Un nouveau pont aérien du HCR pour venir en aide aux réfugiés soudanais dans l'Etat du Haut Nil

Points de presse, 19 juin 2012

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 19 juin 2012 au Palais des Nations à Genève.

Durant le week-end, le HCR a débuté un nouveau pont aérien afin d'acheminer du matériel d'urgence pour les réfugiés qui se trouvent dans l'Etat du Haut Nil au Soudan du Sud. Du matériel d'aide est transporté à bord d'un avion-cargo, effectuant plusieurs rotations, et il sera distribué à 50 000 réfugiés qui ont fui le conflit, et les pénuries alimentaires qui en résultent, dans l'Etat du Nil bleu au Soudan.

Depuis samedi, un avion-cargo Iliouchine 18 spécialement affrété par le HCR effectue deux rotations par jour pour acheminer des articles de secours essentiels depuis Juba vers Paloich, via une piste d'atterrissage dont le HCR a récemment négocié l'accès. L'aéroport de Paloich est situé à 90 kilomètres par la route depuis l'installation de réfugiés de Jammam et à 150 kilomètres de l'installation de Doro. L'installation de Yusuf Batil est située entre celles de Jammam et de Doro.

Les articles de secours incluent des ustensiles de cuisine, des couvertures, du savon, des bâches en plastique, des matelas, des jerrycans et des moustiquaires. Nous acheminons également des équipements pour forer de nouveaux puits, afin d'accroître le volume d'eau potable, qui est très limitée dans cette région.

Avec le nouveau pont aérien, le HCR espère accélérer la livraison de ce matériel essentiel. Les routes sont peu praticables et leur état s'est encore dégradé à cause des pluies, qui sont à l'origine de retards considérables dans les opérations de transport par la route sur de longues distances.

Le 20 décembre 2011, le HCR avait débuté un pont aérien entre Nairobi et Juba, ce qui avait permis d'acheminer, en un mois, suffisamment de matériel d'aide humanitaire pour couvrir les besoins des réfugiés arrivés au Soudan du Sud depuis les Etats du Sud-Kordofan et du Nil bleu. Il y avait suffisamment de matériel jusqu'à la nouvelle vague de violences survenue ces deux derniers mois. Avec l'afflux croissant, le HCR a établi de nouvelles voies d'approvisionnement via l'Ethiopie. Nous utilisons également des barges sur le Nil.

Du fait de la dégradation des conditions sécuritaires et humanitaires dans les Etats du Sud-Kordofan et du Nil bleu, un nombre croissant de Soudanais cherchent refuge au Soudan du Sud. Leur nombre excède de loin les prévisions initiales. Dans l'Etat du Haut Nil par exemple, nous avions prévu l'arrivée de 75 000 réfugiés mais on compte désormais environ 105 000 personnes qui ont traversé la frontière depuis l'Etat du Nil bleu.

Plus au sud, dans l'Etat d'Unity au Soudan du Sud, l'installation de réfugiés à Yida compte actuellement plus de 55 000 réfugiés. Il y a 15 000 personnes de plus qu'il y a un mois et nous prévoyons d'acheminer du matériel supplémentaire pour eux depuis Juba. Les nouveaux arrivants s'installent sur des terrains qui, selon les autorités, servent de pâturage pour le bétail, une source de préoccupation pour la communauté locale. Le HCR est également préoccupé par la proximité de cette zone avec la frontière. Le HCR travaille avec les communautés locales et les représentants de réfugiés pour favoriser de bonnes relations. Nous envoyons également un planificateur de site à Yida pour venir en aide aux nouveaux arrivants.

Parallèlement, en Ethiopie, les nouveaux arrivants de l'Etat du Nil bleu au Soudan sont enregistrés dans la région de Benishangul Gumuz. A ce jour, 36 527 réfugiés sont accueillis dans la zone. Nous procédons actuellement au transfert des réfugiés soudanais vers le camp nouvellement ouvert de Bambasi, avec l'aide de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). A ce jour, environ 1 500 réfugiés ont été transférés vers Bambasi depuis le centre de transit de Ad-Damazin.

Notre objectif est de transférer l'ensemble des 14 000 réfugiés depuis le centre de transit d'Ad-Damazin, et ce au rythme de 2 000 personnes par semaine. Contrairement à Ad-Damazin, Bambasi se situe à une distance suffisante de la frontière entre l'Ethiopie et le Soudan. Le site dispose également d'importantes ressources en eau et d'espaces communautaires. Bambasi a une capacité d'accueil de 20 000 personnes.

Depuis juin 2011, près de 200 000 Soudanais ont été forcés à fuir le Soudan du Sud et l'Ethiopie.

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L'UNHCR et ses partenaires continuent de former et de rémunérer les instituteurs au sein des 12 camps de réfugiés, assurant ainsi une éducation de qualité aux enfants réfugiés. Les ONG partenaires entretiennent les écoles et fournissent les uniformes aux écoliers. L'UNICEF distribue des livres, des cahiers et des fournitures. En août 2007, l'UNHCR, l'UNICEF et le Ministère de l'éducation tchadien ont travaillé conjointement pour améliorer l'éducation des Soudanais déracinés par le conflit au Darfour.

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Crise sanitaire au Soudan du Sud

Quelque 105 000 réfugiés se sont regroupés dans le Comté de Maban, au Soudan du Sud. De graves risques pèsent sur la santé de nombre d'entre eux. Le HCR et ses partenaires travaillent d'arrache-pied pour prévenir et contenir l'épidémie de paludisme et plusieurs maladies hydriques.

La plupart des réfugiés, notamment les enfants et les personnes âgées, sont arrivés très affaiblis dans les camps. Or, les pluies incessantes ont tendance à exacerber la situation, les flaques d'eau se transformant vite en foyer d'incubation de moustiques porteurs du paludisme. Qui plus est, un simple rhume suffit pour que l'état de malnutrition modérée dont souffrent les enfants et personnes âgées se transforme en malnutrition sévère.

C'est dans le camp de Yusuf Batil, dans le Comté de Maban, que la situation se fait la plus critique puisque 15 % des enfants de moins de cinq ans y souffrent de malnutrition aiguë.

Le HCR et ses partenaires font tout leur possible pour prévenir et lutter contre la maladie. Dans le camp de Yusuf Batil, 200 professionnels de la santé des communautés vont de foyer en foyer afin d'enseigner aux réfugiés les règles d'hygiène de base, telles que la nécessité de se laver les mains ou encore comment reconnaître les signes de maladie. S'ils en ont besoin, les enfants reçoivent des aliments nutritifs tels que des Plumpy'nut. Un hôpital spécialisé dans le traitement de patients atteints du choléra a d'ailleurs ouvert ses portes. Parallèlement, des moustiquaires ont été distribuées dans tous les camps à des fins de prévention du paludisme.

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