Les réfugiés somaliens se préparent à un exil prolongé en Ethiopie

Articles d'actualité, 2 juillet 2012

© HCR/J.Ose
Une famille de réfugiés somaliens arrive au camp de Bur Amino en Ethiopie, après un long voyage depuis sa maison.

CAMP de BUR AMINO, Ethiopie, 2 juillet (HCR) Quand Amina* a vu pour la première fois la tente qui venait de lui être allouée pour elle et sa famille dans le camp de réfugiés de Bur Amino au sud-est de l'Ethiopie, elle a réalisé que ce pourrait bien être sa maison pour longtemps. « Je dois m'habituer à ce nouvel environnement et accepter que ma nouvelle vie soit la vie d'une réfugiée », a expliqué récemment au HCR cette Somalienne âgée de 20 ans, mère de deux enfants.

Elle a défait les paquets contenant ses récipients, les seules possessions qu'elle a emportées depuis sa maison située près de Berdale dans la région de Bay, au sud de la Somalie : « Je dois cuisiner et nourrir mes enfants ainsi que mon frère et ma sœur », a-t-elle déclaré. Elle a reçu le lendemain des matelas, des ustensiles de cuisine, des moustiquaires de la part du HCR ainsi que sa première ration d'aide alimentaire de la part de l'ARRA (Service de l'Administration éthiopienne chargé des affaires concernant les réfugiés et rapatriés) et du Programme alimentaire mondial. Ce soir-là, la famille recevait un repas chaud.

« Nous avons de la chance d'avoir survécu l'année dernière », a expliqué Amina, avant d'ajouter : « J'ai vu tellement de gens mourir de faim dans mon village. » Elle fait référence aux victimes de la pire sécheresse qui ait jamais frappé la Somalie depuis plus d'un siècle, qui a causé d'importantes pertes en vie humaine et qui a forcé environ 300 000 personnes à fuir la Somalie l'année dernière.

La situation était aggravée par la violence qui dévaste la Somalie depuis plus de deux décennies et qui continue à déraciner des personnes. Au camp de réfugiés de Bur Amino, le HCR monte environ 300 nouvelles tentes par semaine et construit également des latrines ainsi que des systèmes de distribution d'eau, pour couvrir les besoins des nouveaux arrivants.

Le HCR et les autorités éthiopiennes ont convenu d'agrandir le camp qui a été ouvert il y a six mois pour qu'il ait une capacité d'accueil de plus de 25 000 personnes, tout en finalisant la sélection d'un site pour ouvrir un sixième camp dans la zone de Dollo Ado, où sont déjà hébergés 157 000 réfugiés somaliens. Beaucoup parmi les nouveaux arrivants viennent avec toutes leurs possessions, y compris les ânes et le bétail. Ils disent que d'autres membres de leur famille et les voisins prévoient de venir aussi.

En début de journée, Amina, et sa famille semblaient être vulnérables et perdus. Ils étaient assis sur un banc en bois dans la ville de Dollo Ado et attendaient qu'un bus les emmène 20 kilomètres plus loin, depuis la zone frontalière vers Bur Amino. Elle transportait son plus jeune enfant, Abdul*, un bébé de cinq mois, sur le dos dans une étoffe porte-bébé traditionnelle, tout en tenant par la main sa fille Nhala*, âgée de six ans. Le frère et la sœur d'Amina, Mohamed*, 12 ans, et Sahla*, sept ans, étaient assis près d'elle sur le banc.

Elle a déclaré qu'elle avait dû venir à Dollo Ado car la vie était devenue vraiment trop difficile et trop dangereuse, tout spécialement après que sa région natale soit tombée sous le contrôle d'une milice strictement conservatrice. Ce groupe anti-gouvernemental avait imposé des taxes et des restrictions qui rendaient tout simplement impossible de mener une vie normale et de pratiquer un commerce.

Amina se rappelle du jour où la famille n'avait rien eu à manger car elle avait trop peur de quitter sa maison et de se rendre au marché. Ses enfants, son frère et sa sœur avaient attrapé la diarrhée car ils avaient été forcés de boire l'eau contaminée provenant d'une source locale. En plus de cette situation désastreuse, les miliciens refusaient toute aide humanitaire dans le village.

Il lui a fallu prendre la difficile décision de quitter le village. C'était là que la jeune fille était née, s'était mariée à l'âge de 13 ans et avait fondé sa propre famille. C'était tout son univers, mais les pénuries d'eau et de vivres ainsi que les risques sanitaires mettaient en danger la vie des habitants, et tout spécialement les enfants.

Les enfants étaient confrontés également à un autre danger le recrutement forcé. Des réfugiés somaliens à Dollo Ado disent que les jeunes garçons âgés de huit ans et au-delà étaient menacés. « De jeunes garçons sont enlevés et ils sont entraînés pour être des soldats », a indiqué un réfugié au centre de transit de Dollo Ado.

Amina a commencé le voyage vers la frontière à la mi-juin dans un véhicule de location, suivant l'exemple de milliers d'autres Somaliens qui ont trouvé la sécurité, un abri et de l'assistance dans l'ouest de l'Ethiopie. Beaucoup sont très démunis, au point qu'ils doivent effectuer le voyage à pied. Dans son groupe se trouvait Hassan, 13 ans, un proche d'un village voisin dont les parents avaient peur qu'il ne soit forcé à devenir un enfant soldat s'il restait en Somalie.

Pour financer le dangereux voyage, Amina a vendu plusieurs chèvres, un bien précieux. Elle a expliqué que lorsqu'elle avait quitté le village, elle était inquiète de ce qu'elle pourrait trouver en chemin. « Les gens voyagent en groupe » pour mieux se protéger des attaques menées par des groupes de militants, a-t-elle expliqué.

Amina semblait soulagée lorsqu'elle a rencontré des membres du personnel du HCR après avoir traversé la frontière. Elle est restée pendant quelques jours dans un centre de transit, où elle a reçu de la nourriture, des cartes de rationnement et des soins médicaux avant d'embarquer dans un bus pour le camp de Bur Amino. Le HCR et ses partenaires prendront en charge la famille, qui est considérée comme étant particulièrement vulnérable, mais la vie ne sera jamais plus la même pour Amina et ses proches.

Le Représentant du HCR en Ethiopie, Moses Okello, a rendu hommage aux autorités éthiopiennes qui assurent protection et assistance aux nouveaux arrivants et il a promis de continuer à appuyer cet effort. Toutefois, il a ajouté que la solution « réside dans la recherche d'un règlement durable au conflit en Somalie. »

* Noms fictifs pour des raisons de protection

Par Natalia Prokopchuk au camp de Buramino, Ethiopie

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Le rythme d'arrivée des réfugiés somaliens au Kenya est alarmant

Les trois camps de Dadaab, dont la capacité d'accueil était initialement prévue pour 90 000 personnes, comptent désormais une population d'environ 250 000 civils somaliens, ce qui fait de ce complexe accueillant des réfugiés l'un des plus grands et des plus surpeuplés au monde. Le HCR craint l'arrivée de dizaines de milliers d'autres réfugiés en 2009 dans cette région isolée située au nord-est du Kenya, alors que la situation continue à se détériorer dans leur pays en proie à des troubles.

Les ressources, comme l'eau et la nourriture, se réduisent dangereusement dans les camps surpeuplés, avec parfois 400 familles se partageant l'usage d'un robinet d'eau. Il n'y a plus de place pour monter de nouvelles tentes, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

Début 2009, le Gouvernement kényan a donné son accord pour allouer des terres supplémentaires à Dadaab, ce qui permettra d'héberger quelque 50 000 réfugiés. Les photos ci-après montrent les conditions de vie dans le camp de Dadaab en décembre 2008.

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Nouvelles arrivées en Ethiopie

La contrée isolée de Dolo Ado devient le refuge de quelque 10 000 Somaliens fuyant la violence dans leur pays.

Depuis le début de l'année, environ 10 000 Somaliens ont traversé la frontière en quête de refuge et ils sont arrivés à Dolo Ado, un lieu isolé, brûlé par le soleil et situé au sud-est de l'Ethiopie - où les habitants sont majoritairement de l'ethnie somali. La plupart ont fui l'insécurité après le retrait des troupes éthiopiennes du centre et du sud de la Somalie et la reprise de ces régions par des insurgés. Au pic de l'afflux au début du mois de février 2009, quelque 150 personnes franchissaient la frontière chaque jour. En réponse à cette situation, une équipe d'urgence du HCR a été envoyée sur place pour aider à gérer un centre de transit à Dolo Ado. De plus, le HCR a fait parvenir des convois contenant des articles de secours, y compris des moustiquaires, des couvertures, des jerrycans, des batteries d'ustensiles de cuisine et des bâches en plastique. Les efforts humanitaires sont coordonnés avec d'autres agences des Nations Unies et des ONG pour assurer que les besoins sont satisfaits. Bien que de nombreux Somaliens déplacés à l'intérieur du sud et du centre de la Somalie ont commencé à rentrer, principalement vers Mogadiscio, de nombreux Somaliens restent à Dolo Ado car ils ont besoin de protection. Etant donné les faibles perspectives de rapatriement dans un avenir proche, un nouveau camp est actuellement en cours de préparation et les cas des réfugiés sont maintenant examinés.

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Kenya : largages aériens pour les camps de réfugiés affectés par les inondations

Ce week-end, l'UNHCR a commencé, avec l'aide de l'armée américaine, le largage aérien d'urgence d'environ 200 tonnes de biens de secours destinés aux milliers de réfugiés affectés par de graves inondations dans les camps de réfugiés de Dadaab au nord du Kenya.

Ces largages aériens offrent un spectacle impressionnant. Un avion cargo C-130 a largué, à chaque rotation, 16 tonnes de bâches en plastique, de moustiquaires, de tentes et de couvertures, au-dessus d'un site préalablement évacué de toute présence humaine et animale. Des réfugiés ont ensuite chargé le matériel dans des camions pour l'acheminer vers les camps.

Dadaab, un complexe de trois camps accueillant quelque 160 000 réfugiés, principalement originaires de Somalie, a été coupé du monde par un mois de fortes pluies qui ont emporté la seule route permettant de relier les camps isolés depuis la capitale kenyane, Nairobi. Le transport aérien s'est avéré la seule solution pour faire parvenir les secours vers les camps.

L'UNHCR a transféré 7 000 réfugiés parmi les plus touchés depuis Ifo vers le camp d'Hagadera, à quelque 20 kilomètres plus loin. 7 000 autres réfugiés ont été transférés vers un nouveau site, appelé Ifo 2, situé plus en altitude.

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