Le HCR très préoccupé par l'exode croissant des Syriens

Articles d'actualité, 20 juillet 2012

© AP Photo/Hussein Malla
Une femme syrienne arrive avec sa famille à la frontière libanaise après avoir fui sa maison près de Homs.

GENÈVE, 20 juillet (HCR) Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, a exprimé aujourd'hui sa profonde préoccupation face au nombre important de personnes fuyant la Syrie. « La violence meurtrière ne cesse de s'étendre et je suis très préoccupé par les milliers de civils syriens et de réfugiés qui ont été obligés de fuir », a déclaré António Guterres, qui s'est dit aussi très inquiet pour les dizaines de milliers de réfugiés iraquiens vivant à Damas, la capitale syrienne.

Des milliers de Syriens ont traversé la frontière libanaise jeudi. Entre 8 500 et 30 000 personnes selon différentes sources ont franchi la frontière au cours des dernières 48 heures. Travaillant avec les autorités gouvernementales, le HCR et ses partenaires sont maintenant sur le terrain pour évaluer le nombre de nouveaux réfugiés syriens et établir leur profil ainsi que leurs besoins. Les personnes vulnérables ayant besoin d'une assistance immédiate font l'objet d'une attention particulière.

Avec la situation qui évolue rapidement, il n'est pas possible d'établir le nombre précis de personnes déplacées en Syrie. « En date de la semaine dernière, on estimait qu'un million de personnes pourraient avoir été forcées de fuir à l'intérieur du pays depuis le début du conflit [en mars 2011] », a déclaré Melissa Fleming, porte-parole du HCR, lors d'une conférence de presse à Genève. « Beaucoup de Syriens en général sont à court de ressources et se tournent de plus en plus vers le Croissant-Rouge arabe de Syrie et d'autres organisations pour obtenir une aide. »

Des milliers de réfugiés, pour la plupart iraquiens, vivant principalement à Seida Zeinab, dans la banlieue de Damas, ont fui leurs foyers en raison de la violence et des menaces ciblées des derniers jours. Au moins 2 000 d'entre eux ont trouvé refuge dans les écoles et les parcs du district de Jaramana. Beaucoup de Syriens y ont également trouvé refuge.

« Je crains pour les civils confrontés à la violence à Damas, y compris le grand nombre de réfugiés iraquiens qui y résident », a déclaré le Haut Commissaire. Selon des informations reçues par le HCR, la semaine dernière une famille de réfugiés iraquiens de sept personnes a été retrouvée morte dans son appartement de Damas, tandis que trois autres réfugiés ont été tués par des tirs.

« Malgré le manque de sécurité, le personnel du HCR continue à répondre aux appels et les bureaux de Damas, Alep et Al Hassekeh restent ouverts. Des centaines de réfugiés apeurés ont appelé les bénévoles dans les dernières 24 heures, faisant état de menaces directes et craignant d'être pris dans les combats », a déclaré Melissa Fleming

Le HCR a distribué ces deux derniers jours des aides d'urgence aux réfugiés qui avaient besoin d'argent pour louer des appartements et acheter des articles domestiques de première nécessité lorsque cela était possible. Jeudi, deux cargaisons de matériel d'aide d'urgence été distribuées aux Syriens et aux réfugiés par des bénévoles du Croissant-Rouge arabe syrien à Damas. Ces distributions devraient se poursuivre au cours des prochains jours.

Le HCR en Syrie compte plus de 250 employés nationaux et internationaux travaillant à partir des bureaux de Damas, d'Alep et d'Al Hassakeh. Il y a plus de 88 000 réfugiés iraquiens enregistrés, la plupart vivant à Damas ; on compte aussi quelque 8 000 réfugiés en provenance d'autres pays. Plus de 13 000 Iraquiens ont quitté la Syrie dans la première moitié de 2012, principalement pour retourner chez eux.

Entre temps, le HCR étendra son assistance à 175 000 Syriens (contre 125 000 actuellement). Jusqu'à présent, la grande partie de l'aide fournie par le HCR a été livrée par des bénévoles du Croissant-Rouge arabe syrien à des Syriens vulnérables de Damas, Alep et Al Hassakeh. Le HCR lance également un programme d'aide financière ponctuelle pour 25 000 familles syriennes.

Le HCR et le Croissant-Rouge arabe syrien disposent d'un réseau de 15 entrepôts dans le pays, qui peuvent assurer une disponibilité rapide de l'aide. Le HCR prévoit étendre encore ce réseau dans les prochaines semaines.

La porte-parole du HCR a déclaré que selon les statistiques d'enregistrement du Haut Commissariat pour les réfugiés, « le 18 juillet, 120 000 réfugiés syriens ont trouvé refuge en Jordanie, au Liban, en Iraq et en Turquie ». Elle a ajouté que les estimations gouvernementales sont beaucoup plus élevées.

António Guterres a fait l'éloge des efforts humanitaires déployés par les pays voisins. « Je suis extrêmement reconnaissant envers la Jordanie, le Liban, l'Irak et la Turquie, qui ont maintenu l'ouverture de leurs frontières », a-t-il déclaré.

Beaucoup de nouveaux réfugiés syriens sont entièrement dépendants de l'aide humanitaire ; certains arrivent avec comme seul bagage les vêtements qu'ils portent sur eux et n'ont peu ou pas d'argent après plusieurs mois de chômage. Les besoins de ceux qui sont arrivés plus tôt dans l'année sont également en hausse, car ils ont épuisé leurs économies.

Par ailleurs, les communautés qui soutiennent les réfugiés ressentent de plus en plus de difficultés, car l'infrastructure et les ressources locales sont très sollicitées, en particulier l'eau, le logement, les écoles et les établissements de santé.

Deux semaines après le lancement du Plan d'action régional révisé pour les réfugiés syriens, qui couvre les besoins de sept agences des Nations Unies et de 36 ONG partenaires, seuls 26% des 192 millions de dollars demandés ont été reçus. Le Plan d'action humanitaire pour la Syrie, un appel de fonds interagence géré par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) pour soutenir les Syriens touchés par la violence à l'intérieur de leur pays n'a reçu que 38 des 180 millions de dollars nécessaires.

Par Sybella Wilkes à Genève

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L'histoire de Jihan

Comme des millions d'autres, Jihan, 34 ans, était prête à tout pour échapper à la guerre sévissant en Syrie et pour mettre sa famille en sécurité. Contrairement à la plupart, Jihan est aveugle.

Il y a neuf mois, elle a fui Damas avec Ashraf, son mari âgé de 35 ans, qui est également en train de perdre la vue. Avec leurs deux fils, ils se sont rendus en Turquie par la mer Méditerranée, à bord d'un bateau avec 40 autres personnes. Ils espéraient que le voyage ne durerait huit heures. Ils n'avaient aucune garantie d'arriver sains et saufs.

Après une périlleuse traversée qui aura duré 45 heures, la famille est enfin arrivée à Milos, une île grecque de la mer Egée, à des kilomètres de la destination qui était prévue. Sans aucun soutien ni aucune assistance, ils ont dû se débrouiller pour se rendre à Athènes.

La police les a détenus pendant quatre jours à leur arrivée. On leur a demandé de rester hors d'Athènes, ainsi que trois autres villes grecques, en les laissant à l'abandon.

Démunis et épuisés, la famille a été contrainte de se séparer. Ashraf est parti vers le nord en quête d'asile et Jihan s'est rendue à Lavrion avec ses deux enfants, une installation informelle à une heure de route de la capitale grecque.

Aujourd'hui, Jihan est impatiente de retrouver son mari qui, entre temps, a obtenu le statut de réfugié au Danemark. La chambre qu'elle partage avec ses deux fils, Ahmed, 5 ans, et Mohammad, 7 ans, est minuscule, et elle s'inquiète pour leur éducation. Sans greffe de la cornée, une chirurgie très complexe dont elle a besoin d'urgence, son oeil gauche se fermera à jamais.

« Nous sommes venus ici en quête d'une vie meilleure et pour trouver des personnes qui seraient plus à même de comprendre notre situation », explique-t-elle d'un air triste. « Je suis tellement en colère quand je vois qu'ils ne comprennent pas. »

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Une simple tente pour commencer : un enseignant syrien ouvre une école en Jordanie

Dans la zone semi-rurale de Kherbet Al-Souk, dans la banlieue d'Amman, des réfugiés syriens qui n'avaient pas pu inscrire leurs enfants dans des écoles publiques surpeuplées ont pris les choses en mains. Ils ont ouvert eux-mêmes une petite école dans leur installation spontanée comptant environ 500 réfugiés. Les familles vivaient dans les camps de Za'atri ou d'Al-Aghwar, mais ils ont déménagé pour se rapprocher de leurs proches et accéder aux services essentiels dans la capitale. Assurer l'éducation à tous les enfants réfugiés en Jordanie est difficile pour le gouvernement et ses partenaires, y compris le HCR. Selon les Nations Unies, plus de la moitié de tous les enfants réfugiés syriens en Jordanie ne sont pas scolarisés. A Kherbet Al-Souk, l'école gérée par les réfugiés se compose d'une grande tente où les élèves sont assis à même le sol avec leurs manuels. Ils suivent les cours tous ensemble avec les plus jeunes d'entre eux aux premiers rangs. Avant, ils passaient beaucoup de temps à jouer, mais ils n'apprenaient rien. Un réfugié, Djamal, a décidé de faire quelque chose. Le photographe Shawn Baldwin a rencontré Djamal et s'est rendu dans cette école sous tente. Voici quelques-unes de ses photos.

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Un visage parmi un million d'autres : les difficultés des réfugiés syriens au Liban

Ils sont partout au Liban - un million de réfugiés syriens, dans un pays de 4,8 millions d'habitants. Il n'y a pas de camps de réfugiés au Liban. La plupart des réfugiés louent des appartements, tandis que les autres vivent dans des abris de fortune, des garages, des usines et des prisons. Trois ans après le début de la crise en Syrie, le Liban est devenu le pays au monde hébergeant la plus forte densité de réfugiés par habitant. Le Liban tente de faire face. Le montant des loyers a grimpé en flèche, les logements se font rares ; le prix des denrées augmente. Pendant ce temps, une génération pourrait être sacrifiée. La moitié des réfugiés syriens sont des enfants ; la plupart ne vont pas à l'école. Beaucoup travaillent pour aider leurs familles à survivre. Certains se marient jeunes, d'autres mendient pour gagner un peu d'argent. Pourtant, ils ont tous les mêmes rêves d'éducation.

Dans la ville de Tripoli, au nord du Liban, beaucoup de Syriens vivent dans le district d'Al Tanak, surnommé « Tin City » (« ville de tôle »). Longtemps habité par les populations pauvres de la ville, ce quartier est désormais une banlieue surréaliste - des tas d'ordures d'un côté, une grande roue de l'autre. Les habitants cohabitent avec les rats. « Ils sont gros comme des chats », déclare l'un d'eux. « Ils n'ont pas peur de nous, c'est nous qui avons peur d'eux ».

La photo-journaliste plusieurs fois primée, Lynsey Addario, a visité la « ville de tôle » et d'autres régions du Liban avec le HCR pour montrer les visages et faire connaître les souffrances des Syriens dans le monde. A travers ses publications dans le New York Times et National Geographic, Lynsey Addario a mis en lumière les victimes des conflits et les violations des droits dans le monde, en particulier les femmes.

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Liban: Afflux de réfugiés syriens à ArsalPlay video

Liban: Afflux de réfugiés syriens à Arsal

L'afflux est important pour Arsal, une ville libanaise qui tente de faire face. Des abris d'urgence ont été installés dans tous les espaces disponibles de la ville. Les autorités locales, le HCR et ses partenaires font leur possible pour gérer l'afflux des réfugiés.
Réfugiés syriens : L'attente à LampedusaPlay video

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L'année dernière, plus de 13 000 personnes sont arrivées à Lampedusa en Italie. Beaucoup d'autres sont mortes durant la tentative de traversée. De jeunes hommes originaires du continent africain aux familles syriennes…. Tous partagent le même rêve…. de sécurité et de stabilité en Europe.
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Plus de 10 000 réfugiés syriens ont afflué vers la ville d'Akcakale au sud de la Turquie. Akcakale est une ville de 30 000 habitants, qui est désormais voisine d'un camp de plus de 30 000 réfugiés syriens qui sont arrivés en quête de sécurité.