tripoli a rouvert ses portes et les réfugiés peuvent à nouveau se faire enregistrer. La distribution de biens de secours dans le nord du pays a été perturbée mais, avec la réouverture de la route du nord ce week-end, nos camions peuvent désormais acheminer des articles de secours vers les points de distribution du HCR à Qobbayat », a-t-elle ajouté.

Dans la plaine de la Bekaa, les visites sur le terrain pour la distribution d'articles de secours et l'enregistrement ont repris. Avec la rentrée scolaire toute proche, le HCR fait son possible pour trouver d'autres lieux d'hébergement pour les familles réfugiées vivant actuellement dans les écoles. Dans le nord, le HCR a trouvé un autre centre d'hébergement pour les familles vivant dans des écoles opérationnelles. A travers tout le Liban, plus de 53 000 personnes ont été enregistrées par le HCR ou ont des rendez-vous avec l'agence pour être enregistrées.

En Syrie, il est également urgent de trouver d'autres lieux d'hébergement pour le nombre croissant de personnes déplacées se trouvant dans les écoles rouvrant le mois prochain. Les autorités locales finalisent une liste de centres d'hébergement collectif et le HCR se tient prêt à réhabiliter des bâtiments pour y loger des personnes déplacées.

En Syrie, des personnes déplacées ont trouvé abri dans 350 écoles, selon les autorités estimant que plus d'un million de personnes ont trouvé refuge dans d'autres bâtiments publics. Pour les personnes nouvellement déplacées, les besoins les plus urgents concernent la nourriture, des vêtements, des matelas, des couvertures, des draps et l'accès à de meilleurs équipements sanitaires.

« En dépit de l'escalade du conflit en Syrie, nos opérations se poursuivent dans ce pays », a ajouté Melissa Fleming. « Nos permanences téléphoniques et des services d'aide psychologique sont des outils essentiels pour rester en contact avec les personnes déplacées et leur offrir un soutien, alors que nos déplacements sont limités en raison de la situation sécuritaire. »

En Iraq voisin, le point de passage frontière d'Al-Qaem est fermé depuis le 16 août et il n'y a pas eu d'augmentation du nombre de réfugiés syriens, qui s'élève à 15 898. Alors que les points de passage frontière d'Al-Waleed et Rabiya restent ouverts, le HCR plaide actuellement auprès des autorités pour que le point de passage frontière d'Al-Qaem soit rouvert.

En Turquie, le nombre de Syriens arrivant à la frontière a augmenté de façon spectaculaire. Par rapport aux semaines précédentes où 400 à 500 arrivées étaient observées chaque jour, jusqu'à 5000 personnes par jour ont traversé la frontière ces deux dernières semaines.

« Au cours des dernières 24 heures, plus de 3000 Syriens auraient traversé la frontière vers la Turquie, avec 7000 autres personnes s'apprêtant à traverser la frontière dans les prochains jours », a indiqué Melissa Fleming. Les 3000 récents arrivants ont franchi la frontière à Kilis, Yayladagi et Reyhanli. Un nouveau camp, Karkamis dans la province Gaziantel, a été ouvert et la plupart des nouveaux arrivants y sont transférés.

Les autorités turques s'apprêtent à ouvrir 5 à 6 camps supplémentaires, pour une capacité totale allant jusqu'à 150 000 personnes. Le HCR et ses partenaires fournissent un appui technique et de l'aide. Un pont aérien du HCR visant à acheminer des tentes est arrivé à Adana tôt ce matin. « Davantage d'aide internationale est essentielle afin de soutenir les efforts de la Turquie pour faire face à l'arrivée de nombreux réfugiés syriens y cherchant refuge », a ajouté la porte-parole du HCR.

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La rentrée scolaire des enfants iraquiens en Syrie

L'UNHCR a pour objectif d'aider 25 000 enfants réfugiés à retourner à l'école en Syrie, en soutenant financièrement leurs familles et en leur fournissant des uniformes et du matériel scolaire. Environ 1,4 million d'Iraquiens sont réfugiés en Syrie ; la plupart ont fui l'extrême violence sectaire déclenchée par le bombardement de la Mosquée d'Or de Samarra en 2006.

Pour de nombreux parents réfugiés iraquiens, l'éducation est une priorité d'une importance équivalente à celle de la sécurité. En Iraq, à cause de la violence et des déplacements forcés, les enfants iraquiens n'allaient pas régulièrement à l'école et nombre d'enfants réfugiés ont manqué une bonne partie de leur scolarité. Bien que l'éducation soit gratuite en Syrie, des frais pour l'achat de fournitures, d'uniformes et les frais de transport ne permettent pas d'accéder à l'éducation. Par ailleurs, de nombreux enfants réfugiés sont contraints de travailler plutôt que de fréquenter l'école, pour subvenir aux besoins de leur famille.

Afin d'encourager les familles iraquiennes défavorisées à inscrire leurs enfants à l'école, l'UNHCR prévoit d'aider financièrement au moins 25 000 enfants en âge d'être scolarisés et de fournir des uniformes, des livres et des fournitures scolaires aux réfugiés iraquiens enregistrés auprès de l'agence. L'UNHCR va également informer les réfugiés sur leur droit d'envoyer leurs enfants à l'école, et soutiendra les programmes d'ONG en faveur des enfants qui travaillent.

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Les Libanais de retour reçoivent de l'aide

Les équipes de l'UNHCR ont commencé dès la deuxième quinzaine d'août 2006 à distribuer de l'aide humanitaire dans les villages meurtris du sud du Liban. Des tentes, des bâches en plastique et des couvertures sont distribuées aux personnes les plus vulnérables. Le matériel de l'UNHCR provient des entrepôts de Beyrouth, Saïda et Tyr, et continue d'arriver au Liban par voie aérienne, maritime et par camion.

Bien que 90 pour cent des personnes déplacées soient rentrées chez elles dans les premiers jours qui ont suivi le cessez-le-feu du 14 août, de nombreux Libanais n'ont pas pu regagner leur foyer et sont hébergés chez des proches ou dans des abris publics, tandis que quelques milliers sont restés en Syrie.

Depuis le début de la crise à la mi-juillet, l'UNHCR a acheminé 1 553 tonnes de matériel de secours en Syrie et au Liban pour venir en aide aux victimes du conflit. Cela représente environ 15 000 tentes, 154 510 couvertures, 53 633 matelas et 13 474 kits de cuisine. L'agence pour les réfugiés a également importé 5 camions et 15 autres sont en route.

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Réfugiés non-iraquiens en Jordanie : La vie dans un camp isolé du désert, sans aucune solution en vue

Suite à la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, des groupes de réfugiés vivant en Iraq depuis de nombreuses années ont tenté de fuir le désordre et l'anarchie. Des centaines de personnes ont fui vers la frontière jordanienne, des Palestiniens depuis Bagdad et des Kurdes iraniens depuis le camp d'Al Tash dans le centre de l'Iraq.

A l'exception de quelques Palestiniens ayant pu rejoindre des proches en Jordanie, les réfugiés se sont vus refuser l'entrée et la libre circulation dans ce pays. Des milliers d'entre eux se sont alors retrouvés bloqués dans le no man's land entre l'Iraq et la Jordanie, ou dans le camp de Ruweished, situé dans le désert à 60 kilomètres à l'intérieur du pays.

Depuis 2003, des Palestiniens, des Kurdes iraniens, des Iraniens, des Soudanais et des Somaliens vivent dans ce désert jordanien. Ils subissent des conditions climatiques extrêmes : la chaleur torride en été et le froid glacial en hiver. L'UNHCR et ses partenaires ont distribué des tentes et des biens de secours. L'agence pour les réfugiés a tenté de trouver des solutions - en participant à la réinstallation de plus de 1 000 personnes dans des pays tiers. Début 2007, 119 personnes - pour la plupart des Palestiniens - étaient encore présentes au camp de Ruweished, sans aucune solution immédiate en vue.

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Malala Yousafzai s'est rendue dans le camp de réfugiés de Zaatari avec un message : les enfants veulent un avenir… ils ont des rêves et ils ont besoin d'aller à l'école.
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L'afflux est important pour Arsal, une ville libanaise qui tente de faire face. Des abris d'urgence ont été installés dans tous les espaces disponibles de la ville. Les autorités locales, le HCR et ses partenaires font leur possible pour gérer l'afflux des réfugiés.
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L'année dernière, plus de 13 000 personnes sont arrivées à Lampedusa en Italie. Beaucoup d'autres sont mortes durant la tentative de traversée. De jeunes hommes originaires du continent africain aux familles syriennes…. Tous partagent le même rêve…. de sécurité et de stabilité en Europe.