Le Bangladesh doit faire preuve de sa traditionnelle hospitalité envers les ressortissants du Myanmar

Articles d'actualité, 15 juin 2012

© HCR/K.McKinsey
Un jeune garçon originaire de l'Etat du Nord-Rakhine au Myanmar dans un camp de réfugiés au Bangladesh.

GENÈVE, 15 juin (HCR) Le HCR a fait part vendredi de sa profonde préoccupation sur le sort des personnes fuyant l'Etat de Rakhine au Myanmar et l'institution a appelé le Bangladesh à assurer leur sécurité et à leur offrir un abri.

« Le HCR reconnaît que, pendant des années, le Bangladesh a supporté la charge du déplacement forcé généré par de précédentes crises au Myanmar. Les tout derniers événements posent de nouveaux défis et le HCR espère que le Bangladesh agira fidèlement à sa longue tradition de solidarité et de compassion », peut-on lire dans un communiqué de presse publié à Genève.

Des personnes fuient le Myanmar pour échapper à la violence qui a éclaté la semaine dernière entre différentes communautés dans l'Etat de Rakhine. Selon le communiqué de presse, le HCR « a entendu des témoignages plausibles et concordants sur des bateaux provenant du Myanmar qui n'ont pas pu rentrer dans les eaux territoriales bangladaises. Selon ces informations, des femmes, des enfants et des blessés se trouvent à bord de ces bateaux. »

Selon ces témoignages, plusieurs bateaux dérivent également dans l'embouchure du fleuve Naf, qui marque la frontière entre le Bangladesh et le Myanmar. Selon le HCR, « des personnes désespérées sont à bord, elles ont besoin d'eau, de vivres et de soins médicaux. Il est essentiel que ces personnes puissent accéder à un lieu sûr et à un abri. »

Parallèlement, le HCR suit étroitement les développements de la situation dans l'Etat de Rakhine au Myanmar, où la situation reste fragile. Mercredi et jeudi, une équipe de représentants des Nations Unies au Myanmar, y compris du HCR, ont accompagné le Ministre chargé des affaires frontalières dans les zones affectées par les récents soulèvements.

« Selon les premières constatations, la situation de sécurité dans les régions affectées est tendue. Les efforts du gouvernement continuent pour restaurer l'Etat de droit », peut-on encore lire dans le communiqué de presse. Les équipes des Nations Unies se sont rendues dans plusieurs localités des zones affectées par la violence et elles ont vu plusieurs villages brûlés.

« Compte tenu du niveau de destruction observé dans la région, nous estimons que le déplacement de population et les besoins pourraient être considérables », a indiqué le communiqué de presse. Selon les autorités du Myanmar, environ 30 000 personnes sont déplacées et ont besoin de vivres, d'abri et de soins médicaux.

« J'espère que le calme va bientôt se rétablir au Myanmar pour que les personnes affectées par la violence puissent recevoir l'assistance dont elles ont besoin et que le travail vital pour reconstruire les relations entre les communautés puisse commencer », a indiqué Erika Feller, la Haut Commissaire assistante du HCR en charge de la protection. « Le HCR espère reprendre très bientôt ses activités dans la région affectée pour venir en aide à toutes les communautés... et [que] les personnes déracinées puissent retourner chez elles et commencer à reconstruire leur vie. »

Le HCR juge encourageantes les déclarations des hauts représentants du Myanmar du Président Thein Sein et de ses collaborateurs visant à désamorcer les violences et à appeler au calme, à la patience et à la retenue, ainsi qu'à un effort de réconciliation collective. Le HCR se tient prêt à fournir une assistance et à appuyer le gouvernement et le peuple du Bangladesh ainsi que ceux du Myanmar pour répondre à la crise humanitaire qui se développe actuellement.

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Les déplacés tentent de survivre dans l'Etat de Rakhine au Myanmar

Une crise humanitaire s'est développée dans l'Etat de Rakhine au Myanmar, où quelque 115 000 personnes ont désespérément besoin d'aide après avoir été déplacées au cours de deux vagues de violence intercommunautaire successives en juin et en octobre 2012. Les personnes déplacées, dont la plupart sont des Rohingyas, ont trouvé refuge dans des camps provisoires et d'autres restent dispersées à travers l'Etat, vivant étroitement surveillées dans leurs villages détruits. Les conditions sont difficiles : les camps sont surpeuplés et certains sont même dépourvus d'installations d'assainissement, alors que de nombreux villages sont totalement détruits et ne disposent que de faibles ressources en eau. Dans l'un des villages, plus de 32 familles vivaient ensemble sous seulement deux grandes tentes. Les enfants n'ont pas accès à l'éducation. Les nouveau-nés et les personnes âgées sont très vulnérables en raison d'une pénurie de centres de soins. Le HCR distribue des articles de secours et travaille avec les autorités ainsi que les partenaires pour améliorer les conditions de vie dans les camps. Mais une aide internationale est nécessaire.

Les déplacés tentent de survivre dans l'Etat de Rakhine au Myanmar

Rapatriés au Myanmar

Au début des années 90, plus de 250 000 Rohingyas musulmans traversèrent la frontière du Myanmar pour venir se réfugier au Bangladesh, mettant en cause des violations de droits humains perpétrés par le gouvernement militaire de leur pays. En exil, ils furent accueillis dans une vingtaine de camps situés dans la région de Cox's Bazaar au Bangladesh. Plus de 230 0000 de ces réfugiés sont rentrés chez eux depuis 1992, mais il en subsiste encore environ 22 000 dans les camps. L'UNHCR travaille en collaboration avec des ONG pour garantir la stabilité dans les communautés de rapatriés, en les aidant à se réintégrer au mieux dans leur pays. L'UNHCR fournit une présence itinérante sur le terrain, assure la protection et la sécurité des rapatriés et offre enfin des programmes d'éducation primaire et pour adultes, des projets générateurs de revenus et des formations professionnelles.

Rapatriés au Myanmar

Réfugiés du Myanmar

Au cours des derniers mois, plus de 2 000 réfugiés originaires du Myanmar sont arrivés dans le nord de la Thaïlande. Ils disent fuir la reprise du conflit et les violations des droits humains dans l'Etat de Kayin au Myanmar. Les réfugiés, qui appartiennent principalement à l'ethnie Karen, disent que leurs maisons et leurs villages ont été brûlés et que des civils ont été tués. Beaucoup sont en très mauvaise santé et souffrent de maladies telles que le paludisme après un voyage long et dangereux vers les camps à travers des zones extrêmement minées. Les réfugiés arrivent dans des camps gérés par le gouvernement, principalement dans la région de Mae Hong Son, au nord de la Thaïlande.

L'UNHCR travaille avec le gouvernement thaïlandais et les organisations non gouvernementales pour s'assurer que les nouveaux arrivants sont admis dans les camps et qu'ils reçoivent l'hébergement et la protection adéquats. L'hébergement est une préoccupation majeure car certains camps de réfugiés sont surchargés. Lors d'une réunion à la mi-mai, les autorités thaïlandaises ont donné leur accord pour la construction de maisons en matériaux plus résistants afin d'y installer les nouveaux arrivants.

Actuellement 140 000 réfugiés originaires du Myanmar vivent en Thaïlande dans neuf camps situés près de la frontière, beaucoup d'entre eux sont là depuis plus de 20 ans.

Septembre 2006

Réfugiés du Myanmar

Inde : Jeune et seulePlay video

Inde : Jeune et seule

Ni Ang, âgée de 16 ans, parcourt le marché de nuit à Delhi pour trouver de la nourriture pour elle et ses trois frères et soeurs. Ces enfants non accompagnés luttent pour leur survie en Inde après avoir fui leur village au Myanmar.