Selon le HCR, la population réfugiée syrienne s'accroît dans tous les pays voisins

Articles d'actualité, 10 août 2012

© HCR/A.McDonnell
Le Représentant du HCR en Jordanie, Andrew Harper, présente au Ministre britannique du Développement international le système assurant que les familles réfugiées reçoivent toutes une aide appropriée.

GENÈVE, 10 août (HCR) Les bureaux du HCR au Liban, en Turquie, en Jordanie et en Iraq font tous état de hausses cette semaine pour le nombre des réfugiés syriens. Le chiffre confirmé s'approche désormais de 150 000 réfugiés syriens.

« Les chiffres du HCR, qui reflètent essentiellement les réfugiés enregistrés et ceux qui sont sur le point d'être enregistrés, montrent une population totale de 146 667 personnes au 9 août », a déclaré Adrian Edwards, porte-parole du HCR, aux journalistes.

« Dans plusieurs pays, nous savons qu'il y a une population réfugiée importante qui n'est pas encore enregistrée », a-t-il ajouté lors du point de presse.

En Turquie, la population réfugiée excède désormais le nombre de 50 000 personnes (50 227), avec plus de 6 000 nouveaux arrivants enregistrés durant cette seule semaine. Beaucoup d'entre eux sont originaires d'Alep et des villages voisins, mais d'autres viennent depuis Idlib et Latakia. Alors que l'afflux se fait principalement vers la Turquie, environ 8 000 personnes sont rentrées volontairement chez elles durant le mois de juillet, principalement dans des villages de la zone d'Idlib en Syrie.

Le 6 août, le Gouvernement turc a ouvert un nouveau camp à Akcakale. Les autorités ont fait part de leur intention de doubler la capacité d'accueil des camps (qui est actuellement de 50 000 personnes) à 100 000 personnes avec la construction de 13 sites supplémentaires si nécessaire. Actuellement les réfugiés sont accueillis dans neuf camps. Les femmes et les enfants comptent pour plus des deux tiers (72%) de la population.

En Iraq, il y a maintenant 13 730 réfugiés. La plupart des arrivants de cette semaine se trouvent dans la région du Kurdistan (720 personnes). Toutefois, 596 réfugiés ont été enregistrés plus au sud dans la région d'Al-Qaem. La plupart des réfugiés sont originaires des régions de Qamishli et Hassakeh en Syrie.

Au Kurdistan, un tiers des réfugiés est accueilli dans un camp à Domiz et les autres vivent au sein de la communauté. Une fois que le camp sera ouvert à Al-Qaem, les réfugiés qui se trouvent actuellement dans une école y seront transférés s'il n'est pas possible pour eux d'être hébergés au sein de la communauté. Un emplacement pour un autre camp à Al-Kasis près de Rabia est actuellement en cours d'identification.

Des Iraquiens rentrent en nombre croissant en Iraq depuis la Syrie, y compris 2 993 d'entre eux qui sont rentrés depuis début août. Depuis la mi-juillet, 23 228 Iraquiens ont quitté la Syrie pour rentrer chez eux.

Au Liban, 36 841 réfugiés syriens sont désormais enregistrés ou reçoivent une assistance, mais plusieurs milliers de récents arrivants au Liban ne sont pas encore enregistrés auprès du HCR. Des campagnes d'information et de communication sur le centre d'appel du HCR pour l'enregistrement continuent dans les villages frontaliers pour encourager les familles nouvellement arrivées ayant besoin de protection ou d'assistance à se faire connaître et à s'enregistrer.

En Jordanie, le nombre des réfugiés a désormais atteint le nombre de 45 869 personnes, avec 3891 d'entre elles qui sont arrivées au mois d'août. Sur la population enregistrée, la plupart viennent des régions de Dara'a ou d'Homs en Syrie. Typiquement, cette population comprend des agriculteurs, des employés de maison et des petits commerçants.

Tous ces nouveaux arrivants sont actuellement transférés vers le camp de Za'atri, où la population atteint désormais 4 414 personnes. Les Nations Unies et ses partenaires ONG y compris la Jordan Hashemite Charity Organization travaillent à améliorer les conditions de vie dans les camps, qui sont difficiles à présent.

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Apatrides à Beyrouth

Depuis la création du Liban en tant que nation dans les années 1920, il existe une population apatride de longue date dans ce pays.

Trois causes principales expliquent cette situation : l'exclusion de certaines personnes du dernier recensement national en 1932 ; des lacunes juridiques qui privent certains groupes de la nationalité et des obstacles administratifs qui empêchent certains parents de fournir la preuve du droit à la citoyenneté de leurs nouveau-nés.

En outre, une raison essentielle pour laquelle cette situation persiste tient au fait qu'en vertu du droit libanais, les femmes libanaises, contrairement aux hommes, ne peuvent pas transmettre leur nationalité à leurs enfants ; cela signifie qu'un enfant né d'un père apatride et d'une mère libanaise héritera de l'apatridie de son père.

Bien que leur nombre exact ne soit pas connu, il est généralement admis que plusieurs milliers de personnes n'ont pas de nationalité reconnue au Liban et le problème s'aggrave en raison du conflit en Syrie. Plus de 50 000 enfants syriens sont nés au Liban depuis le début du conflit et, avec plus d'un million de réfugiés syriens dans le pays, ce chiffre va augmenter.

Il est très compliqué d'enregistrer une naissance au Liban et cela peut nécessiter jusqu'à cinq étapes administratives différentes pour des parents syriens, y compris un contact direct avec le gouvernement syrien. Première étape pour établir une identité légale, le fait de ne pas enregistrer correctement la naissance d'un enfant lui fait courir un risque d'apatridie et pourrait l'empêcher de retourner en Syrie avec ses parents un jour.

Les conséquences de l'apatridie sont désastreuses. Les apatrides ne peuvent pas obtenir de documents d'identité officiels, les mariages ne sont pas enregistrés et leur apatridie peut se transmettre à leurs enfants. Les apatrides n'ont pas accès aux services de santé publique dans les mêmes conditions que les ressortissants libanais et ils ne peuvent pas posséder ni hériter de biens. Privés de documents, ils ne peuvent pas occuper un emploi légalement dans les administrations publiques ni bénéficier de la sécurité sociale.

Les enfants peuvent se voir refuser l'inscription dans les écoles publiques et sont exclus des examens étatiques. Même quand ils peuvent se payer un enseignement privé, ils sont souvent dans l'impossibilité d'obtenir un certificat officiel.

Les apatrides n'ont pas droit à un passeport et ne peuvent donc pas voyager à l'étranger. Même leur liberté de circulation à l'intérieur du Liban est restreinte car sans documents ils risquent d'être détenus pour séjour illégal dans le pays. Ils ne jouissent pas non plus des droits politiques de base comme le droit de voter ou de se présenter aux élections.

Voici l'histoire de Walid Sheikhmouss Hussein et de sa famille, originaires de Beyrouth.

Apatrides à Beyrouth

Des milliers de réfugiés syriens désespérés fuient vers la Turquie après une escalade des combats

Une escalade des combats au nord de la Syrie depuis le 3 juin a généré quelque 23 135 nouveaux réfugiés qui ont tenté de passer la frontière vers la province de Sanliurfa au sud de la Turquie. Environ 70 pour cent d'entre eux sont des femmes et des enfants, selon les informations reçues par le HCR cette semaine.

La plupart des nouveaux arrivants sont des Syriens ayant fui les combats entre des forces militaires rivales dans et autour de la ville frontalière clé de Tel Abyad. Cette ville est située en face d'Akcakale du côté syrien de la frontière. Ces tout derniers arrivants ont rejoint les rangs d'environ 1,77 million de réfugiés syriens qui se trouvent déjà en Turquie.

L'afflux comprend également jusqu'à 2 183 Iraquiens originaires des villes de Mossoul, Ramadi et Faloujah.

Selon le personnel du HCR sur le terrain, la plupart des réfugiés sont épuisés et ils transportent avec eux quelques affaires. Certains ont marché durant des jours. Ces derniers jours, les personnes ont fui directement vers Akcakale pour échapper aux combats à Tel Abyad, une ville où le calme serait actuellement revenu.

Des milliers de réfugiés syriens désespérés fuient vers la Turquie après une escalade des combats

Infographie : Syrie

Le conflit syrien entre dans sa 5e année. 3,9 millions de réfugiés syriens sont des réfugiés. Voici les pays où ils ont fui.

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Le 8 novembre 2013, le typhon Haiyan a balayé le centre des Philippines, dévastant tout sur son passage et tuant des milliers de personnes. Un an après, la reconstruction dure toujours. Sur l'île de Leyte, Bartolome témoigne de la vie de sa famille, pendant plusieurs semaines dans un bateau échoué après la destruction de leur maison.
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Plus de 170 000 personnes ont fui la ville de Kobané au nord de la Syrie pour échapper à une violente offensive menée par des militants ISIS. Faysal a réussi à s'échapper en Turquie avant que les combats ne s' intensifient. Toutefois, il a encore une famille qui a dû rester dans la ville frontalière assiégée.
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Iraq: Un généreux donateur

L'afflux de réfugiés est important à Dohouk où Fahrad a construit un camp, avec des tentes, de l'électricité, de l'eau ... un lieu de refuge. Sa compassion est sincère ... Dans son enfance, il avait également dû fuir sa maison.