Le HCR intensifie l'aide dans un camp de réfugiés au Soudan du Sud

Agir pour faire la différence, 25 mai 2012

© HCR/V.Tan
Le comptoir d'assistance du HCR à Yida distribue des jetons pour l'aide alimentaire aux réfugiés soudanais qui les ont perdu.

JUBA, Soudan du Sud, 25 mai (HCR) Le HCR intensifie ses opérations d'aide aux réfugiés au Soudan du Sud dans le camp de Yida, dont la population a grossi à plus de 35 000 personnes après une nouvelle vague d'arrivées depuis la semaine dernière.

Les personnes arrivant à Yida citent la dégradation de la sécurité et des conditions humanitaires dans les montagnes Nuba au Soudan d'où ils ont fui.

En moyenne, 430 réfugiés sont arrivés chaque jour durant le mois de mai, soit une augmentation de 47% du nombre des arrivées par rapport à ce que nous avions observé en avril. A ce rythme, la population du camp excèdera 40 000 à la fin du mois.

Yida reste un endroit dangereux pour les réfugiés du fait de sa proximité avec la frontière. Alors que les efforts seront prolongés pour encourager les réfugiés à demander le transfert hors de la zone frontalière, l'aide sera intensifiée pour améliorer les conditions de vie sur place dès le début de la saison des pluies.

Ces deux dernières semaines, nous avons effectué des distributions de bâches en plastique, de moustiquaires, de nattes de couchage et de couvertures à plus de 12 700 personnes. Les distributions continuent.

« D'abord, la priorité avait été donnée aux personnes les plus vulnérables comme les personnes âgées, les mineurs non accompagnés et les ménages dirigés par une femme. Nous étendons désormais notre aide à tous les réfugiés », a indiqué Melissa Fleming, porte-parole du HCR.

De nombreux réfugiés arrivent exténués, après une marche dans une brousse épaisse. La plupart entrent au Soudan du Sud via la zone frontalière contestée de Jau, le seul itinéraire possible vers Yida. Ils voyagent à pied avec les quelques affaires qu'ils ont pu emmener avec eux. Les gens ont faim et on observe des signes croissants de malnutrition parmi les nouveaux arrivants originaires des montagnes Nuba dans l'Etat du Sud-Kordofan.

Les gens ont faim et on observe des signes croissants de malnutrition parmi les nouveaux arrivants originaires des montagnes Nuba dans l'Etat du Sud-Kordofan.

A leur arrivée à Yida, les réfugiés sont enregistrés et ils reçoivent immédiatement de l'eau et des biscuits énergétiques. Après un examen médical, ils reçoivent une ration alimentaire initiale de deux semaines de la part du Programme alimentaire mondial pour couvrir leurs besoins jusqu'à la prochaine distribution générale de vivres. Des agences assurent les soins médicaux d'urgence et l'alimentation thérapeutique.

Plus à l'ouest, dans l'Etat du Nil supérieur, le HCR est également confronté à des défis. « Depuis ce week-end, nos collègues ont vu environ 12 000 réfugiés soudanais qui ont traversé la frontière depuis l'Etat du Nil bleu. Cela porte le nombre total des réfugiés dans le Haut Nil à plus de 80 000 », a expliqué Melissa Fleming.

De nombreux réfugiés arrivent exténués, après avoir marché dans une brousse épaisse. La plupart entrent au Soudan du Sud via la zone frontalière contestée de Jau, le seul itinéraire possible vers Yida. Ils voyagent à pied avec les quelques affaires qu'ils ont pu emmener avec eux. Les gens ont faim et on observe des signes croissants de malnutrition parmi les nouveaux arrivants originaires des montagnes Nuba dans l'Etat du Sud-Kordofan.

Le HCR a transféré 1285 réfugiés vers le camp récemment ouvert de Yusuf Batil, à 120 kilomètres de la frontière. Yusuf Batil est la troisième installation de réfugiés que le HCR a aidé à préparer à ouvrir dans l'Etat du Nil supérieur, après Doro et Jamam. D'autres réfugiés sont également transférés vers Jamam.

Le trajet pour nos convois de transfert peut durer jusqu'à quatre heures pour couvrir une distance de 20 kilomètres. Les réfugiés transportés dans ces convois doivent passer la nuit à Jamam. Une forte dégradation de l'état des routes est attendue durant la saison des pluies, ce qui rendra le trajet encore plus difficile et empêchera même l'accès aux réfugiés.

Avec la population réfugiée qui grossit rapidement, le HCR est extrêmement préoccupé par les faibles ressources en eau dans l'Etat du Nil supérieur et les risques sanitaires qui y sont associés. Pour soigner d'éventuelles épidémies de maladies transmises par l'eau dans cette région, le HCR et ses partenaires ont pré-positionné du matériel médical et des unités de traitement dans chaque installation. Le HCR achemine également de l'eau et procède au forage de puits.

Le Soudan du Sud accueille actuellement plus de 115 000 réfugiés soudanais originaires des montagnes Nuba et de l'Etat du Nil bleu. Un autre groupe de 32 500 réfugiés ont trouvé refuge dans l'ouest de l'Ethiopie depuis l'Etat du Nil bleu.

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L'UNHCR et ses partenaires continuent de former et de rémunérer les instituteurs au sein des 12 camps de réfugiés, assurant ainsi une éducation de qualité aux enfants réfugiés. Les ONG partenaires entretiennent les écoles et fournissent les uniformes aux écoliers. L'UNICEF distribue des livres, des cahiers et des fournitures. En août 2007, l'UNHCR, l'UNICEF et le Ministère de l'éducation tchadien ont travaillé conjointement pour améliorer l'éducation des Soudanais déracinés par le conflit au Darfour.

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La plupart des réfugiés, notamment les enfants et les personnes âgées, sont arrivés très affaiblis dans les camps. Or, les pluies incessantes ont tendance à exacerber la situation, les flaques d'eau se transformant vite en foyer d'incubation de moustiques porteurs du paludisme. Qui plus est, un simple rhume suffit pour que l'état de malnutrition modérée dont souffrent les enfants et personnes âgées se transforme en malnutrition sévère.

C'est dans le camp de Yusuf Batil, dans le Comté de Maban, que la situation se fait la plus critique puisque 15 % des enfants de moins de cinq ans y souffrent de malnutrition aiguë.

Le HCR et ses partenaires font tout leur possible pour prévenir et lutter contre la maladie. Dans le camp de Yusuf Batil, 200 professionnels de la santé des communautés vont de foyer en foyer afin d'enseigner aux réfugiés les règles d'hygiène de base, telles que la nécessité de se laver les mains ou encore comment reconnaître les signes de maladie. S'ils en ont besoin, les enfants reçoivent des aliments nutritifs tels que des Plumpy'nut. Un hôpital spécialisé dans le traitement de patients atteints du choléra a d'ailleurs ouvert ses portes. Parallèlement, des moustiquaires ont été distribuées dans tous les camps à des fins de prévention du paludisme.

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