Le HCR condamne les violences perpétrées contre les civils congolais

Articles d'actualité, 27 juillet 2012

© HCR/S.Modola
Les personnes déplacées dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) sont souvent la cibles d'attaques, alors que les affrontements entre le gouvernement et le M23 se poursuivent.

GENÈVE, 27 juillet (HCR) Le HCR a condamné les violences incessantes commises contre les civils dans l'est de la République démocratique du Congo, alors que les combats ont provoqué la fuite de près d'un demi-million de personnes en quatre mois.

Le conflit qui s'est intensifié en juin entre les troupes gouvernementales et les groupes rebelles armés aurait jeté sur les routes plus de 470 000 personnes dans l'est de la RDC. On estime ainsi qu'environ 220 000 personnes ont trouvé refuge dans le Nord-Kivu, 200 000 autres dans le Sud-Kivu et que plus de 51 000 ont fui vers l'Ouganda voisin (31 600) et le Rwanda (19 400).

Ces déplacements massifs sont alimentés par les atrocités commises sur le terrain, a déclaré vendredi à Genève le porte-parole du HCR, Andrej Mahecic.

« Notre personnel et nos partenaires en Ouganda, au Rwanda et dans l'est de la RDC ont reçu des réguliers et circonstanciés faisant état de violences et d'abus généralisés des droits humains », a-t-il affirmé. « Ces violations comprennent notamment l'exécution sommaire de civils, des viols et autres sévices sexuels, la torture, les arrestations arbitraires, les agressions, les pillages, l'extorsion de vivres et d'argent, la destruction de biens, le travail et l'enrôlement militaire forcés, dont celui des enfants, ainsi que les violences à caractère ethnique. »

Du fait des combats, de vastes secteurs de la province ne sont plus sûrs. Dans les territoires Masisi et Walikale, plusieurs groupes armés ont profité du vide du pouvoir pour attaquer les villages et les camps de déplacées, détruisant et pillant les maisons, tuant les personnes appartenant à des groupes ethniques considérés comme hostiles et soumettant l'ensemble des communautés aux extorsions.

Depuis avril jusqu'au 15 juillet, les organisations humanitaires ont enregistré plus de 7 000 incidents liés à la protection dans les territoires de Masisi, de Walikale, de Rutshuru et de Beni, dans la province du Nord-Kivu. Le nombre de cas pourrait être encore plus élevé, car certains ne sont pas rapportés. En effet, les victimes, pour la plupart des villageois et des personnes déplacées, sont parfois dans l'impossibilité de parler ou ont trop peur ou trop honte, en particulier dans les cas de viol.

Le recrutement forcé est également très répandu. Plus tôt ce mois-ci, par exemple, un groupe armé à Rutshuru a forcé 145 personnes à transporter ses munitions. Certaines personnes déplacées ont été battues et blessées pour avoir refusé de rejoindre un autre groupe armé.

Les civils ayant fui vers l'Ouganda ont apporté des témoignages semblables. Dans les deux premières semaines de juillet, alors que les opérations militaires s'étaient accrues à la frontière, on a noté l'arrivée d'un nombre anormalement élevé de jeunes hommes âgés de 14 à 20 ans au centre de transit de Nyakabande, en Ouganda. Certains ont dit à notre personnel qu'ils fuyaient une campagne de recrutement.

Plusieurs disent avoir vu des jeunes hommes et des mineurs contraints de rejoindre les rebelles pour transporter des munitions. Deux garçons qui ont été retrouvés avaient des blessures aux épaules causées par le transport d'armes lourdes. Des informations font également état d'hommes armés bloquant les routes empruntés pour tenter d'évacuer le pays vers l'Ouganda. Deux personnes qui avaient quitté le centre de transit pour aller chercher leur famille en RDC ont été arrêtées dans la ville frontalière de Bunagana.

Au Rwanda, des personnes arrivées récemment ont parlé de pillages et de harcèlement verbal et physique de personnes parlant le kinyarwanda, en particulier dans le territoire de Masisi, mais aussi à Rutshuru et Kalehe.

André Mahecic s'est dit préoccupé par les combats dans l'est de la RDC qui se déroulent sans égard à la sécurité des civils et en violation flagrante des principes internationaux des droits humanitaires et humains. « Le HCR demande aux parties au conflit d'éviter de cibler la population civile et les zones peuplées », a-t-il déclaré. « Nous appelons toutes les parties au conflit à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la population civile et empêcher les attaques aveugles et disproportionnées. »

La dégradation de la sécurité dans l'est de la RDC limite sévèrement la capacité du HCR à fournir de l'aide ailleurs que dans les camps de personnes déplacées au nord et à l'ouest de Goma, la capitale du Nord-Kivu. Le HCR et ses partenaires dans les camps en Ouganda et au Rwanda fournissent une protection, des abris, des soins médicaux et une aide psychosociale aux victimes de la violence.

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Lorsque la crise de déplacement a empiré dans le Nord-Kivu en 2007, l'agence pour les réfugiés a envoyé plusieurs équipes d'urgence sur place et a mis en oeuvre des opérations dans plusieurs camps accueillant des déplacés. Les efforts d'assistance comprennent aussi l'enregistrement de la population déplacée et la distribution d'articles non alimentaires. Le HCR mène également un contrôle dans le domaine de la protection pour identifier les abus des droits humains et d'autres problèmes, auxquels sont confrontés les déplacés dans le Nord et le Sud-Kivu.

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Le HCR coordonne la gestion de 31 camps de déplacés et fournit une assistance d'urgence. Ces camps sont localisés à travers tout le Nord-Kivu. Le HCR est confronté à des défis de taille en termes d'accès aux zones où les déplacés ont trouvé refuge et l'agence pour les réfugiés continue à réclamer l'accès humanitaire aux personnes dans le besoin afin de leur venir en aide.

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