Le HCR appelle à la protection de la population civile alors que les combats se poursuivent dans l'est de la République démocratique du Congo

Points de presse, 27 juillet 2012

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahecic à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 27 juillet 2012 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR appelle à la protection de la population civile alors que les combats se poursuivent dans l'est de la République démocratique du Congo

Le HCR est très préoccupé par les informations faisant état de violences incessantes commises contre la population civile dans les régions de l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Ces événements interviennent après quatre mois de combats entre les troupes gouvernementales et des groupes rebelles armés.

Des dizaines de milliers de personnes ont été obligées de fuir le Nord-Kivu et un grand nombre d'entre elles ont trouvé refuge en Ouganda et au Rwanda.

Notre personnel et nos partenaires en Ouganda, au Rwanda et dans l'est de la RDC ont reçu des informations régulières et circonstanciées faisant état de violences et d'abus généralisées des droits humains.

Ceci inclue l'exécution sommaire de civils, des viols et autres sévices sexuels, la torture, les arrestations arbitraires, les agressions, les pillages, l'extorsion de vivres et d'argent, la destruction de biens, le travail forcé et l'enrôlement militaire forcé, dont celui des enfants, ainsi que les violences à caractère ethnique. Tout cela alimente des déplacements de populations massifs dans la province et dans les pays voisins. Nous estimons que plus de 470 000 Congolais ont été déplacés dans l'est de la RDC depuis avril soit environ 220 000 personnes dans le Nord-Kivu, 200 000 autres dans le Sud-Kivu et plus de 51 000 qui ont fui vers l'Ouganda voisin (31 600) et le Rwanda (19 400).

Les combats dans l'est de la RDC se déroulent sans égard à la sécurité des civils et en violation flagrante des principes internationaux des droits humanitaires et humains. Le HCR demande à nouveau aux parties au conflit d'éviter de cibler la population civile et les zones peuplées. Nous leur demandons de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la population civile et pour empêcher les attaques aveugles et disproportionnées.

Les combats entre les troupes gouvernementales et les milices M23 ont fait en sorte que de vastes secteurs de la province se retrouvent sans sécurité adéquate. Dans les territoires Masisi et Walikale, plusieurs groupes armés ont profité du vide du pouvoir pour attaquer les villages et les camps de personnes déplacées, détruisant et pillant les maisons, tuant les personnes appartenant à des groupes ethniques considérés comme hostiles et soumettant l'ensemble des communautés aux extorsions.

Depuis le mois d'avril jusqu'au 15 juillet, les organisations humanitaires ont enregistré plus de 7 000 incidents liés à la protection dans les territoires de Masisi, de Walikale, de Rutshuru et de Beni, dans la province du Nord-Kivu. Nous craignons que le nombre de cas soit encore plus élevé, car certaines personnes sont dans l'impossibilité de parler ou elles ont trop peur ou trop honte, en particulier dans les cas de viol. La plupart des victimes sont des villageois et des personnes déplacées internes.

En Ouganda, certains jeunes réfugiés congolais qui arrivent au centre de transit de Nyakabande, situé près de la frontière, ont dit à notre personnel qu'ils fuyaient une campagne de recrutement militaire forcé. Dans les deux premières semaines de juillet, alors que les opérations militaires s'étaient accrues à la frontière, on a noté un nombre anormalement élevé de jeunes hommes réfugiés âgés de 14 à 20 ans. Des informations faisant état d'hommes armés bloquant les routes empruntées pour tenter d'évacuer le pays vers l'Ouganda soulèvent aussi des inquiétudes. Plusieurs rapportent avoir vu des jeunes hommes et des mineurs contraints de rejoindre les rebelles pour transporter des munitions.

Nous avons entendu depuis avril des témoignages similaires de la part des personnes arrivant au Rwanda. On parle aussi de pillages et du harcèlement verbal et physique commis par des personnes s'exprimant en kinyarwanda, particulièrement dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, mais aussi à Rutshuru et Kalehe, dans le Sud-Kivu.

Nos équipes et nos partenaires dans les camps en Ouganda et au Rwanda fournissent protection, abris, services médicaux et de santé ainsi qu'un soutien psychosocial pour les victimes de violence. La situation en RDC est beaucoup plus difficile, car la dégradation de la sécurité limite sévèrement notre capacité à fournir de l'aide ailleurs que dans les camps de personnes déplacées au nord et à l'ouest de Goma, la capitale provinciale.

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À la mi-juillet 2013, des milliers de réfugiés congolais ont commencé à affluer à la frontière entre la République démocratique du Congo (RDC) et l'Ouganda, dans le district de Bundibugyo à l'ouest du pays. Ils fuyaient les combats ayant éclaté quand un groupe rebelle ougandais, les Forces démocratiques alliées, ont attaqué la ville de Kamango dans la province instable du Nord-Kivu en RDC. Beaucoup sont restés dans la zone frontalière montagneuse, mais d'autres ont été transférés vers le centre de transit de Bubukwanga plus à l'intérieur de l'Ouganda. Ils y ont reçu protection et assistance de la part du gouvernement, du HCR et de ses partenaires. Mais le centre de transit a une capacité d'accueil initiale de 12 500 personnes. Il a été rapidement surpeuplé et les gens ont été encouragés à rejoindre l'installation de réfugiés de Kyangwali, située à 280 kilomètres au nord dans le district de Hoima. Depuis que le premier convoi a quitté Bubukwanga pour Kyangwali le 14 août dernier, plus de 11 000 personnes ont rejoint ce site où elles accèdent à des services plus complets et plus durables. Le photographe Michele Sibiloni s'est récemment rendu à Bubukwanga et il a suivi un convoi de réfugiés se rendant à l'installation de Kyangwali.

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Lauréate de la distinction Nansen 2013 du HCR pour les réfugiés

Soeur Angélique Namaika, une religieuse congolaise qui démontre un courage exceptionnel et qui offre un soutien infaillible aux survivants de la violence en République démocratique du Congo (RDC), est la lauréate de la distinction Nansen 2013 du HCR pour les réfugiés.

L'Armée de résistance du Seigneur (LRA), un groupe rebelle ougandais sans scrupules, a mené une campagne de violences qui a déraciné des centaines de milliers de personnes dans la province Orientale, au nord-est de la RDC, au cours de la dernière décennie. De nombreuses femmes et jeunes filles congolaises ont été kidnappées et terrorisées.

Soeur Angélique est une lueur d'espoir pour ces victimes, notamment par l'approche très personnelle et individualisée qu'elle utilise pour aider les rescapées à sortir de leur traumatisme. Un grand nombre de personnes dont elle s'occupe ont été déracinées et elles ont subi des sévices sexuels.

La brutalité de la LRA est notoire, et les témoignages des femmes que soeur Angélique a aidées sont effroyables. Le fait que de nombreuses victimes soient stigmatisées par la société à cause de leur expérience accentue le traumatisme subi. Il faut une personnalité hors du commun pour aider ces femmes à surmonter leur problème et à reconstruire leur vie.

La lauréate de la distinction Nansen 2013 du HCR pour les réfugiés a passé la dernière décennie à aider les femmes, via notamment des activités génératrices de revenus, des formations professionnelles, des cours d'alphabétisation et une aide psychosociale. Elle a amélioré la vie de milliers de personnes, leur famille et leur communauté.

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Au-dessus des nuages vers l'Allemagne : le voyage d'une famille syrienne

Mercredi, l'Allemagne a débuté un programme humanitaire visant à assurer une admission temporaire et la sécurité pour jusqu'à 5 000 réfugiés syriens parmi les plus vulnérables dans les pays voisins de la Syrie. Un premier groupe de 107 personnes s'est rendu par avion à Hanovre, dans le nord de l'Allemagne. Ces personnes assisteront à des cours d'orientation culturelle qui les prépareront pour les deux prochaines années à la vie en Allemagne, où elles pourront travailler, étudier et accéder aux services essentiels. Parmi le groupe, il y a Ahmad et sa famille. Leur fils est sourd et il a besoin de soins constants qui n'étaient pas disponibles au Liban. La famille a fui la Syrie à la fin 2012, après que la vie soit devenue trop dangereuse et trop coûteuse dans la ville d'Alep, où Ahmad vendait des pièces de rechange pour les voitures. La photographe Elena Dorfman a suivi la famille à Beyrouth, alors qu'elle se préparait à partir pour l'aéroport et pour le voyage vers l'Allemagne.

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