Le HCR est préoccupé par les attaques menées contre un camp de déplacés internes en Côte d'Ivoire

Points de presse, 24 juillet 2012

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 24 juillet 2012 au Palais des Nations à Genève.

Nous sommes très préoccupés par des informations provenant de l'ouest de la Côte d'Ivoire sur une attaque menée vendredi dernier contre le camp de Nahibly accueillant des personnes déplacées internes. Ces attaques ont fait au moins sept morts et des dizaines de blessés graves, selon les chiffres des autorités et de l'ONU.

Le camp a été gravement endommagé durant l'attaque de vendredi. Son dispensaire et des tentes familiales ont été détruits. Quelque 5 000 personnes y étaient hébergées, essentiellement de l'ethnie guéré. Elles étaient, dans cette région, le dernier groupe de personnes déplacées par la violence liée aux élections présidentielles de novembre 2010. Environ 700 d'entre eux y avaient été récemment transportés par le HCR depuis une mission catholique dans la ville voisine de Duékoué.

Nous exhortons les autorités locales et centrales ivoiriennes à assurer une protection et un abri adéquats pour les personnes qui ont été contraintes de fuir le camp de Nahibly à la suite de cette attaque.

D'après des informations recueillies sur le terrain que nous avons reçues, l'attaque contre Nahibly semble avoir été liée à l'assassinat par des inconnus durant la nuit du 19 au 20 juillet d'une famille de quatre personnes à Duékoué, dans le district de Kokoma.

Vendredi matin, des troupes de l'ONU et de la police à Nahibly avaient arrêté un petit groupe de dozos (une fraternité de chasseurs traditionnels souvent utilisés pour assurer la sécurité dans les villages ivoiriens) qui prétendaient être à la poursuite des meurtriers.

Près d'une heure plus tard, environ 1 000 membres de l'ethnie locale malinké, une sous-section de la communauté dioula, accompagné de dozos armés de fusils et de machettes, ont pris d'assaut le camp.

Au moment de l'attaque, en réponse aux demandes du gouvernement de fermer le camp, nous étions en train de créer, conjointement avec nos partenaires, des conditions de retour nécessaires aux personnes déplacées pour qu'elles puissent rentrer dans leurs villages dans la dignité et la sécurité.

Ceci devra désormais être réexaminé au cours de discussions avec les autorités locales et d'autres partenaires. Toutefois, nous nous félicitons de l'engagement du Préfet de Duékoué à prendre des mesures pour sensibiliser les habitants sur la nécessité du rétablissement de la paix et d'accueillir les rapatriés. Une certaine tension demeure entre les partisans du gagnant de l'élection présidentielle, Alassane Ouattara, et ceux de l'ancien Président, Laurent Gbagbo.

La plupart des personnes qui ont fui le camp de Nahibly sont retournées dans leurs villages d'origine ou ont rejoint d'autres installations. Dimanche soir, nous avions organisé 16 convois pour transporter environ 320 personnes de retour dans leurs villages d'origine. Un groupe de 500 personnes déplacées reste dans l'enceinte de la mairie de Duékoué, où les agences humanitaires et la préfecture fourniront de la nourriture et de l'eau en quantité suffisante.

À l'apogée de la crise ivoirienne, environ un million de personnes avaient été déplacées à l'intérieur de leur pays. Il y avait 200 000 réfugiés ivoiriens dans 13 pays, le Libéria, le Ghana et le Togo en ayant accueilli le plus grand nombre. Des centaines de personnes avaient été tuées dans la région de Duékoué.

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Manuel pour la protection des déplacés internes

Dans plus de 50 pays du monde entier, quelque 24 millions de personnes sont déracinées et déplacées dans leur propre pays suite à un conflit ou à des violations des droits de l'homme.

Personnes déplacées internes

Les personnes déplacées fuient en quête de sécurité dans d'autres régions au sein même de leur pays, où ils ont besoin d'une aide.

Côte d'Ivoire : Fuir en quête d'un refuge

Le HCR a exprimé son inquiétude croissante pour les civils pris au piège dans le quartier d'Abobo à Abidjan, la capitale économique de la Côte d'Ivoire, après plusieurs jours de combats violents opposant l'ex-rébellion ivoirienne des Forces nouvelles (FN), alliée à Alassane Ouattara, et les forces du président sortant Laurent Gbagbo. Les perspectives restent sombres. Le quartier d'Abobo comptait 1,5 million d'habitants et beaucoup d'entre eux ont fui. Mais des groupes armés auraient empêché d'autres habitants de quitter le quartier. Le HCR est particulièrement préoccupé pour les personnes vulnérables, comme les malades et les personnes âgées, qui ne peuvent pas partir.

Au total, près de 70 000 réfugiés ivoiriens ont déjà fui vers l'est du Libéria depuis l'élection présidentielle de fin novembre.

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Nouveaux afflux de réfugiés ivoiriens au Libéria

Fin mars, plus de 100 000 réfugiés ivoiriens avaient franchi la frontière vers l'est du Libéria depuis que les tensions politiques latentes liées aux élections présidentielles controversées en Côte d'Ivoire voisine ont tourné à la violence en février. La majorité d'entre eux sont allés vers le département de Nimba au Libéria mais, signe que les combats se sont déplacés, quelque 6 000 Ivoiriens ont récemment traversé la frontière vers le département de Grand Gedeh. La plupart des nouveaux arrivants se sont installés dans des villages reculés - certains inaccessibles en voiture. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a envoyé une mission pour évaluer les besoins des réfugiés dans la région.

La photographe Glenna Gordon a photographié les nouveaux arrivants près de Zwedru dans le sud-est du Libéria.

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Long voyage de retour vers Tombouctou

La guerre a atteint Tombouctou en avril dernier, quand des rebelles touaregs se sont emparés de cette ville antique du nord du Mali. Elle est rapidement tombée sous le contrôle des militants, qui ont commencé à imposer aux habitants une version stricte de la charia. Les femmes ont été forcées de porter le voile en public, des personnes suspectées d'adultère étaient fouettées ou lapidées, des voleurs ont eu les mains coupées et des chambres funéraires centenaires ont été détruites.

Des milliers de personnes ont alors fui Tombouctou et beaucoup ont trouvé refuge dans la capitale malienne, Bamako, au sud du pays. Fatima Nialy, une mère de quatre enfants, s'est jointe au flux des civils se dirigeant vers le sud car elle se sentait prisonnière dans sa propre maison à Tombouctou. A Bamako, elle et ses enfants - dont son bébé d'un mois - ont été pris en charge par des proches. Elle a vécu dans une chambre de la maison de son frère aîné.

En février 2013, peu de temps après que les forces françaises et maliennes aient libéré Tombouctou, Fatima a décidé de rentrer chez elle avec ses enfants. Le photographe Thomas Martinez les a suivis

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Alphonse Gongleba a fui vers le Libéria avec sa famille il y a quelques mois. Il apprécie l'aide qu'il reçoit dans ce pays, voisin de sa Côte d'Ivoire natale.
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Plus de 25 000 civils ivoiriens ont fui en quête de sécurité au Libéria. Le HCR aide les communautés locales à faire face.