35 000 personnes déracinées par les récents combats à la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud

Articles d'actualité, 24 avril 2012

© HCR/V.Tan
Des réfugiés soudanais de l'Etat du Nil bleu vivent au camp de Doro dans l'Etat du Haut Nil, au Soudan du Sud.

JUBA, Soudan du Sud, 24 avril (HCR) Les récents combats près de la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud ont déplacé environ 35 000 personnes près de Heglig, Talodi et dans d'autres parties de la province du Sud-Kordofan au Soudan.

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés n'a pas accès aux zones en question, mais le HCR achemine de l'aide via des agences locales. Le nombre des personnes déplacées a été communiqué par ces partenaires.

Au Soudan du Sud, une vague de bombardements aériens a frappé ces dernières semaines certaines régions des Etats d'Unity, de Warrap et de l'ouest de Bahr el Ghazal.

Le HCR a indiqué que les trois sites accueillant des réfugiés dans l'Etat d'Unity n'ont pas été affectés. « Nous avons néanmoins constaté une augmentation du nombre des réfugiés soudanais traversant la frontière, certains d'entre eux souffrent de malnutrition sévère », a indiqué Adrian Edwards, porte-parole du HCR.

Dans l'installation de Yida, plus de 1300 nouveaux arrivants ont été signalés ces quatre derniers jours, et le nombre moyen d'arrivées par jour (230) a triplé par rapport à celui observé en février et mars. Certains réfugiés disent qu'ils ont quitté le Soudan en raison des pénuries alimentaires, d'autres expliquent avoir fui les combats intenses dans leur région d'origine.

L'escalade des hostilités accentue les préoccupations sur la sécurité des réfugiés dans l'Etat d'Unity. Yida est situé à seulement quelques kilomètres de la frontière et a été le théâtre de bombardements et de tirs d'artillerie directs et indirects ces six derniers mois. Les agences humanitaires continuent de fournir, à plus de 20 000 réfugiés vivant sur place, une assistance vitale et des services essentiels comme la nourriture, l'eau, les installations d'assainissement, les services communautaires et les soins de santé. « Parallèlement, nous leur conseillons de rejoindre de toute urgence des zones plus sûres », a noté Adrian Edwards.

Le HCR a déjà aidé au transfert de plus de 2000 réfugiés vers deux sites plus au sud dans l'Etat d'Unity. L'agence prépare les sites et en planifie d'autres pour recevoir davantage de réfugiés du Sud-Kordofan et de Yida, si les réfugiés qui s'y trouvent optent pour le transfert. Des vivres et d'autres biens de secours sont pré-positionnés dans les trois sites de l'Etat d'Unity par anticipation avant la saison des pluies.

Au Soudan du Sud, dans l'Etat du Haut Nil, le rythme d'arrivée des réfugiés depuis l'Etat du Nil Bleu au Soudan s'est ralenti. Il y a actuellement plus de 92 000 réfugiés soudanais dans le comté de Maban, y compris environ 52 000 dans l'installation de Doro, 37 000 dans l'installation de Jammam et plusieurs milliers qui vont être transférés depuis les zones frontalières.

L'accès au comté de Maban et ses alentours est réduit pendant la saison des pluies. Le HCR et ses partenaires travaillent 24h/24 pour réparer les routes essentielles pour garder l'accès ouvert ces prochains mois.

Fournir de l'eau en quantité suffisante est le principal défi à Jammam. Malgré des forages intensifs, les sources viables sont pour le moment inaccessibles. Les partenaires du HCR acheminent l'eau par camion, installent des réseaux de tuyauterie et traitent les eaux de surface pour la saison des pluies. Pendant ce temps, de grandes plateformes sont acheminées vers la zone pour forer des puits plus profonds. Jusqu'à ce qu'il soit possible d'augmenter la quantité fournie actuellement par personne et par jour, les agences identifient des sites appropriés pour le transfert d'environ 15 000 réfugiés du groupe de Jammam pour réduire la pression portée sur les ressources en eau.

Dans l'installation de Doro, les forages ont rencontré davantage de succès. Les partenaires peuvent fournir 12 litres par personne et par jour et espèrent atteindre sous peu le standard de 15 à 20 litres par personne et par jour.

Dans la région de Benishangul-Gumuz, en Ethiopie voisine, le HCR a déjà reçu environ 2400 nouveaux réfugiés originaires de l'Etat du Nil Bleu ce mois-ci. Le centre de transit d'Adamazin est agrandi pour héberger les nouveaux arrivants avant leur transfert vers Bambasi, le troisième camp dans la région dont les travaux de préparation sont bientôt terminés.

Des mois de combats intermittents ont poussé plus de 115 000 réfugiés soudanais à rejoindre le Soudan du Sud et près de 30 000 autres vers l'Ethiopie. Beaucoup pourraient encore suivre si le conflit s'intensifie. Le HCR appelle les Gouvernements du Soudan et du Soudan du Sud ainsi que les autres parties au conflit, à faire leur possible pour éviter que la vie des civils déplacés ne soit mise en danger et pour cesser les actions qui pourraient générer encore davantage de déplacement de population.

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A la veille du référendum portant sur l'autodétermination du Sud-Soudan le 9 janvier 2011, des dizaines de milliers de personnes qui vivaient dans le nord du Soudan ont plié bagage pour rentrer dans leurs villages d'origine au sud du pays. Le HCR a établi des points d'escale le long des axes de retour vers le Sud-Soudan, afin de distribuer des vivres aux voyageurs et de leur fournir un lieu sûr pour qu'ils se reposent durant ce pénible voyage. Plusieurs cas d'attaques et de viols perpétrés contre des voyageurs ont justifié l'ouverture de ces centres où les femmes, les enfants et les personnes handicapées peuvent passer la nuit. Le HCR a mobilisé des ressources pour répondre aux besoins de 50 000 personnes, dans l'éventualité d'un déplacement massif suite aux résultats du vote.

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L'UNHCR s'associe avec le Ministère de l'éducation et des partenaires ONG pour améliorer l'éducation des réfugiés soudanais au Tchad. La violence continue dans la région ouest du Darfour, au Soudan, a déraciné deux millions de Soudanais dans leur propre pays et a fait fuir quelque 230 000 personnes de l'autre côté de la frontière dans l'est du Tchad. Les réfugiés sont hébergés dans 12 camps au Tchad. Bien que le taux d'inscription à l'école dans les camps au Tchad soit élevé, l'assiduité est variable. Le manque d'instituteurs qualifiés et de fournitures scolaires perturbe le déroulement des classes. Par ailleurs, de nombreux enfants sont accaparés par les tâches domestiques, tandis que d'autres arrêtent l'école pour travailler dans des familles tchadiennes. La fréquentation des filles est moins régulière, surtout après leur mariage qui a lieu généralement lorsqu'elles ont 12 ou 13 ans. Pour les garçons et adolescents, fréquenter l'école diminue le risque d'être recruté par différents groupes armés opérant dans la région.

L'UNHCR et ses partenaires continuent de former et de rémunérer les instituteurs au sein des 12 camps de réfugiés, assurant ainsi une éducation de qualité aux enfants réfugiés. Les ONG partenaires entretiennent les écoles et fournissent les uniformes aux écoliers. L'UNICEF distribue des livres, des cahiers et des fournitures. En août 2007, l'UNHCR, l'UNICEF et le Ministère de l'éducation tchadien ont travaillé conjointement pour améliorer l'éducation des Soudanais déracinés par le conflit au Darfour.

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Crise sanitaire au Soudan du Sud

Quelque 105 000 réfugiés se sont regroupés dans le Comté de Maban, au Soudan du Sud. De graves risques pèsent sur la santé de nombre d'entre eux. Le HCR et ses partenaires travaillent d'arrache-pied pour prévenir et contenir l'épidémie de paludisme et plusieurs maladies hydriques.

La plupart des réfugiés, notamment les enfants et les personnes âgées, sont arrivés très affaiblis dans les camps. Or, les pluies incessantes ont tendance à exacerber la situation, les flaques d'eau se transformant vite en foyer d'incubation de moustiques porteurs du paludisme. Qui plus est, un simple rhume suffit pour que l'état de malnutrition modérée dont souffrent les enfants et personnes âgées se transforme en malnutrition sévère.

C'est dans le camp de Yusuf Batil, dans le Comté de Maban, que la situation se fait la plus critique puisque 15 % des enfants de moins de cinq ans y souffrent de malnutrition aiguë.

Le HCR et ses partenaires font tout leur possible pour prévenir et lutter contre la maladie. Dans le camp de Yusuf Batil, 200 professionnels de la santé des communautés vont de foyer en foyer afin d'enseigner aux réfugiés les règles d'hygiène de base, telles que la nécessité de se laver les mains ou encore comment reconnaître les signes de maladie. S'ils en ont besoin, les enfants reçoivent des aliments nutritifs tels que des Plumpy'nut. Un hôpital spécialisé dans le traitement de patients atteints du choléra a d'ailleurs ouvert ses portes. Parallèlement, des moustiquaires ont été distribuées dans tous les camps à des fins de prévention du paludisme.

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