Retour à la maison pour le mannequin sud-soudanais Alek Wek

La parole aux réfugiés, 25 juillet 2012

© HCR
Le mannequin Alek Wek est retournée au Soudan du Sud un an après l'indépendance de ce pays, pour y rencontrer des réfugiés et des rapatriés.

JUBA, Soudan du Sud, 25 juillet (HCR) Le mannequin et ancienne réfugiée Alek Wek est retournée dernièrement au Soudan du Sud, son pays natal, à l'occasion du premier anniversaire de la jeune nation. Elle a rencontré des réfugiés et pris note des programmes mis en place par le HCR pour aider un certain nombre des centaines de milliers de rapatriés à reconstruire leur vie.

Pendant la semaine consacrée à cette visite, le mannequin appartenant à l'ethnie Dinka, qui a fui au Royaume-Uni en 1991 alors qu'elle était adolescente, a assisté le 9 juillet à la cérémonie officielle marquant l'indépendance du Soudan du Sud, qui se tenait à Juba. Sa visite intervient alors que des dizaines de milliers de Soudanais fuient vers les camps de réfugiés du Soudan du Sud pour échapper aux combats qui font rage dans les États frontaliers.

Alek Wek a visité un de ces camps, celui de Yusuf Batil situé dans le district de Maban. Le HCR et ses partenaires ont travaillé d'arrache-pied pour fournir une aide suffisante à plus de 34 000 réfugiés vivant dans des conditions difficiles, notamment en raison de pluies torrentielles. Alek Wek a rencontré un groupe de réfugiés qui avaient été déplacés d'un camp situé près de la frontière. Ils se sont dits soulagés d'avoir été amenés dans une zone plus sûre.

Bien que préoccupée par les problèmes récents auxquels est confronté le Soudan du Sud, le mannequin dit qu'elle a été touchée par la résilience et la détermination de ceux qu'elle a rencontrés. « Certains rapatriés installés au centre de transit de Juba attendent depuis un an qu'une terre leur soit allouée, mais cela ne les empêche pas de garder espoir et ils sont si fiers d'être de retour dans leur pays », souligne-t-elle.

Alek Wek dit qu'elle est déterminée à soutenir les programmes du HCR à l'intention des rapatriés dans des domaines comme l'éducation, la santé et l'agriculture. Dans un village situé près de sa ville natale de Wau, qu'elle a fuie alors qu'elle avait dix ans, Alek Wek a pu constater par elle-même l'aide apportée par les interventions humanitaires. Le HCR a financé la construction d'un centre communautaire, d'un poste de police et d'une clinique dans le village d'Alek Chok et a fourni aux 500 familles vivant là-bas des semences et des outils pour développer leurs propres cultures.

« Les gens n'ont cessé de parler du besoin d'accès à l'éducation », a déclaré Alek Wek lors de sa visite à Wau. Elle a été accueillie par des chants et des danses d'enfants et a assisté à une pièce jouée par des personnes qui avaient quitté la capitale soudanaise, Khartoum, pour revenir au Soudan du Sud.

Une femme du village d'Alek Chok lui a raconté que ses enfants devaient marcher deux ou trois heures pour se rendre à l'école secondaire. « L'accès à l'éducation est particulièrement important pour les filles au Soudan du Sud », a déclaré le mannequin, ajoutant qu'elle espérait trouver des façons d'aider le HCR à poursuivre ses initiatives dans le domaine de l'éducation dans sa ville natale.

Il s'agit là d'un enjeu important pour le HCR, qui finance depuis 2005 la construction d'écoles primaires communautaires dans les zones où le nombre de rapatriés est élevé. Le HCR a aussi financé la construction d'instituts de formation de professeurs à Juba, la capitale du Soudan du Sud et à Aweil, une ville du nord-ouest du pays située dans le Bahr el Ghazal du Nord.

Les personnes ayant reçu une éducation convenable seront vitales pour la reconstruction de ce pays dévasté par presque 20 ans de guerre et qui manque de professionnels.

« J'ai toujours pensé qu'il était important de soutenir l'action des organisations qui aident les réfugiés à reconstruire leur vie. En tant que réfugiée du Soudan du Sud, je comprends ce que c'est que d'être forcé de quitter son foyer. C'est douloureux et effrayant et vous risquez d'être séparé de vos proches », a écrit Alek Wek lors de sa visite.

Le mannequin sud-soudanais a conclu son séjour en tant que conférencière d'honneur lors de la conférence TEDx. Elle a parlé de son séjour et a réitéré son engagement à aider à reconstruire son pays, en mettant l'accent sur les jeunes.

Alek Wek a été découverte dans un parc de Londres par un dépisteur de mannequins. Elle est devenue l'un des premiers mannequins africains à défiler sur les podiums de mode les plus célèbres au monde. Elle vit maintenant aux États-Unis.

Par Charity Tooze

À Juba, au Soudan du Sud

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Crise au Soudan du Sud : Appel urgent

Donnez maintenant et aidez des dizaines de milliers de personnes fuyant le Soudan du Sud pour échapper à la violence.

Donnez pour cette crise

Les Soudanais rentrent dans le Sud pour le référendum

A la veille du référendum portant sur l'autodétermination du Sud-Soudan le 9 janvier 2011, des dizaines de milliers de personnes qui vivaient dans le nord du Soudan ont plié bagage pour rentrer dans leurs villages d'origine au sud du pays. Le HCR a établi des points d'escale le long des axes de retour vers le Sud-Soudan, afin de distribuer des vivres aux voyageurs et de leur fournir un lieu sûr pour qu'ils se reposent durant ce pénible voyage. Plusieurs cas d'attaques et de viols perpétrés contre des voyageurs ont justifié l'ouverture de ces centres où les femmes, les enfants et les personnes handicapées peuvent passer la nuit. Le HCR a mobilisé des ressources pour répondre aux besoins de 50 000 personnes, dans l'éventualité d'un déplacement massif suite aux résultats du vote.

Les Soudanais rentrent dans le Sud pour le référendum

Crise sanitaire au Soudan du Sud

Quelque 105 000 réfugiés se sont regroupés dans le Comté de Maban, au Soudan du Sud. De graves risques pèsent sur la santé de nombre d'entre eux. Le HCR et ses partenaires travaillent d'arrache-pied pour prévenir et contenir l'épidémie de paludisme et plusieurs maladies hydriques.

La plupart des réfugiés, notamment les enfants et les personnes âgées, sont arrivés très affaiblis dans les camps. Or, les pluies incessantes ont tendance à exacerber la situation, les flaques d'eau se transformant vite en foyer d'incubation de moustiques porteurs du paludisme. Qui plus est, un simple rhume suffit pour que l'état de malnutrition modérée dont souffrent les enfants et personnes âgées se transforme en malnutrition sévère.

C'est dans le camp de Yusuf Batil, dans le Comté de Maban, que la situation se fait la plus critique puisque 15 % des enfants de moins de cinq ans y souffrent de malnutrition aiguë.

Le HCR et ses partenaires font tout leur possible pour prévenir et lutter contre la maladie. Dans le camp de Yusuf Batil, 200 professionnels de la santé des communautés vont de foyer en foyer afin d'enseigner aux réfugiés les règles d'hygiène de base, telles que la nécessité de se laver les mains ou encore comment reconnaître les signes de maladie. S'ils en ont besoin, les enfants reçoivent des aliments nutritifs tels que des Plumpy'nut. Un hôpital spécialisé dans le traitement de patients atteints du choléra a d'ailleurs ouvert ses portes. Parallèlement, des moustiquaires ont été distribuées dans tous les camps à des fins de prévention du paludisme.

Crise sanitaire au Soudan du Sud

L'objet le plus important

Depuis novembre 2011, plus de 105 000 réfugiés ont traversé la frontière qui sépare l'État du Nil Bleu, au Soudan, de celui du Haut-Nil, au Soudan du Sud. Le voyage, généralement réalisé à pied, passe par de dangereuses zones de conflit et emprunte des routes secondaires que les fortes pluies ont rendues presque impraticables. Les réfugiés, pour la plupart, fuient précipitamment, n'emportant que ce qu'ils peuvent porter et parfois rien d'autre que les vêtements qu'ils ont sur le dos. Certains arrivent malades ou blessés, et beaucoup ont souffert de la faim au cours du trajet. Le photojournaliste Brian Sokol a demandé à plusieurs réfugiés au Soudan du Sud de lui montrer l'objet le plus important qu'ils avaient emporté avec eux. Nous vous invitons à lire son photoreportage pour découvrir les objets qu'ils ont choisis.

L'objet le plus important

Soudan du Sud : Le chef du HCR Play video

Soudan du Sud : Le chef du HCR

Le Haut Commissaire du HCR se rend auprès des réfugiés dans l'installation de Yida, située non loin de la frontière avec le Soudan en proie à l'instabilité.
Soudan du Sud : Fier d'aider les réfugiésPlay video

Soudan du Sud : Fier d'aider les réfugiés

D'anciens réfugiés ont été embauchés au HCR au Soudan du Sud pour venir en aide aux réfugiés soudanais.
Soudan du Sud : La fuite de SannaPlay video

Soudan du Sud : La fuite de Sanna

L'année dernière, des raids aériens et des attaques terrestres sur des villages de l'Etat du Nil bleu au Soudan ont forcé des civils à fuir vers le Soudan du Sud. Sanna témoigne sur son voyage vers l'exil.