Les opérations d'aide humanitaire aux réfugiés syriens continuent dans un contexte de sécurité dégradée

Points de presse, 24 août 2012

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 24 août 2012 au Palais des Nations à Genève.

Cette semaine, la situation sécuritaire au Liban a entravé nos efforts d'aide aux réfugiés ayant fui le conflit en Syrie, bien que les opérations se poursuivent. Les affrontements entre quartiers rivaux continuent à Tripoli, ce qui a affecté le rythme de l'enregistrement dans notre nouveau centre établi dans cette ville. Le centre d'enregistrement était ouvert jusqu'à hier avec un personnel réduit, car près de la moitié des employés vivent dans des zones affectées par les troubles. Aujourd'hui, nous avons toutefois dû fermer temporairement le centre pour des raisons de sécurité. Un peu moins de Syriens se sont présentés pour l'enregistrement. Des rendez-vous pour ceux qui séjournent dans les zones touchées ont été reportés. Le réseau routier a été fermé au Nord-Liban. Les distributions d'articles de secours et d'hygiène se poursuivent toutefois à partir de notre bureau de terrain de Qobboyat.

A l'est du Liban, dans la plaine de la Bekaa, l'enregistrement des réfugiés est également affecté en raison de problèmes de sécurité à la suite d'enlèvements de Syriens dans la région. Pour protéger les réfugiés, nous évitons de rassembler un grand nombre de Syriens aux points d'enregistrement et de distribution dans certaines zones. L'aide se poursuit donc, mais sous une forme modifiée.

L'interruption de nos efforts pour identifier et réhabiliter d'autres lieux d'hébergement est particulièrement préoccupante concernant un nombre croissant de Syriens résidant dans des écoles, qui doivent reprendre début septembre. Nous avions cependant déjà identifié onze écoles abandonnées appropriées pour être transformées en centres d'accueil. Le HCR avait écrit au ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur pour demander la permission de les rénover afin d'accueillir les réfugiés. Le HCR espère transférer 100 familles (environ 500 personnes) séjournant dans des écoles opérationnelles de la vallée de la Bekaa, sans autre choix vers des abris rénovés dans la quinzaine à venir.

Le programme « espèces contre abris » est considéré comme une option pour certaines familles réfugiées. À travers le Liban, le HCR a continué ses efforts pour que les enfants syriens puissent retourner à l'école. L'agence pour les réfugiés a rencontré hier des directeurs d'école à l'école publique d'Halba au Nord-Liban afin d'identifier des places disponibles pour scolariser les enfants réfugiés

Pendant ce temps, un flux régulier de Syriens est entré au Liban, principalement en provenance de Damas, d'Alep et de Dara'a. Environ 51 000 Syriens enregistrés ou ayant déposé une demande d'enregistrement auprès du HCR se trouvent au Liban.

Turquie

La Turquie continue d'observer l'afflux le plus important de réfugiés, avec plus de 74 000 personnes officiellement enregistrées par les autorités au 22 août. Les réfugiés nouvellement arrivés sont hébergés dans des pensionnats dans sept villes jusqu'à ce que de nouveaux camps, en cours de construction, soient en mesure de les recevoir. 21% des réfugiés en Turquie sont hébergés dans des pensionnats à Gaziantep, Kilis, Adana, Osmaniye et Kahramanmara, Adiyaman et Malatya. Parallèlement, un plus petit nombre de personnes (868) sont retournées volontairement en Syrie depuis les camps de Ceylanpinar et d'Akcakale en Turquie.

Les autorités locales ont informé le HCR que sept nouveaux camps sont construits, ce qui, avec les neuf camps existants, portera la capacité d'accueil des camps en Turquie à 130 000 personnes. Trois des nouveaux camps devraient être prêts d'ici la fin août, les autres seront ouverts d'ici la fin septembre.

Iraq

Pendant ce temps en Iraq, des réfugiés syriens séjournant dans les écoles sont transférés au camp d'Al Qaem. Sept écoles ont jusqu'à présent été libérées. Neuf autres écoles hébergent encore environ 1760 réfugiés. L'année scolaire reprend début octobre en Iraq. Quelque 1 691 personnes vivent maintenant dans le camp d'Al Qaem, tandis qu'environ 100 Syriens ont quitté le camp et sont retournés en Syrie. Cette semaine, 24 personnes ont quitté le camp pour rejoindre des proches. Le HCR va bientôt commencer à agrandir le camp de 230 tentes en prévision des nouveaux arrivants.

Le nombre de Syriens traversant la frontière vers l'Iraq a ralenti cette semaine, bien que le nombre de réfugiés ait légèrement augmenté dans la région du Kurdistan. À travers l'Iraq, le nombre total de réfugiés s'élève à 15 898.

Le nombre de réfugiés iraquiens de retour depuis la Syrie vers l'Iraq a continué, bien qu'en nombre plus faible à l'occasion de l'Aïd, en raison d'une pénurie de cars en provenance de Damas. La plupart des personnes de retour rejoignent Bagdad. Plusieurs des personnes de retour ont indiqué aux chargés de protection du HCR à la frontière qu'ils avaient été attaqués ou volés sur la route entre Damas et Al-Tanf à la frontière syrienne. Ils ont tout perdu, leur argent, leurs téléphones et des documents d'identité. Certains rapatriés disent qu'ils évaluent la situation sécuritaire en Iraq avant de se décider à rester.

Jordanie

En Jordanie, un pic d'arrivées avec 2200 personnes ayant traversé la frontière a été observé hier soir. Ils ont été reçus au camp de Za'atri dans le nord de la Jordanie. Les réfugiés viennent de Daraa, Karak, Chebaa, Herak et d'autres villages. Le nombre total de Syriens arrivés au camp de Za'atri est désormais de plus de 14 500. La hausse brutale des arrivées observée la nuit dernière représente une augmentation de 77% sur le précédent chiffre le plus enregistré en une nuit (1254) entre le 20 et le 21 août dernier. D'autres arrivées sont attendues.

Les améliorations se poursuivent dans le camp de Za'atri. L'électricité est désormais installée dans 40% du camp, ce qui permettra d'améliorer d'autres services essentiels dans un avenir proche. Le premier bébé est né à Za'atri il y a trois jours, à l'hôpital marocain. Cette semaine, le HCR a constaté les premiers signes d'une activité entrepreneuriale parmi les réfugiés dans le camp, avec un jeune homme ayant créé une entreprise de barbier située à côté de l'abri de sa famille. L'homme, barbier de métier en Syrie, puise l'électricité dans le réseau nouvellement installé.

À travers la Jordanie, quelque 61 000 personnes ont été enregistrées ou ont déposé une demande d'enregistrement auprès du HCR. Le Gouvernement jordanien estime que 150 000 Syriens se trouvent en Jordanie.

Syrie

Les opérations du HCR en Syrie se poursuivent malgré l'escalade des activités militaires dans la capitale, ce qui restreint les mouvements de personnel et la capacité des réfugiés à venir à notre bureau. Néanmoins, nos centres téléphoniques continuent à fonctionner pour renseigner les réfugiés sur la réinstallation, la distribution de l'aide alimentaire, une aide financière, des questions de résidence, d'enregistrement et sur la réinstallation. Des articles de secours comme des kits d'hygiène et des matelas ont été distribués aux personnes déplacées par l'intermédiaire de nos partenaires.

Statistiques

Le nombre total de réfugiés syriens enregistrés ou en attente d'enregistrement au 23 août était de 202 512. L'augmentation du nombre d'arrivées reflète à la fois une augmentation des arrivées et un changement cette semaine dans la façon dont le HCR compte les réfugiés syriens en Jordanie (auparavant les gens se trouvant au camp de Za'atri et qui étaient en attente d'enregistrement n'étaient pas inclus dans ces chiffres).

Jordanie

Total des enregistrements = 61 002 (17 040 y compris les personnes en attente d'enregistrement)

- Environ 80 000 personnes ont été identifiées par les organisations locales comme ayant besoin d'aide. Certaines ont été enregistrées par le HCR.

Liban

Total des enregistrements = 51 055 (11861 y compris les personnes en attente d'enregistrement)

- Par ailleurs, plusieurs milliers de réfugiés arrivés récemment au Liban ne se sont pas encore présentés pour l'enregistrement.

Iraq

Total des enregistrements = 15 898 (2042, y compris les personnes en attente d'enregistrement)

- Le nombre total de rapatriés iraquiens depuis la Syrie atteint 29 453 depuis le 18 juillet.

Turquie

Total des enregistrements = 74 112 (personnes enregistrées et recevant une assistance, selon les statistiques des autorités)

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L'histoire de Jihan

Comme des millions d'autres, Jihan, 34 ans, était prête à tout pour échapper à la guerre sévissant en Syrie et pour mettre sa famille en sécurité. Contrairement à la plupart, Jihan est aveugle.

Il y a neuf mois, elle a fui Damas avec Ashraf, son mari âgé de 35 ans, qui est également en train de perdre la vue. Avec leurs deux fils, ils se sont rendus en Turquie par la mer Méditerranée, à bord d'un bateau avec 40 autres personnes. Ils espéraient que le voyage ne durerait huit heures. Ils n'avaient aucune garantie d'arriver sains et saufs.

Après une périlleuse traversée qui aura duré 45 heures, la famille est enfin arrivée à Milos, une île grecque de la mer Egée, à des kilomètres de la destination qui était prévue. Sans aucun soutien ni aucune assistance, ils ont dû se débrouiller pour se rendre à Athènes.

La police les a détenus pendant quatre jours à leur arrivée. On leur a demandé de rester hors d'Athènes, ainsi que trois autres villes grecques, en les laissant à l'abandon.

Démunis et épuisés, la famille a été contrainte de se séparer. Ashraf est parti vers le nord en quête d'asile et Jihan s'est rendue à Lavrion avec ses deux enfants, une installation informelle à une heure de route de la capitale grecque.

Aujourd'hui, Jihan est impatiente de retrouver son mari qui, entre temps, a obtenu le statut de réfugié au Danemark. La chambre qu'elle partage avec ses deux fils, Ahmed, 5 ans, et Mohammad, 7 ans, est minuscule, et elle s'inquiète pour leur éducation. Sans greffe de la cornée, une chirurgie très complexe dont elle a besoin d'urgence, son oeil gauche se fermera à jamais.

« Nous sommes venus ici en quête d'une vie meilleure et pour trouver des personnes qui seraient plus à même de comprendre notre situation », explique-t-elle d'un air triste. « Je suis tellement en colère quand je vois qu'ils ne comprennent pas. »

L'histoire de Jihan

Iraq: Déplacement massif depuis Mossoul

Ces derniers jours, des centaines de milliers d'Iraquiens ont fui les combats dans la ville de Mossoul et d'autres cités du nord de l'Iraq. Des employés du HCR sont sur le terrain pour suivre les déplacements et aider les personnes dans le besoin. Les besoins sont immenses. Le HCR fait son possible pour assurer la protection et fournir des abris ainsi que des articles de secours, notamment des tentes. De nombreux déplacés ont quitté leurs maisons sans rien d'autre que les vêtements portés ce jour-là. Certains n'ont pas d'argent pour payer le logement, la nourriture, l'eau potable ou les soins de santé. Ils arrivent aux postes de contrôle entre le gouvernorat de Ninive et la région du Kurdistan d'Iraq sans savoir où aller, ni comment payer leurs dépenses.

Les agences des Nations Unies, les organisations humanitaires et les fonctionnaires gouvernementaux coordonnent leurs efforts pour aider les personnes dans le besoin. Les agences des Nations Unies lancent un appel de fonds supplémentaire d'urgence. Le HCR espère fournir des kits d'urgence ainsi que des milliers de tentes et travaille également avec ses partenaires pour protéger et aider les personnes déplacées.

L'exode dans le nord s'ajoute aux déplacements de populations massifs cette année dans le gouvernorat iraquien d'Anbar, où les combats depuis janvier ont contraint quelque 500 000 personnes à fuir cette province pour chercher refuge dans des zones plus sûres.

Iraq: Déplacement massif depuis Mossoul

Crise en Iraq : Trouver un logement

Des dizaines de milliers de personnes ont fui vers les gouvernorats d'Erbil et de Duhok dans la région du Kurdistan d'Iraq la semaine dernière. Ces déplacés ont trouvé abri dans des écoles, des mosquées, des églises et des camps de transit après une éruption de violence qui déchire certaines régions du centre et du nord de l'Iraq. Le HCR et ses partenaires font leur possible pour répondre aux besoins urgents en termes d'abri. Le HCR a livré près de 1 000 tentes dans un camp de transit en cours de construction par les autorités et les ONG à Garmawa, près de Duhok.

De nombreux déplacés originaires de Mossoul arrivent aux postes de contrôle entre le gouvernorat de Ninive et la région du Kurdistan iraquien. Ils ont des ressources limitées et n'ont pas les moyens de se payer un logement. Certains sont hébergés par des proches. D'autres résident à l'hôtel en puisant dans leurs maigres ressources.

Dans le village d'Alqosh, quelque 150 personnes (soit 20 familles) sont arrivées avec de rares effets personnels en plus des vêtements qu'ils portaient le jour où ils ont fui. Ces déplacés vivent dans plusieurs salles de classe d'une école primaire depuis la semaine dernière. Tous ces locaux sont actuellement bondés. Un membre du groupe a expliqué qu'il vivait auparavant dans un appartement loué à Mossoul et qu'il menait une vie de famille normale. Toutefois, à Alqosh, ils craignent pour le bien-être et l'éducation de leurs enfants ainsi que la présence de serpents et de scorpions.

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Jordanie : Malala visite le camp de réfugiés de ZaatariPlay video

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Malala Yousafzai s'est rendue dans le camp de réfugiés de Zaatari avec un message : les enfants veulent un avenir… ils ont des rêves et ils ont besoin d'aller à l'école.
Iraq : Khaled Hosseini en visitePlay video

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L'auteur de best-sellers internationaux et Ambassadeur de bonne volonté du HCR Khaled Hosseini s'est rendu pour la première fois au nord de l'Iraq cette semaine pour rendre visite aux réfugiés syriens qui y ont trouvé refuge. Khaled Hosseini est lui-même un ancien réfugié afghan. Il est l'auteur de plusieurs best-sellers comme « Les cerfs-volants de Kaboul » et « mille soleils splendides ». Il s'est entretenu avec de nombreux réfugiés durant sa visite, y compris Payman qui est âgée de 16 ans. Cette jeune auteure très ambitieuse est très frustrée car pour le moment elle ne peut pas aller à l'école.
Liban: Afflux de réfugiés syriens à ArsalPlay video

Liban: Afflux de réfugiés syriens à Arsal

L'afflux est important pour Arsal, une ville libanaise qui tente de faire face. Des abris d'urgence ont été installés dans tous les espaces disponibles de la ville. Les autorités locales, le HCR et ses partenaires font leur possible pour gérer l'afflux des réfugiés.