Le HCR est alarmé par la fragile situation de sécurité dans l'Etat de Rakhine

Points de presse, 22 juin 2012

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 22 juin 2012 au Palais des Nations à Genève.

Nous sommes très préoccupés par les informations que nous recevons sur les tensions et la fragile situation de sécurité dans les zones affectées par les récentes violences dans l'Etat de Rakhine. Même si la situation apparaît calme, nous recevons toujours des informations faisant état de violences et de nouveaux déplacements de populations.

Dans les jours à venir, toute personne fuyant la situation au Myanmar ou refoulée sera également confrontée à la dangerosité de la mer agitée, avec une houle atteignant trois ou quatre mètres de hauteur dans la partie du nord du golfe du Bengale.

Parallèlement, l'aide du HCR arrive auprès des communautés affectées après que nous ayons redéployé une équipe vers Sittwe pour en compléter une autre qui était restée dans l'Etat de Rakhine malgré les récents événements.

Le nombre des personnes qui auraient été affectées par la violence continue de croître, avec les toutes dernières estimations officieuses citant un nombre de près de 90 000 personnes, y compris des personnes déplacées et celles qui ont trop peur de quitter leur maison. Selon les premières estimations, beaucoup pourraient rester déplacés pour trois mois ou plus longtemps.

On compte désormais plus de 70 sites accueillant des personnes déplacées, y compris des camps et des monastères. Notre personnel qui s'est rendu dans les camps pour les deux communautés déplacées à Sittwe a trouvé des enfants, des femmes, des personnes âgées et des hommes dormant à même le sol, et ayant désespérément besoin de toile de bâche goudronnée, de couvertures et de moustiquaires. Nous sommes également préoccupés par le risque d'épidémies résultant des faibles ressources en eau potable et des systèmes d'assainissement inexistants à une période de lourdes précipitations.

Nous avons déjà distribué des couvertures, des ustensiles de cuisine, des bâches en plastique et des moustiquaires à plus de 4500 personnes depuis nos stocks de Maungdaw et Buthidaung. Des camions avec du matériel similaire pour 9000 autres personnes sont en route vers l'Etat de Rakhine. Les premiers d'entre eux devraient arriver à Sittwe dimanche. Nous souhaiterions souligner que nous distribuons de l'aide de manière impartiale en fonction des besoins et seulement en fonction des besoins, quels que soient le contexte et l'origine des victimes des récents troubles.

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Les déplacés tentent de survivre dans l'Etat de Rakhine au Myanmar

Une crise humanitaire s'est développée dans l'Etat de Rakhine au Myanmar, où quelque 115 000 personnes ont désespérément besoin d'aide après avoir été déplacées au cours de deux vagues de violence intercommunautaire successives en juin et en octobre 2012. Les personnes déplacées, dont la plupart sont des Rohingyas, ont trouvé refuge dans des camps provisoires et d'autres restent dispersées à travers l'Etat, vivant étroitement surveillées dans leurs villages détruits. Les conditions sont difficiles : les camps sont surpeuplés et certains sont même dépourvus d'installations d'assainissement, alors que de nombreux villages sont totalement détruits et ne disposent que de faibles ressources en eau. Dans l'un des villages, plus de 32 familles vivaient ensemble sous seulement deux grandes tentes. Les enfants n'ont pas accès à l'éducation. Les nouveau-nés et les personnes âgées sont très vulnérables en raison d'une pénurie de centres de soins. Le HCR distribue des articles de secours et travaille avec les autorités ainsi que les partenaires pour améliorer les conditions de vie dans les camps. Mais une aide internationale est nécessaire.

Les déplacés tentent de survivre dans l'Etat de Rakhine au Myanmar

Rapatriés au Myanmar

Au début des années 90, plus de 250 000 Rohingyas musulmans traversèrent la frontière du Myanmar pour venir se réfugier au Bangladesh, mettant en cause des violations de droits humains perpétrés par le gouvernement militaire de leur pays. En exil, ils furent accueillis dans une vingtaine de camps situés dans la région de Cox's Bazaar au Bangladesh. Plus de 230 0000 de ces réfugiés sont rentrés chez eux depuis 1992, mais il en subsiste encore environ 22 000 dans les camps. L'UNHCR travaille en collaboration avec des ONG pour garantir la stabilité dans les communautés de rapatriés, en les aidant à se réintégrer au mieux dans leur pays. L'UNHCR fournit une présence itinérante sur le terrain, assure la protection et la sécurité des rapatriés et offre enfin des programmes d'éducation primaire et pour adultes, des projets générateurs de revenus et des formations professionnelles.

Rapatriés au Myanmar

Réfugiés du Myanmar

Au cours des derniers mois, plus de 2 000 réfugiés originaires du Myanmar sont arrivés dans le nord de la Thaïlande. Ils disent fuir la reprise du conflit et les violations des droits humains dans l'Etat de Kayin au Myanmar. Les réfugiés, qui appartiennent principalement à l'ethnie Karen, disent que leurs maisons et leurs villages ont été brûlés et que des civils ont été tués. Beaucoup sont en très mauvaise santé et souffrent de maladies telles que le paludisme après un voyage long et dangereux vers les camps à travers des zones extrêmement minées. Les réfugiés arrivent dans des camps gérés par le gouvernement, principalement dans la région de Mae Hong Son, au nord de la Thaïlande.

L'UNHCR travaille avec le gouvernement thaïlandais et les organisations non gouvernementales pour s'assurer que les nouveaux arrivants sont admis dans les camps et qu'ils reçoivent l'hébergement et la protection adéquats. L'hébergement est une préoccupation majeure car certains camps de réfugiés sont surchargés. Lors d'une réunion à la mi-mai, les autorités thaïlandaises ont donné leur accord pour la construction de maisons en matériaux plus résistants afin d'y installer les nouveaux arrivants.

Actuellement 140 000 réfugiés originaires du Myanmar vivent en Thaïlande dans neuf camps situés près de la frontière, beaucoup d'entre eux sont là depuis plus de 20 ans.

Septembre 2006

Réfugiés du Myanmar

Inde : Jeune et seulePlay video

Inde : Jeune et seule

Ni Ang, âgée de 16 ans, parcourt le marché de nuit à Delhi pour trouver de la nourriture pour elle et ses trois frères et soeurs. Ces enfants non accompagnés luttent pour leur survie en Inde après avoir fui leur village au Myanmar.