Le HCR accélère l'enregistrement des réfugiés syriens dans la région ; les arrivées augmentent

Points de presse, 14 août 2012

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 14 août 2012 au Palais des Nations à Genève.

A Tripoli, au nord du Liban, lundi, nous avons ouvert un nouveau centre d'enregistrement au Centre international d'expositions Rachid Karamé. Cela permettra le traitement d'un maximum de 700 personnes par jour. Actuellement, le nord du Liban compte environ 20 000 réfugiés enregistrés. Des milliers d'autres sont en attente d'être enregistrés. De nouvelles personnes arrivent.

L'ouverture de ce centre fait suite à une campagne d'information au Liban afin d'encourager les gens à s'enregistrer. De nombreux Syriens déplacés ont été réticents à inscrire. Alors que les réfugiés reçoivent une aide humanitaire en attendant l'enregistrement, celui-ci est toutefois essentiel pour recevoir des soins médicaux et inscrire les enfants dans les écoles publiques libanaises, qui reprennent le mois prochain après la pause estivale. Le HCR par l'intermédiaire de ses partenaires couvrira les frais de scolarité des Syriens déplacées et la pause estivale a permis de faire suivre des classes de rattrapage pour les enfants qui étaient précédemment scolarisés avec un programme et une langue d'enseignement différents. Avant la pause estivale, quelque 1200 enfants syriens ont étudié dans les écoles au Nord-Liban. Nous estimons que par ailleurs 3000 à 4000 enfants entreront dans le système en septembre après l'enregistrement.

Dans l'ensemble au Liban, et notamment dans le nord, les Syriens enregistrés sont au nombre de 37 740, avec 1700 autres sont bénéficiaires d'une aide en attendant l'enregistrement. Sur la population enregistrée, 57% se trouvent dans le Nord, tandis qu'un peu plus de 40% sont dans la plaine de la Bekaa à l'est du pays. De plus petits nombres de réfugiés se trouvent à Beyrouth, au Mont-Liban, et dans le sud du pays. Les enregistrements se poursuivent dans la vallée de la Bekaa et à Beyrouth.

Pendant ce temps, la situation de sécurité pour les réfugiés dans les zones frontalières au nord du Liban se détériore. Certaines parties du nord de la zone Wali Khalid, où ont trouvé abri plusieurs centaines de familles de réfugiés, sont ciblées par les bombardements du côté syrien de la frontière deux à trois fois par semaine. Malgré cette situation, de nombreuses familles préfèrent rester dans les zones frontalières à risque où elles ont trouvé refuge auprès de familles d'accueil plutôt que d'être transférées dans un abri collectif.

Ailleurs, au nord du Liban, les réfugiés ayant peu d'argent ont du mal à payer des loyers élevés pour des logements souvent insalubres. A Tripoli, par exemple, 90% des réfugiés sont dans des logements loués au prix d'au moins 250 dollars par mois pour deux chambres. La générosité des familles d'accueil est mise à rude épreuve et les habitations sont surpeuplées. Le HCR a reçu un témoignage selon lequel une famille à Tripoli accueille quatre familles.

Alors que la plupart des Syriens sont hébergés au sein de familles d'accueil ou louent des appartements, un nombre croissant cherchent refuge dans les écoles dans le nord et l'est, un signe que les communautés locales sont incapables d'accueillir davantage de réfugiés. Dans la vallée de la Bekaa, quelque 94 familles résident actuellement dans les écoles dont 80 dans les écoles devraient rouvrir pour la rentrée scolaire de septembre. Dans le nord, 51 familles sont actuellement hébergées dans des écoles opérationnelles. Le HCR intensifie ses efforts pour trouver un autre logement pour ces réfugiés.

Alors que le nombre de réfugiés continuent d'augmenter, le HCR reçoit des informations selon lesquelles de nombreux Syriens ont eu des difficultés pour franchir la frontière en toute sécurité. Certains ont dit qu'ils avaient passé quatre heures à essayer d'atteindre la frontière (normalement, cela ne prend pas plus d'une heure) en raison de problèmes de passage des points de contrôle où ils sont interrogés et les voitures sont fouillées.

Jordanie

Ces deux derniers jours, il y a eu une baisse marquée du nombre de Syriens qui traversent vers la Jordanie. Seuls 283 Syriens ont traversé la frontière dans la nuit de samedi par rapport à une moyenne constante d'environ 400 personnes qui arrivaient chaque nuit depuis juillet. Les réfugiés ont déclaré avoir été visés par l'artillerie et des armes légères lors de leur voyage vers la frontière.

Quelque 6 000 personnes résident maintenant dans le camp de Za'atri (environ 15 kilomètres de la frontière), avec quelque 7269 personnes séjournant dans d'autres sites collectifs pour les réfugiés à travers le nord de la Jordanie. Alors que le vent du désert continue de faire des ravages avec les tentes et à rendre la vie difficile pour les réfugiés, le HCR et ses partenaires font leur possible pour améliorer les conditions dans le camp de Za'atri. L'électricité est en cours d'installation, ce qui permettra d'améliorer l'éclairage dans les zones publiques et de rendre le camp plus sûr pour les résidents. Des lampes solaires ont été distribuées pour chaque tente. L'hôpital de campagne marocain est maintenant en opération et l'hôpital français est mis en place, ce qui renforce les installations médicales dans le camp.

Pendant ce temps, à Amman, il y a eu une augmentation du nombre de personnes qui demandent à s'enregistrer auprès du HCR avec environ 300 demandes par jour ces derniers jours, comparativement à une moyenne de 200 par jour la semaine précédente. Le HCR ne croit pas que la taille réelle de la population de réfugiés en Jordanie soit reflétée dans les chiffres d'enregistrement (45 998), car beaucoup sont réticents à s'enregistrer. Nous notons que le Gouvernement jordanien estime que 145 000 à 150 000 personnes sont arrivées depuis mars 2011.

Turquie

Le rythme des nouveaux arrivants vers la Turquie a augmenté au cours du week-end, et 59,710 Syriens ont fui vers la Turquie, y compris 2 000 personnes qui séjournent dans des écoles à Adana en attente de places disponibles dans les camps. Une partie de ces personnes n'a pas encore été enregistrée par les autorités turques. 10 000 personnes sont arrivées ces quatre derniers jours. 50% des réfugiés sont des enfants. Seuls 1000 nouveaux arrivants pourraient aller au camp de Gaziantep en raison d'un manque d'espace, tandis que d'autres sont placés dans des pensionnats à Oguzeli et quelques centaines de personnes sont hébergées dans un gymnase dans Islahiye. Par ailleurs, 2000 personnes sont à la frontière ou à Kilis Oncupinar. Elles sont en cours d'enregistrement et elles seront transférées dans les pensionnats d'Osamiye jusqu'à ce que le nouveau camp à Osmaniye soit opérationnel. Un nouveau camp est établi à Karkamis devrait être ouvert à la fin du mois.

Iraq

Les Iraquiens continuent de rentrer vers l'Iraq depuis la Syrie. 25 906 personnes sont rentrées depuis le 18 juillet, y compris environ 400 personnes samedi et 328 dimanche. La plupart des personnes sont rentrées via le point de passage frontière d'Al-Waleed. Un autre groupe de 6000 réfugiés sont rentrés par avion. Les besoins des rapatriés vont de documents d'identité à de la nourriture, des soins de santé, de l'argent en espèces et du travail. Beaucoup disent que leur maison en Syrie a été détruite par les tirs et les bombardements. Une personne a rapporté avoir passé quatre jours sans nourriture ni eau à cause des opérations militaires. Les personnes venant d'Alep disent qu'elles ont été forcées de quitter leur maison par des forces armées.

Parallèlement, des Syriens continuent de fuir vers l'Iraq avec 117 personnes qui sont arrivées à Qa'im samedi et 115 dimanche. Les personnes sont transférées vers le camp d'Al-Qa'im qui vient d'ouvrir et à partir d'aujourd'hui, les autorités transfèrent des réfugiés vers le camp depuis une école où beaucoup ont trouvé refuge. Le nombre total des réfugiés syriens en Iraq (y compris au Kurdistan) est désormais de 14 129. Sur ce groupe, 13 025 sont enregistrés.

Syrie

En Syrie, la situation devient de plus en plus précaire pour la population réfugiée. Le minibus d'une famille somalienne réfugiée de 11 personnes tentant de fuir Tal Mneed et se dirigeant vers Hornah a été touché par des tirs. Un garçon de neuf ans a été amené par un groupe de Syriens à la communauté somalienne à Al-Hurneh, et nous ne savons pas ce qu'est devenu le reste de la famille qui se trouvait dans le bus. Un groupe de 70 réfugiés somaliens a été transféré par le Croissant-Rouge arabe syrien (SARC) dimanche depuis Hurnah vers Masaken Barzeh où ils ont été temporairement accueillis par des Somaliens. Mais les familles d'accueil ressentent une pression et certains ont été expulsés par des propriétaires pour accueillir d'autres personnes déplacées. Ce groupe a désormais été transféré par le SARC vers des écoles à Zahira.

Les opérations du HCR continuent malgré la dégradation de la situation de sécurité. Ces derniers jours, nous avons distribué du matériel de secours comme des jerrycans, des matelas et des bâches en plastique à Alep et Hassakeh. Des équipes médicales sont opérationnelles à Masaken, Barzeh et Zahira. L'aide psychologique est toujours dispensée par téléphone. Le HCR continue à recevoir des appels sur les hotlines, les réfugiés exprimant des préoccupations sur les menaces reçues, les difficultés financières et l'aide alimentaire. D'autres réfugiés nous appellent en demandant une aide pour rentrer en Iraq ou pour une réinstallation.

Statistiques

Les statistiques officielles d'enregistrement du HCR ne reflètent pas l'entière population réfugiée dans certains pays car les réfugiés attendent ou sont réticents à se faire enregistrer. Au 13 août, le nombre des réfugiés syriens officiellement enregistrés ou en cours d'enregistrement dans les pays voisins était de 157 577 (45,998 en Jordanie, 37,740 au Liban, 14,129 en Iraq, 59,710 en Turquie).

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La Distinction Nansen pour les réfugiés 2008

La distinction Nansen pour les réfugiés 2008 est remise au Centre de coordination de l'action contre les mines des Nations Unies au Sud-Liban.

Le coordonnateur britannique d'un programme d'action contre les mines des Nations Unies au Sud-Liban, ainsi que son équipe composée de près de 1 000 démineurs civils - des Libanais pour la plupart - ont été nommés, par le HCR, lauréats de la distinction Nansen pour les réfugiés 2008.

Christopher Clark, un ancien officier de l'armée britannique, est devenu en 2003 responsable du Centre de coordination de l'action contre les mines des Nations Unies au Sud-Liban (UNMACC-SL). Ses équipes ont détecté et détruit des tonnes de munitions non explosées (UXO) et des dizaines de milliers de mines antipersonnel.

Ces chiffres incluent près de 145 000 sous-munitions, provenant de bombes à sous-munitions, trouvées au Sud-Liban après la guerre de cinq semaines ayant eu lieu mi-2006. Leur travail a permis à près d'un million de déplacés libanais par le conflit de rentrer chez eux en sécurité. Il a cependant eu un coût, 13 démineurs ont perdu la vie et 38 autres ont été blessés depuis 2006. Le Sud-Liban retrouve sa prospérité et la reconstruction se poursuit rapidement, en grande partie grâce au travail mené par les lauréats de la distinction Nansen 2008.

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La rentrée scolaire des enfants iraquiens en Syrie

L'UNHCR a pour objectif d'aider 25 000 enfants réfugiés à retourner à l'école en Syrie, en soutenant financièrement leurs familles et en leur fournissant des uniformes et du matériel scolaire. Environ 1,4 million d'Iraquiens sont réfugiés en Syrie ; la plupart ont fui l'extrême violence sectaire déclenchée par le bombardement de la Mosquée d'Or de Samarra en 2006.

Pour de nombreux parents réfugiés iraquiens, l'éducation est une priorité d'une importance équivalente à celle de la sécurité. En Iraq, à cause de la violence et des déplacements forcés, les enfants iraquiens n'allaient pas régulièrement à l'école et nombre d'enfants réfugiés ont manqué une bonne partie de leur scolarité. Bien que l'éducation soit gratuite en Syrie, des frais pour l'achat de fournitures, d'uniformes et les frais de transport ne permettent pas d'accéder à l'éducation. Par ailleurs, de nombreux enfants réfugiés sont contraints de travailler plutôt que de fréquenter l'école, pour subvenir aux besoins de leur famille.

Afin d'encourager les familles iraquiennes défavorisées à inscrire leurs enfants à l'école, l'UNHCR prévoit d'aider financièrement au moins 25 000 enfants en âge d'être scolarisés et de fournir des uniformes, des livres et des fournitures scolaires aux réfugiés iraquiens enregistrés auprès de l'agence. L'UNHCR va également informer les réfugiés sur leur droit d'envoyer leurs enfants à l'école, et soutiendra les programmes d'ONG en faveur des enfants qui travaillent.

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Les Libanais de retour reçoivent de l'aide

Les équipes de l'UNHCR ont commencé dès la deuxième quinzaine d'août 2006 à distribuer de l'aide humanitaire dans les villages meurtris du sud du Liban. Des tentes, des bâches en plastique et des couvertures sont distribuées aux personnes les plus vulnérables. Le matériel de l'UNHCR provient des entrepôts de Beyrouth, Saïda et Tyr, et continue d'arriver au Liban par voie aérienne, maritime et par camion.

Bien que 90 pour cent des personnes déplacées soient rentrées chez elles dans les premiers jours qui ont suivi le cessez-le-feu du 14 août, de nombreux Libanais n'ont pas pu regagner leur foyer et sont hébergés chez des proches ou dans des abris publics, tandis que quelques milliers sont restés en Syrie.

Depuis le début de la crise à la mi-juillet, l'UNHCR a acheminé 1 553 tonnes de matériel de secours en Syrie et au Liban pour venir en aide aux victimes du conflit. Cela représente environ 15 000 tentes, 154 510 couvertures, 53 633 matelas et 13 474 kits de cuisine. L'agence pour les réfugiés a également importé 5 camions et 15 autres sont en route.

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En Turquie, plus de 100 000 Syriens sont hébergés dans 14 camps de réfugiés, mais davantage de camps sont nécessaires.
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Des réfugiés syriens continuent de fuir vers les pays voisins pour échapper au violent conflit qui déchire leur pays.
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Durant sa récente mission au Moyen-Orient, l'Emissaire du HCR Angelina Jolie a rencontré des déplacés et des rapatriés iraquiens à Bagdad.