Le HCR exhorte le Bangladesh à lever l'interdiction décrétée contre les ONG dans le sud-est

Points de presse, 7 août 2012

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 7 août 2012 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR appelle le Gouvernement du Bangladesh à assurer que l'assistance fournie par les ONG puisse continuer au bénéfice des personnes non enregistrées qui sont originaires de l'Etat de Rakhine au Myanmar. Jeudi dernier, trois organisations non gouvernementales Médecins sans Frontières, Action contre la Faim et Muslim Aid UK ont dû arrêter leurs activités sur ordre des autorités bangladaises dans et autour des camps spontanés près de Cox's Bazar au sud-est du pays.

Si cette décision est mise en œuvre, elle aura un sérieux impact sur l'aide humanitaire apportée à environ 40 000 personnes non enregistrées qui avaient fui le Myanmar ces dernières années et qui se sont installées dans des sites de fortune à Leda et Kutupalong. Les communautés locales voisines seront également affectées car elles bénéficient également des services essentiels fournis par les ONG.

Le HCR exhorte le Gouvernement du Bangladesh à reconsidérer sa décision en vertu de sa longue tradition d'hospitalité envers les personnes ayant fui le Myanmar ces dernières années. En plus de la population non enregistrée, on compte environ 30 000 personnes enregistrées qui vivent dans deux camps formels à Cox's Bazar.

Parallèlement, dans l'Etat de Rakhine, au nord du Myanmar, nous suivons de près les tout derniers développements suite à des informations faisant état d'un renouveau de violences ce week-end. Le HCR a reçu des déclarations non vérifiées selon lesquelles certains villages sont en feu dans le canton de Kyauk Taw au nord du chef-lieu de cet Etat, Sittwe. Beaucoup de jeunes hommes auraient fui, laissant les femmes et les enfants derrière eux.

Les Nations Unies et ses partenaires pour l'aide humanitaire ont élaboré un plan d'action pour porter assistance à environ 80 000 personnes qui sont déplacées ou simplement affectées dans l'Etat de Rakhine, depuis que des affrontements intercommunautaires ont éclaté début juin. Le HCR a déjà distribué une aide d'urgence à plus de 40 000 personnes sous forme de bâches de plastique, couvertures, nattes de couchage, moustiquaires et ustensiles de cuisine. Nous pré-positionnons nos stocks de matériel d'urgence à Cox's Bazar et nous nous apprêtons à livrer des biens de secours par bateau sur le fleuve Naf vers l'Etat de Rakhine une fois que nous aurons obtenu les autorisations nécessaires.

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Les déplacés tentent de survivre dans l'Etat de Rakhine au Myanmar

Une crise humanitaire s'est développée dans l'Etat de Rakhine au Myanmar, où quelque 115 000 personnes ont désespérément besoin d'aide après avoir été déplacées au cours de deux vagues de violence intercommunautaire successives en juin et en octobre 2012. Les personnes déplacées, dont la plupart sont des Rohingyas, ont trouvé refuge dans des camps provisoires et d'autres restent dispersées à travers l'Etat, vivant étroitement surveillées dans leurs villages détruits. Les conditions sont difficiles : les camps sont surpeuplés et certains sont même dépourvus d'installations d'assainissement, alors que de nombreux villages sont totalement détruits et ne disposent que de faibles ressources en eau. Dans l'un des villages, plus de 32 familles vivaient ensemble sous seulement deux grandes tentes. Les enfants n'ont pas accès à l'éducation. Les nouveau-nés et les personnes âgées sont très vulnérables en raison d'une pénurie de centres de soins. Le HCR distribue des articles de secours et travaille avec les autorités ainsi que les partenaires pour améliorer les conditions de vie dans les camps. Mais une aide internationale est nécessaire.

Les déplacés tentent de survivre dans l'Etat de Rakhine au Myanmar

Rapatriés au Myanmar

Au début des années 90, plus de 250 000 Rohingyas musulmans traversèrent la frontière du Myanmar pour venir se réfugier au Bangladesh, mettant en cause des violations de droits humains perpétrés par le gouvernement militaire de leur pays. En exil, ils furent accueillis dans une vingtaine de camps situés dans la région de Cox's Bazaar au Bangladesh. Plus de 230 0000 de ces réfugiés sont rentrés chez eux depuis 1992, mais il en subsiste encore environ 22 000 dans les camps. L'UNHCR travaille en collaboration avec des ONG pour garantir la stabilité dans les communautés de rapatriés, en les aidant à se réintégrer au mieux dans leur pays. L'UNHCR fournit une présence itinérante sur le terrain, assure la protection et la sécurité des rapatriés et offre enfin des programmes d'éducation primaire et pour adultes, des projets générateurs de revenus et des formations professionnelles.

Rapatriés au Myanmar

Réfugiés du Myanmar

Au cours des derniers mois, plus de 2 000 réfugiés originaires du Myanmar sont arrivés dans le nord de la Thaïlande. Ils disent fuir la reprise du conflit et les violations des droits humains dans l'Etat de Kayin au Myanmar. Les réfugiés, qui appartiennent principalement à l'ethnie Karen, disent que leurs maisons et leurs villages ont été brûlés et que des civils ont été tués. Beaucoup sont en très mauvaise santé et souffrent de maladies telles que le paludisme après un voyage long et dangereux vers les camps à travers des zones extrêmement minées. Les réfugiés arrivent dans des camps gérés par le gouvernement, principalement dans la région de Mae Hong Son, au nord de la Thaïlande.

L'UNHCR travaille avec le gouvernement thaïlandais et les organisations non gouvernementales pour s'assurer que les nouveaux arrivants sont admis dans les camps et qu'ils reçoivent l'hébergement et la protection adéquats. L'hébergement est une préoccupation majeure car certains camps de réfugiés sont surchargés. Lors d'une réunion à la mi-mai, les autorités thaïlandaises ont donné leur accord pour la construction de maisons en matériaux plus résistants afin d'y installer les nouveaux arrivants.

Actuellement 140 000 réfugiés originaires du Myanmar vivent en Thaïlande dans neuf camps situés près de la frontière, beaucoup d'entre eux sont là depuis plus de 20 ans.

Septembre 2006

Réfugiés du Myanmar

Inde : Jeune et seulePlay video

Inde : Jeune et seule

Ni Ang, âgée de 16 ans, parcourt le marché de nuit à Delhi pour trouver de la nourriture pour elle et ses trois frères et soeurs. Ces enfants non accompagnés luttent pour leur survie en Inde après avoir fui leur village au Myanmar.