Des bourses d'études allemandes pour faire éclore des talents

Agir pour faire la différence, 23 août 2012

© HCR/N.Bose
Grâce au programme DAFI, Lali est en première année de licence en sciences commerciales. « Je reçois une si grande aide, cela me rend encore plus forte. »

NEW DELHI, Inde, 23 août (HCR) Jeune, des étincelles dans les yeux et prête à affronter le monde : voici Jasmeet Kaur, une réfugiée afghane bénéficiaire d'une bourse d'études et étudiante en comptabilité.

Dans son pays, cette jeune fille de 18 ans n'aurait sans doute pas eu cette chance, dans une société traditionnelle qui porte une forte pression sur les jeunes filles pour qu'elles se marient jeunes. Mais elle a de la chance : « Mes parents n'ont pas fait d'études. Je leur suis reconnaissante de faire leur possible pour que j'aille le plus loin possible dans les études », explique-t-elle.

Jasmeet a passé la plupart de sa vie en Inde, où elle était scolarisée dans une école publique et elle a toujours été une élève enthousiaste. Grâce à son travail, elle est devenue l'un des 39 jeunes réfugiés en Inde à bénéficier d'une bourse d'études cette année, dans le cadre de l'initiative académique allemande pour les réfugiés Albert Einstein, plus connue sous le nom de DAFI. Environ 350 réfugiés se sont vus allouer une bourse d'études DAFI en Inde depuis que le programme y a débuté en 2001.

« J'apprends une fois et je mémorise pour toujours », dit-elle, en souriant. Son secret ? « Je prends des notes, je les relis et je mémorise instantanément. »

Comme Jasmeet, de nombreux réfugiés sont excellents à l'école mais ils en perdent les bénéfices, en essayant de financer leurs études pour aller à l'université. Le programme DAFI permet aux jeunes réfugiés de trouver un financement pour continuer leurs études. Durant l'année scolaire 2011-12, plus de 20 bourses DAFI ont été allouées. Les boursiers reçoivent une allocation en espèces chaque mois, qui inclue les manuels scolaires et les frais d'inscription. Cela a permis à plusieurs d'entre eux de passer des diplômes et d'obtenir ensuite un bon niveau de vie.

Pour Lali Nun Pui, âgée de 21 ans, ses études en « marketing » ont commencé très tôt. « Quand j'étais enfant, j'aidais mes parents dans leur magasin, en vendant des plats faits maison dans mon village », affirme-t-elle. Aujourd'hui, elle est sûre d'elle pour sa première année en sciences commerciales. Ses parents se trouvant toujours au Myanmar, elle vit seule à Delhi, faisant les trajets en métro pour aller à l'université chaque jour.

« Grâce à ma bourse DAFI, je peux étudier l'anglais, je peux acheter les livres dont j'ai besoin pour l'université. Je reçois une si grande aide, cela me rend encore plus forte », explique-t-elle.

Le programme de bourses DAFI est géré par BOSCO, un partenaire opérationnel du HCR. Encouragé par le HCR à faire davantage pour leurs communautés, de nombreux boursiers DAFI sont engagés dans des activités de clubs de jeunes, gérées par cette ONG. Ils aident à mener des campagnes pour l'éducation, en persuadant des parents réticents à envoyer leurs enfants dans des écoles publiques. Certains aident avec des classes de soutien pour des enfants réfugiés dans des centres communautaires, et tous donnent des leçons de soutien à un élève chacun. D'autres aident des personnes âgées en leur rendant visite et en leur faisant leurs courses alimentaires.

Harveen Singh, âgée de 19 ans, est le plus jeune de ses cinq frères et sœurs. Il est en dernière année d'un diplôme de commerce à l'Université de Delhi. Il voit son avenir en Inde et, comme le reste de sa famille, il a déposé une demande de nationalité indienne. « Je suis un Indien à part entière », explique-t-il, en espérant réussir sa carrière dans le domaine de la finance.

La bourse DAFI est un tremplin, qui transforme un rêve en réalité. « Je veux travailler dans une grande entreprise et progresser toujours plus. Je veux prouver que je peux apporter ma contribution à la société », a indiqué Jasmeet, avec assurance.

Lali a également de grands projets : « Je veux une grande boutique pour vendre des vêtements occidentaux sur mesure. » Son diplôme lui donnera les compétences nécessaires pour les premières étapes dans la réalisation de son potentiel. Rien de tout cela pas même en rêve ne serait possible sans sa bourse d'études DAFI.

Nayana Bose à New Delhi, Inde

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Education

L'éducation joue un rôle fondamental pour aider les jeunes déracinés à retrouver l'espoir et la dignité.

Bourses DAFI

L'initiative académique allemande Albert Einstein pour les réfugiés, financée par l'Allemagne, fournit des bourses universitaires à des réfugiés pour qu'ils puissent poursuivre leurs études dans de nombreux pays.

L'apatridie à Sri Lanka : les « Tamouls des collines »

À Sri Lanka, le pittoresque « pays des collines » est parsemé de centaines de plantations de thé. La plupart des gens qui y travaillent sont des descendants de Tamouls venus d'Inde entre 1820 et 1840, à l'époque où l'île était une colonie britannique. Les « Tamouls des collines » ont contribué, dans des proportions considérables, à la prospérité économique de Sri Lanka pendant près de deux siècles ; pourtant, jusqu'à une époque très récente, la législation draconienne du pays sur la nationalité rendait leur accession à la citoyenneté presque impossible. Dépourvus de papiers, ils ne pouvaient voter, travailler dans la fonction publique, ouvrir un compte en banque ou voyager librement.

Par le passé, les Tamouls des collines ont fait l'objet d'un certain nombre d'accords bilatéraux qui leur donnaient la possibilité d'opter pour la nationalité sri-lankaise ou la nationalité indienne. Cependant, selon les estimations, il y avait encore 300 000 apatrides d'origine indienne dans l'île en 2003.

La situation s'est très sensiblement améliorée lorsque le Parlement a voté, en octobre de la même année, une loi accordant la nationalité aux personnes d'origine indienne établies à Sri Lanka depuis 1964, ainsi qu'à leurs descendants. Le HCR, les pouvoirs publics et des organisations locales ont mené une campagne pour informer les Tamouls des collines de la publication de la loi et des démarches à accomplir pour acquérir la nationalité. À la fin de l'année 2003, plus de 190 000 apatrides ont obtenu la nationalité sri-lankaise en dix jours - une extraordinaire réussite, qui s'inscrit dans l'effort mené à l'échelle mondiale pour réduire les cas d'apatridie.

De plus, en 2009, le parlement a amendé la réglementation existante, afin d'accorder la nationalité aux personnes qui se sont réfugiées en Inde pour échapper au conflit qui sévissait à Sri Lanka et qui vivent actuellement dans des camps. Il est donc plus facile aux réfugiés de regagner leur pays s'ils le souhaitent.

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Tchad : l'éducation en exil

L'UNHCR s'associe avec le Ministère de l'éducation et des partenaires ONG pour améliorer l'éducation des réfugiés soudanais au Tchad. La violence continue dans la région ouest du Darfour, au Soudan, a déraciné deux millions de Soudanais dans leur propre pays et a fait fuir quelque 230 000 personnes de l'autre côté de la frontière dans l'est du Tchad. Les réfugiés sont hébergés dans 12 camps au Tchad. Bien que le taux d'inscription à l'école dans les camps au Tchad soit élevé, l'assiduité est variable. Le manque d'instituteurs qualifiés et de fournitures scolaires perturbe le déroulement des classes. Par ailleurs, de nombreux enfants sont accaparés par les tâches domestiques, tandis que d'autres arrêtent l'école pour travailler dans des familles tchadiennes. La fréquentation des filles est moins régulière, surtout après leur mariage qui a lieu généralement lorsqu'elles ont 12 ou 13 ans. Pour les garçons et adolescents, fréquenter l'école diminue le risque d'être recruté par différents groupes armés opérant dans la région.

L'UNHCR et ses partenaires continuent de former et de rémunérer les instituteurs au sein des 12 camps de réfugiés, assurant ainsi une éducation de qualité aux enfants réfugiés. Les ONG partenaires entretiennent les écoles et fournissent les uniformes aux écoliers. L'UNICEF distribue des livres, des cahiers et des fournitures. En août 2007, l'UNHCR, l'UNICEF et le Ministère de l'éducation tchadien ont travaillé conjointement pour améliorer l'éducation des Soudanais déracinés par le conflit au Darfour.

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La rentrée scolaire des enfants iraquiens en Syrie

L'UNHCR a pour objectif d'aider 25 000 enfants réfugiés à retourner à l'école en Syrie, en soutenant financièrement leurs familles et en leur fournissant des uniformes et du matériel scolaire. Environ 1,4 million d'Iraquiens sont réfugiés en Syrie ; la plupart ont fui l'extrême violence sectaire déclenchée par le bombardement de la Mosquée d'Or de Samarra en 2006.

Pour de nombreux parents réfugiés iraquiens, l'éducation est une priorité d'une importance équivalente à celle de la sécurité. En Iraq, à cause de la violence et des déplacements forcés, les enfants iraquiens n'allaient pas régulièrement à l'école et nombre d'enfants réfugiés ont manqué une bonne partie de leur scolarité. Bien que l'éducation soit gratuite en Syrie, des frais pour l'achat de fournitures, d'uniformes et les frais de transport ne permettent pas d'accéder à l'éducation. Par ailleurs, de nombreux enfants réfugiés sont contraints de travailler plutôt que de fréquenter l'école, pour subvenir aux besoins de leur famille.

Afin d'encourager les familles iraquiennes défavorisées à inscrire leurs enfants à l'école, l'UNHCR prévoit d'aider financièrement au moins 25 000 enfants en âge d'être scolarisés et de fournir des uniformes, des livres et des fournitures scolaires aux réfugiés iraquiens enregistrés auprès de l'agence. L'UNHCR va également informer les réfugiés sur leur droit d'envoyer leurs enfants à l'école, et soutiendra les programmes d'ONG en faveur des enfants qui travaillent.

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Pour la première fois depuis de nombreuses années, des réfugiés sri-lankais quittent l'Inde en ferry pour rentrer chez eux.
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Ni Ang, âgée de 16 ans, parcourt le marché de nuit à Delhi pour trouver de la nourriture pour elle et ses trois frères et soeurs. Ces enfants non accompagnés luttent pour leur survie en Inde après avoir fui leur village au Myanmar.