Un nouveau camp pour les réfugiés syriens en Jordanie, malgré une pénurie de fonds

Agir pour faire la différence, 30 juillet 2012

© HCR/A.McDonnell
Situé dans une région désertique balayée par les vents, le nouveau camp de Za'atri au nord de la Jordanie pourra accueillir jusqu'à 113 000 réfugiés.

AMMAN, Jordanie, 30 juillet (HCR) Avec la poursuite de l'afflux de réfugiés depuis la Syrie, la Jordanie voisine a ouvert dimanche un nouveau camp en un temps record pour atténuer la pression sur les sites frontaliers où sont hébergés des milliers de réfugiés syriens.

Jusqu'à ce week-end, quelque 10 000 réfugiés syriens vivaient dans quatre centres de transit surpeuplés, localisés près de la frontière entre la Jordanie et la Syrie. Environ 1 500 personnes arrivent chaque nuit via des passages frontaliers informels, la plupart du temps depuis le gouvernorat de Da'raa au sud de la Syrie. Selon les dires des réfugiés, des balles sont tirées sur les personnes qui tentent de fuir. Le nombre de réfugiés en provenance de Damas s'est également accru, suite aux événements de la semaine dernière.

De nombreux réfugiés sont hébergés et pris en charge par la communauté locale jordanienne. Toutefois, avec le rythme élevé des arrivées, la pression portée sur les ressources limitées et fragiles ainsi que l'infrastructure locale au sein des communautés d'accueil est aujourd'hui trop forte.

Reconnaissant la pression portée sur les installations frontalières et les familles d'accueil, les autorités jordaniennes et d'autres organisations caritatives locales ont demandé au HCR et à ses partenaires d'établir un nouveau camp, le premier depuis l'arrivée des réfugiés iraquiens en Jordanie. Les travaux ont débuté le premier jour du mois sacré du Ramadan le 20 Juillet.

Le Gouvernement jordanien, la Jordan hashemite Charity Organisation, la Jordan Health Aid Society, le HCR, l'UNICEF, le PAM et d'autres partenaires ont travaillé sans relâche, afin d'accélérer l'ouverture de ce camp. Par des températures diurnes allant jusqu'à 45 degrés Celsius, les équipes ont dû travailler la nuit pour dresser les tentes, installer les points de distribution d'eau, construire des installations sanitaires ainsi que pour monter de vastes entrepôts.

Neuf jours plus tard, Za'atri, un camp situé dans une région désertique balayée par les vents, près de Mafraq au nord de la Jordanie, a été ouvert. Plus de 750 réfugiés y ont déjà été transférés depuis deux centres de transit. La plupart des transferts ont eu lieu entre 21 heures et 5 heures du matin pour éviter la chaleur diurne. Le camp, qui peut accueillir jusqu'à 10 000 réfugiés pour le moment, sera en mesure d'en accueillir jusqu'à 113 000 quand il sera terminé.

« Nous constatons une forte augmentation du nombre de femmes et d'enfants, la majorité d'entre eux ayant énormément souffert en Syrie. Nous ne voulons évidemment pas accueillir des réfugiés ayant tant souffert dans un camp comme celui de Za'atri situé dans une région au climat difficile, mais nous n'avons pas le choix », a déclaré Andrew Harper, Représentant du HCR en Jordanie. « Nous sommes les premiers à admettre qu'il est situé dans une région aride où règnent des températures brûlantes. Personne ne veut placer une famille qui a déjà tant souffert sous une tente dans le désert, mais nous n'avons pas le choix. Nous sommes prêts à fournir une assistance essentielle et une protection maximale, mais nous devons travailler avec ce dont nous disposons. »

Le Gouvernement jordanien estime que quelque 140 000 réfugiés syriens sont entrés dans le Royaume depuis mars 2011. Plus de 50 000 d'entre eux reçoivent protection et assistance, les autres ne sont pas enregistrés.

Au total, plus de 124 000 réfugiés syriens ont déjà été enregistrés dans les pays de la région. La majorité d'entre eux sont entièrement dépendants de l'aide humanitaire. Pour répondre à leurs besoins en Jordanie, au Liban, en Iraq et en Turquie, les agences des Nations Unies et d'autres organisations non gouvernementales ont lancé un appel de fonds de 193 millions de dollars, dans le cadre du plan régional d'aide aux réfugiés syriens. Le plan est financé seulement à hauteur de 33% et sera probablement révisé dans les prochains mois, afin de refléter les besoins croissants de la population de réfugiés syriens.

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La rentrée scolaire des enfants iraquiens en Syrie

L'UNHCR a pour objectif d'aider 25 000 enfants réfugiés à retourner à l'école en Syrie, en soutenant financièrement leurs familles et en leur fournissant des uniformes et du matériel scolaire. Environ 1,4 million d'Iraquiens sont réfugiés en Syrie ; la plupart ont fui l'extrême violence sectaire déclenchée par le bombardement de la Mosquée d'Or de Samarra en 2006.

Pour de nombreux parents réfugiés iraquiens, l'éducation est une priorité d'une importance équivalente à celle de la sécurité. En Iraq, à cause de la violence et des déplacements forcés, les enfants iraquiens n'allaient pas régulièrement à l'école et nombre d'enfants réfugiés ont manqué une bonne partie de leur scolarité. Bien que l'éducation soit gratuite en Syrie, des frais pour l'achat de fournitures, d'uniformes et les frais de transport ne permettent pas d'accéder à l'éducation. Par ailleurs, de nombreux enfants réfugiés sont contraints de travailler plutôt que de fréquenter l'école, pour subvenir aux besoins de leur famille.

Afin d'encourager les familles iraquiennes défavorisées à inscrire leurs enfants à l'école, l'UNHCR prévoit d'aider financièrement au moins 25 000 enfants en âge d'être scolarisés et de fournir des uniformes, des livres et des fournitures scolaires aux réfugiés iraquiens enregistrés auprès de l'agence. L'UNHCR va également informer les réfugiés sur leur droit d'envoyer leurs enfants à l'école, et soutiendra les programmes d'ONG en faveur des enfants qui travaillent.

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Les Libanais de retour reçoivent de l'aide

Les équipes de l'UNHCR ont commencé dès la deuxième quinzaine d'août 2006 à distribuer de l'aide humanitaire dans les villages meurtris du sud du Liban. Des tentes, des bâches en plastique et des couvertures sont distribuées aux personnes les plus vulnérables. Le matériel de l'UNHCR provient des entrepôts de Beyrouth, Saïda et Tyr, et continue d'arriver au Liban par voie aérienne, maritime et par camion.

Bien que 90 pour cent des personnes déplacées soient rentrées chez elles dans les premiers jours qui ont suivi le cessez-le-feu du 14 août, de nombreux Libanais n'ont pas pu regagner leur foyer et sont hébergés chez des proches ou dans des abris publics, tandis que quelques milliers sont restés en Syrie.

Depuis le début de la crise à la mi-juillet, l'UNHCR a acheminé 1 553 tonnes de matériel de secours en Syrie et au Liban pour venir en aide aux victimes du conflit. Cela représente environ 15 000 tentes, 154 510 couvertures, 53 633 matelas et 13 474 kits de cuisine. L'agence pour les réfugiés a également importé 5 camions et 15 autres sont en route.

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Réfugiés non-iraquiens en Jordanie : La vie dans un camp isolé du désert, sans aucune solution en vue

Suite à la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, des groupes de réfugiés vivant en Iraq depuis de nombreuses années ont tenté de fuir le désordre et l'anarchie. Des centaines de personnes ont fui vers la frontière jordanienne, des Palestiniens depuis Bagdad et des Kurdes iraniens depuis le camp d'Al Tash dans le centre de l'Iraq.

A l'exception de quelques Palestiniens ayant pu rejoindre des proches en Jordanie, les réfugiés se sont vus refuser l'entrée et la libre circulation dans ce pays. Des milliers d'entre eux se sont alors retrouvés bloqués dans le no man's land entre l'Iraq et la Jordanie, ou dans le camp de Ruweished, situé dans le désert à 60 kilomètres à l'intérieur du pays.

Depuis 2003, des Palestiniens, des Kurdes iraniens, des Iraniens, des Soudanais et des Somaliens vivent dans ce désert jordanien. Ils subissent des conditions climatiques extrêmes : la chaleur torride en été et le froid glacial en hiver. L'UNHCR et ses partenaires ont distribué des tentes et des biens de secours. L'agence pour les réfugiés a tenté de trouver des solutions - en participant à la réinstallation de plus de 1 000 personnes dans des pays tiers. Début 2007, 119 personnes - pour la plupart des Palestiniens - étaient encore présentes au camp de Ruweished, sans aucune solution immédiate en vue.

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