Course contre la montre pour le HCR et ses partenaires face à la situation de santé alarmante dans les camps du Soudan du Sud

Points de presse, 3 août 2012

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 3 août 2012 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR a sonné l'alarme sur les conditions de santé prévalant chez les réfugiés dans deux camps au Soudan du Sud, mais l'agence a souligné que les taux de mortalité et de morbidité sont stabilisés, voire qu'ils ont diminué grâce aux interventions d'urgence.

Les deux camps en question sont Yida dans l'Etat d'Unity et Batil dans l'État du Haut Nil, où ont été observés des taux élevés de malnutrition, de maladie et de décès dans un contexte d'afflux massif ces derniers mois et durant une saison pluvieuse qui a rendu plus difficile l'acheminement de l'aide.

« Les travailleurs de santé dans le camp de Yida ont vu une hausse significative des taux de mortalité parmi les enfants réfugiés à la fin juin et au début du mois de juillet. L'ONG Médecins Sans Frontières a rapporté une moyenne de cinq décès d'enfants par jour, la plupart du temps de diarrhée ou d'infections », a déclaré Melissa Fleming, porte-parole du HCR, lors d'une conférence de presse à Genève vendredi.

Elle a ajouté : « Ces trois dernières semaines, les taux de mortalité et de morbidité se sont stabilisés et ont même diminué, car les agences d'aide humanitaire ont pris des mesures urgentes pour remédier aux causes profondes. En plus de fournir un traitement d'urgence, les agences humanitaires ont également œuvré pour atténuer le risque de maladies d'origine hydrique et liées à l'hygiène. »

La plupart des interventions sont de nature préventive. Le HCR travaille à doubler l'approvisionnement en eau potable dans le camp de Yida en creusant six puits supplémentaires. L'agence travaille également à l'amélioration des systèmes de drainage pour les sept points d'eau afin de réduire le risque de contamination et les maladies d'origine hydrique qui peuvent être contractées du fait de l'eau stagnante. Des latrines communautaires sont en cours de construction pour répondre aux besoins de la population croissante. L'ONG Solidarités a lancé une campagne de 40 jours visant à assurer des seaux propres et la désinfection au chlore dans les points d'eau. Des savons ont été distribués et des séances de sensibilisation sur l'hygiène sont actuellement dispensées.

Aujourd'hui, le HCR commence une distribution à plus de 8 200 familles ayant des enfants âgés de moins de cinq ans. Identifiés comme étant les personnes les plus vulnérables dans le camp, ils recevront du savon, des jerrycans et des couvertures pour améliorer la désinfection et minimiser le risque d'infections respiratoires. La distribution d'autres biens de secours comme des bâches en plastique et des seaux continuera ce mois-ci.

Cependant, bon nombre des nouveaux arrivants à Yida dorment encore sous des toits de chaume en mauvais état, ce qui augmente le risque de maladies respiratoires et de paludisme, en particulier chez les enfants de moins de cinq ans. Le HCR prévoit de transporter par avion 8 500 bâches en plastique et 15 000 moustiquaires supplémentaires pour une distribution immédiate.

Ce sont certains des problèmes rencontrés à Yida, un camp isolé à la frontière avec le Soudan. Sa population de réfugiés a quadruplé depuis avril pour atteindre environ 60 000 personnes aujourd'hui, dont plus d'un quart sont des enfants.

La plupart des réfugiés sont arrivés dans un état très faible épuisés, déshydratés et souffrant de malnutrition. La saison des pluies a encore aggravé la situation, ce qui fait qu'une population fragilisée attrape des maladies saisonnières. Les pluies ont également inondé les routes à proximité, ce qui a virtuellement transformé Yida en une île. Le transport aérien est désormais la seule façon de faire parvenir une aide vitale dans ce camp.

Dans l'État du Haut Nil, le camp de Batil est confronté à des problèmes similaires. Un enfant sur trois y souffrirait de malnutrition. Parmi les problèmes de santé courants dans ce camp comptant 35 000 réfugiés, il y a les diarrhées aqueuses, les infections des voies respiratoires et de plus en plus de cas de paludisme.

Dimanche dernier, les agences d'aide humanitaire ont débuté un programme de nutrition supplémentaire dans le camp, suivi d'un programme d'alimentation thérapeutique pour aider les enfants à se remettre de la malnutrition aiguë modérée. Par ailleurs, 12% des enfants de moins de cinq ans sont traités pour une malnutrition sévère aiguë.

Au total, Batil dispose de cinq cliniques pour les traitements de santé et de nutrition ainsi que de 20 points de réhydratation orale à travers le camp. Les agences de santé ont mis en place des mécanismes de surveillance et de réponse à une éventuelle épidémie de maladies diarrhéiques ou autres.

Cette année, quelque 170 000 personnes ont fui les conflits et les pénuries alimentaires dans les Etats du Sud-Kordofan et du Nil Bleu et elles ont trouvé refuge au Soudan du Sud.

À ce jour, le HCR a seulement reçu 47,5 millions de dollars sur les 186 millions de dollars nécessaires pour répondre aux besoins urgents des réfugiés soudanais au Soudan du Sud. Cette semaine, une bonne nouvelle est arrivée avec l'aide versée au HCR par le Fonds humanitaire commun qui s'élève à 10 millions de dollars pour l'opération de réponse à la situation d'urgence des réfugiés au Soudan du Sud. La plupart de ce montant est destiné à des ONG travaillant dans les domaines de la santé, la nutrition, l'eau, l'assainissement, l'accès routier et la préparation de sites.

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La résilience et la dignité des réfugiés au Soudan du Sud

Depuis septembre 2011, plus de 100 000 réfugiés soudanais ont fui les raids aériens et les affrontements survenant dans leur pays d'origine. Ils ont trouvé refuge dans l'Etat du Nil supérieur au Soudan du Sud. Hébergés dans quatre camps de réfugiés dans le comté de Maban, ils font face à des difficiles conditions de vie qui ont empiré durant la saison des pluies. Le personnel du HCR vit également dans des conditions difficiles dans l'une des zones les plus isolées et difficiles d'accès au Soudan du Sud.

Les réfugiés sont reconnaissants de l'aide vitale qu'ils reçoivent du HCR et de ses partenaires humanitaires. Ils sont également un exemple de l'extraordinaire résilience qui peut caractériser les êtres humains. Ces photos ont été prises par des employés du HCR. Elles montrent leurs conditions de vie pour que les réfugiés gardent espoir et dignité.

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La vie de réfugié dans un lieu reculé au Soudan du Sud

L'année dernière, des milliers de personnes de l'Etat du Sud-Kordofan au Soudan ont fui la violence en quête de sécurité. Ils ont rejoint le Soudan du Sud et le camp de réfugiés de Yida, situé juste en face de la frontière. A la fin septembre, Yida hébergeait environ 65 000 réfugiés originaires de la région des monts Nouba. Situé dans l'un des lieux les plus isolés au Soudan du Sud, Yida est désormais une île virtuelle du fait de la saison des pluies qui a rendu impraticables les routes d'accès.

Chaque jour, des réfugiés continuent d'arriver depuis l'autre côté de la frontière après un pénible voyage. Ils sont tous épuisés et un nombre croissant d'entre eux est en mauvaise santé. De nouvelles attaques aériennes et terrestres poussent de plus en plus de gens à fuir.

Le HCR et des partenaires humanitaires sur le terrain assurent la protection et fournissent une assistance vitale à la communauté réfugiée dans le cadre de l'une des opérations les plus délicates au monde. Les photographies ci-dessous, réalisées par Kathryn Mahoney, chargée d'information au HCR, décrivent la vie quotidienne des réfugiés à Yida.

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Une famille déracinée au Soudan du Sud

Après l'éruption des combats à Kormaganza dans l'Etat du Nil bleu en septembre l'année dernière, la famille de Dawa Musa, 80 ans, a décidé de fuir vers le village voisin de Mafot. Dawa était trop frêle pour faire le voyage de deux jours à pied. Aussi son fils, Awad Kutuk Tungud, l'a cachée dans des buissons durant trois jours pendant qu'il mettait sa femme, Alahia et leurs neuf enfants en sécurité. Awad est revenu chercher sa mère et l'a portée jusqu'à Mafo où la famille est restée pendant quelques mois dans une relative sécurité, jusqu'à ce que des attaques aériennes bombardent le village.

A nouveau, Awad a fui avec sa famille - cette fois-ci au-delà de la frontière - vers le Soudan du Sud. Durant 15 jours épuisants, il a porté sa vieille mère et sa fille sur son dos jusqu'à la frontière à Al Fudj au mois de février. Le HCR a ensuite pris en charge le transport de la famille vers le camp de réfugiés de Jamam au Soudan du Sud. Ils ont vécu en sécurité pendant sept mois. Les pluies ont causé des inondations rendant difficile pour le HCR d'acheminer de l'eau potable au camp et d'éviter les risques de maladies d'origine hydrique.

Le HCR a ouvert un camp de réfugiés à Gendrassa, situé un peu en hauteur et à 55 kilomètres de Jamam. Dès lors, l'agence a débuté le transfert de 56 000 personnes depuis la frontière vers le camp. Parmi eux, se trouvaient Awad et sa famille. Awad a porté à nouveau sa mère, mais cette fois-ci vers une nouvelle tente à Gendrassa. Awad a commencé à cultiver la terre. « Revenez dans trois mois », a-t-il déclaré. « Le maïs aura déjà poussé. »

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