Parmi les réfugiés des montagnes Nuba au Soudan, des enfants en état de malnutrition

Articles d'actualité, 24 mai 2012

© HCR/V.Tan
A Yida, des enfants en état de malnutrition se trouvent parmi les nouveaux arrivants des montagnes Nuba au Soudan.

YIDA, Soudan du Sud, 23 mai (HCR) Chaque jour, des réfugiés arrivent par camions entiers dans la région frontalière de Yida au Soudan du Sud depuis les montagnes Nuba (Soudan) toutes proches. Parmi eux, on compte de nombreux enfants en état de malnutrition.

Obama, deux ans, est beaucoup plus petit qu'il ne devrait l'être à son âge. Sa famille a marché pendant deux jours depuis Mongolo pour atteindre la frontière, d'où ils ont été transportés en camion à quelques kilomètres de là, jusqu'à Yida dans l'État d'Unity au Soudan du Sud. Avec des bagages, des sacs, des cadres de lit et des marmites, Obama est déchargé du camion et passe dans les bras qui l'attendent au centre d'enregistrement du HCR pour les nouveaux arrivants.

« Les antonovs [avions de guerre] ne cessent de nous survoler », explique sa tante Madina, 13 ans, tandis que le bébé trop petit pour son âge s'accroche à elle. « Il n'y a pas de nourriture à Mongolo. Nous mangions des fruits sauvages. »

Forcés de fuir les conflits et la faim, l'histoire de ces réfugiés est de plus en plus courante parmi les nouveaux arrivants à Yida. « Il a plu dans le village, mais les combats incessants nous ont empêchés de cultiver le maïs, le sorgho, l'arachide et le sésame. Les gens cueillaient de quoi manger dans les arbres et les arbustes », explique Abdulrahim Kwah, un fermier de 32 ans qui est arrivé il y a un mois depuis le village de Shat.

Ces deux dernières semaines, des enfants souffrant de malnutrition sont arrivés à Yida en nombre croissant. Pour remédier d'urgence à ce problème, tous les nouveaux arrivants âgés de six mois à cinq ans sont emmenés au centre d'examens médicaux géré par l'ONG Samaritan's Purse. Les enfants y sont alors pesés et mesurés, on contrôle également la longueur et la circonférence de la partie supérieure de leur bras pour détecter les cas de malnutrition. Les enfants reçoivent des biscuits énergétiques et ceux souffrant de malnutrition aiguë sont envoyés au centre de nutrition pour y être traités.

Le personnel du centre d'examens médicaux dresse un aperçu de la situation en matière de malnutrition. Lors d'une journée avec 105 enfants examinés, 16 souffraient de malnutrition modérée et 5 de malnutrition aiguë.

La sœur d'Abdulrahim, Kaltum, 16 ans, est arrivée il y a trois jours avec ses quatre enfants. Son plus jeune enfant a le ventre gonflé et la peau des fesses plissée. Comme tous les nouveaux arrivants, la famille a reçu un sac de rations alimentaires d'urgence que cette mère toute menue chaussée de tongs a transporté sur sa tête, la démarche rapide suivie de ses enfants.

Kaltum a fui sans son mari, mais elle a eu la chance de trouver un soutien familial à Yida. Sa mère et ses frères et sœurs ont été séparés dans la confusion des combats, et sont arrivés à différents moments par plusieurs chemins. Trois membres de sa famille ont été tués dans une embuscade sur le trajet et d'autres ont été enlevés. Nul ne sait ce qu'il est advenu d'eux.

Cet exemple souligne l'inquiétude des agences humanitaires qui estiment que l'installation de Yida est située trop près de la frontière contestée et ne devrait pas abriter de réfugiés. Néanmoins, les travailleurs humanitaires continuent de fournir une assistance de base au site de transit, tout en tentant de relocaliser les réfugiés qui souhaitent poursuivre leur progression vers l'intérieur du pays.

Lors d'un enregistrement plus détaillé des nouveaux arrivants à Yida, le personnel du HCR leur distribue des bons du Programme alimentaire mondial pour des rations alimentaires d'un mois, contenant de l'huile, du maïs, du sel et parfois des haricots. Avec l'aide des représentants des réfugiés, le personnel de l'agence pour les réfugiés distribue également des biens de secours, et notamment des bâches en plastique, des couvertures et des nattes de couchage. Les réfugiés vulnérables, comme les ménages dirigés par une femme, les enfants non accompagnés et les personnes handicapées sont prioritaires dans la distribution.

Des agences comme Samaritan's Purse et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) entretiennent des points d'eau et des latrines, tandis que Médecins Sans Frontières et CARE prodiguent des soins de santé. Le HCR et l'ONG Non-Violent Peace Force effectuent une surveillance, en particulier parmi les réfugiés vulnérables. La communauté des réfugiés, quant à elle, organise des écoles.

La population réfugiée provenant des montagnes Nuba compte près de 35 000 personnes dans les installations de Yida. Le rythme des arrivées (près de 430 réfugiés par jour) devrait rester élevé jusqu'à ce que l'accès par la route vers Yida soit coupé par les inondations pendant la saison des pluies.

Vivian Tan à Yida, Soudan du Sud

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Chaque jour, des réfugiés continuent d'arriver depuis l'autre côté de la frontière après un pénible voyage. Ils sont tous épuisés et un nombre croissant d'entre eux est en mauvaise santé. De nouvelles attaques aériennes et terrestres poussent de plus en plus de gens à fuir.

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A nouveau, Awad a fui avec sa famille - cette fois-ci au-delà de la frontière - vers le Soudan du Sud. Durant 15 jours épuisants, il a porté sa vieille mère et sa fille sur son dos jusqu'à la frontière à Al Fudj au mois de février. Le HCR a ensuite pris en charge le transport de la famille vers le camp de réfugiés de Jamam au Soudan du Sud. Ils ont vécu en sécurité pendant sept mois. Les pluies ont causé des inondations rendant difficile pour le HCR d'acheminer de l'eau potable au camp et d'éviter les risques de maladies d'origine hydrique.

Le HCR a ouvert un camp de réfugiés à Gendrassa, situé un peu en hauteur et à 55 kilomètres de Jamam. Dès lors, l'agence a débuté le transfert de 56 000 personnes depuis la frontière vers le camp. Parmi eux, se trouvaient Awad et sa famille. Awad a porté à nouveau sa mère, mais cette fois-ci vers une nouvelle tente à Gendrassa. Awad a commencé à cultiver la terre. « Revenez dans trois mois », a-t-il déclaré. « Le maïs aura déjà poussé. »

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