Leur surdité n'est pas un obstacle pour des réfugiés footballeurs à Dadaab

La parole aux réfugiés, 9 août 2012

© HCR
Ces réfugiés du camp de réfugiés de Dadaab montrent que la surdité n'empêche pas de pratiquer un sport. Leur équipe de foot participera bientôt à un tournoi à Nairobi.

DADAAB, Kenya, 9 août (HCR) Les acclamations des supporters ont peu d'effet sur cette équipe de football qui s'est formée au sein des cinq camps de réfugiés du complexe tentaculaire de Dadaab. En effet, tous les joueurs de l'EL-MAN DEAF FC sont sourds ou malentendants.

Cela ne les empêche pas de très bien jouer. En début de mois où ils ont démontré leur esprit olympique sur le terrain sec de cette région désertique bien loin de la pluie britannique l'équipe a facilement battu une équipe composée d'employés d'ONG et des Nations Unies. Tomoya Soejima, fonctionnaire du HCR auprès de la jeunesse qui travaille étroitement avec cette équipe, a observé que la victoire leur avait instillé encore davantage de confiance en soi.

L'équipe s'apprête à rejoindre ce mois-ci la capitale, Nairobi, pour participer à un tournoi national organisé par la Fédération kényane de football pour les sourds. Pour de nombreux joueurs, ce sera la première fois qu'ils quitteront les camps de réfugiés du nord-est du Kenya.

« J'ai toujours rêvé de participer à un tournoi et de rapporter une coupe à ma communauté », a indiqué Hussein Abdulai, entraîneur assistant qui a fui la Somalie vers Dadaab en 1991 et qui travaille comme enseignant en école primaire au camp d'Ifo.

« Je me souviens de notre premier ballon qui était fait de sacs en plastique et de résidus de papier. Nous avons commencé à nous entraîner chaque jour et parfois même nous avons rejoint des tournois de « personnes entendantes. »

« Plusieurs années après, nous avons entendu parler d'un tournoi national pour les sourds et nous avons immédiatement pensé que nous devions y tenter notre chance », a-t-il indiqué. « Nous avons contacté Handicap International, pour leur demander un soutien. C'est comme ça que tout a commencé. »

Il y a plus de 12 000 personnes qui vivent avec un handicap dans les camps de réfugiés de Dadaab, qui accueillent une population de plus de 470 000 réfugiés. La plupart souffrent davantage que la moyenne des réfugiés et ils sont confrontés à des défis pour accéder aux services à cause de la discrimination ou d'obstacles pratiques qui sont liés à leur handicap.

« Très peu d'employés d'agences humanitaires ou de policiers connaissent la langue des signes, ce qui amène à de fréquents malentendus », a indiqué l'entraîneur, qui s'appelle aussi Hussein Abdulai et qui vit au camp d'Hagadera. « Notre principale préoccupation est l'insécurité dans les camps. Il y a régulièrement des tirs et des explosions d'engins explosifs improvisés.

« S'il y a une explosion de bombe ou si quelqu'un s'approche de moi par derrière, comment je peux le savoir ? Parfois je n'arrive pas à dormir car j'ai peur que quelque chose se passe durant la nuit et que je ne l'entendrai tout simplement pas. »

C'est donc impressionnant qu'une équipe comme EL-MAN DEAF FC se soit formée, en mobilisant des supporters de tous les camps.

« Les joueurs s'entraînent une à deux fois par semaine à Ifo, à Dagahaley ou à Hagadera et, le week-end, ils se rassemblent depuis leurs camps respectifs et ils jouent dans le cadre de tournois inter-camps, souvent contre des équipes de « joueurs entendants ». Ils gagnent toujours », a expliqué Natha Yare Bashir, le chef de l'équipe.

De nombreuses organisations et des donateurs privés ont aidé les réfugiés à développer la pratique du sport, comme Nike, Right to Play, Handicap International, CARE, Alive&Kicking et le HCR.

Le HCR et ses partenaires ont lancé l'Initiative pour le sport à Dadaab en 2012, qui a touché plus de 10 000 jeunes non scolarisés pour leur fournir des entraînements, des stages et des équipements. A travers les camps, les femmes, les jeunes filles, les hommes et les jeunes garçons pratiquent le volley, le football et d'autres sports.

Le sport est important, non seulement pour la bonne condition physique mais aussi pour renforcer les liens entre les personnes. Dans les camps de réfugiés et leurs environs, le sport est devenu un important moyen de construire la paix et d'instaurer la confiance aux personnes dans leurs compétences et leur valeur en tant qu'êtres humains.

« Nous ferons notre possible pour gagner ce tournoi », a indiqué Hussein Abdulai, en souriant. « Mais même si nous perdons, nous ferons la fierté de Dadaab. »

Bettina Schulte, Andreas Kiaby et Tomoya Soejima à Dadaab

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Les trois camps de Dadaab, dont la capacité d'accueil était initialement prévue pour 90 000 personnes, comptent désormais une population d'environ 250 000 civils somaliens, ce qui fait de ce complexe accueillant des réfugiés l'un des plus grands et des plus surpeuplés au monde. Le HCR craint l'arrivée de dizaines de milliers d'autres réfugiés en 2009 dans cette région isolée située au nord-est du Kenya, alors que la situation continue à se détériorer dans leur pays en proie à des troubles.

Les ressources, comme l'eau et la nourriture, se réduisent dangereusement dans les camps surpeuplés, avec parfois 400 familles se partageant l'usage d'un robinet d'eau. Il n'y a plus de place pour monter de nouvelles tentes, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

Début 2009, le Gouvernement kényan a donné son accord pour allouer des terres supplémentaires à Dadaab, ce qui permettra d'héberger quelque 50 000 réfugiés. Les photos ci-après montrent les conditions de vie dans le camp de Dadaab en décembre 2008.

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Dadaab, un complexe de trois camps accueillant quelque 160 000 réfugiés, principalement originaires de Somalie, a été coupé du monde par un mois de fortes pluies qui ont emporté la seule route permettant de relier les camps isolés depuis la capitale kenyane, Nairobi. Le transport aérien s'est avéré la seule solution pour faire parvenir les secours vers les camps.

L'UNHCR a transféré 7 000 réfugiés parmi les plus touchés depuis Ifo vers le camp d'Hagadera, à quelque 20 kilomètres plus loin. 7 000 autres réfugiés ont été transférés vers un nouveau site, appelé Ifo 2, situé plus en altitude.

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L'UNHCR a commencé à transférer les réfugiés - souvent avec des charrettes, tirées par des ânes - vers un lieu plus en sécurité, le camp de Hagadera, situé à 20 kilomètres et à une altitude plus élevée. La mise en place d'un pont aérien a permis d'apporter du carburant pour les générateurs, des kits médicaux d'urgence, des bâches en plastique et des pelles pour remplir des sacs de sable afin de consolider les digues anti-inondations. Des biens de premier secours ainsi que de la nourriture ont été distribués aux réfugiés démunis.

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