Siège de Sarajevo - 20 ans après

Points de presse, 3 avril 2012

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 3 avril 2012 au Palais des Nations à Genève.

Le siège de Sarajevo a commencé il y a vingt ans, cette semaine (le 6 avril 1992). D'une durée de près de quatre ans, il est devenu l'un des événements les plus dramatiques et emblématiques de l'éclatement de l'ancienne Yougoslavie et du conflit ayant causé la mort d'environ 200 000 personnes et généré 2,7 millions de réfugiés et déplacés internes la plus importante crise de déplacement de population en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

La siège a causé de profondes souffrances et la misère pour environ 400 000 habitants de la capitale bosniaque à cette période. Constamment bombardés et pris pour cible par des snipers, les habitants ont vécu sans approvisionnement en vivres, médicaments, eau ou électricité. Des milliers de civils ont été tués ou blessés. Durant la guerre, la Bosnie-Herzégovine a été le théâtre des plus odieux abus et violations des droits humains allant du nettoyage ethnique et des viols répétés aux exécutions et aux famines à grande échelle.

Aujourd'hui, la plupart des personnes qui avaient été forcées de fuir leur foyer durant le conflit de 1991 à 1995 sont rentrées chez elles ou se sont intégrées localement là où elles avaient trouvé refuge.

Cependant, les réfugiés et les déplacés restants dans cette partie de l'Europe constituent l'une des cinq situations de réfugiés prolongées à travers le monde pour le HCR. Récemment, le HCR s'est félicité des efforts renouvelés de certains gouvernements de la région visant à accélérer des solutions pour le logement au bénéfice de 74 000 réfugiés et déplacés parmi les plus vulnérables et les plus nécessiteux. Le programme régional conjoint sur les solutions durables pour les réfugiés et les déplacés est la toute dernière initiative pour refermer ce chapitre du déplacement de population en Europe du Sud-Est. Il s'agit d'un engagement pris par tous les gouvernements des pays concernés dans la région (à savoir la Serbie, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, le Monténégro) et d'une initiative appuyée par la communauté internationale.

Afin de soutenir cet effort, la conférence internationale des pays donateurs à Sarajevo est prévue pour le 24 avril 2012. Il est attendu qu'elle rapporte jusqu'à 500 millions d'euros, une somme nécessaire pour trouver des solutions de logement pour beaucoup parmi les réfugiés et les déplacés restants ainsi que les rapatriés. Le HCR appuie ce processus et suivra de près sa mise en œuvre pour assurer que les bonnes personnes soient sélectionnées et bénéficient de solutions appropriées pour le logement 17 ans après la fin du conflit.

Pour le HCR, l'opération d'aide humanitaire en Bosnie Herzégovine et dans la région a constitué un tournant dans l'histoire récente du HCR. Ce fut une opération sans précédent au niveau de son échelle, de son ampleur et de sa complexité.

Pour la première fois, le HCR opérait dans une situation de conflit existant. L'agence pour les réfugiés a porté assistance à la fois aux populations déplacées ou affectées par les combats. L'opération humanitaire à Sarajevo et en Bosnie-Herzégovine a été confrontée à certains des problèmes les plus difficiles l'ampleur de la crise, le déplacement des populations comme objectif plutôt qu'une conséquence de la guerre. Il y a eu également des attaques délibérées et flagrantes sur les principes humanitaires, y compris l'entrave systématique à l'accès humanitaire aux populations dans le besoin. Le personnel humanitaire a été confronté à des niveaux sans précédents dans les risques pour sa sécurité et les forces des Nations Unies avaient pour mandat principal d'appuyer l'opération humanitaire.

Entre le 3 juillet 1992 et le 9 janvier 1996, le HCR a coordonné ce qui est devenu le cordon ombilical pour l'acheminement de l'aide essentielle vers Sarajevo et le pont aérien humanitaire le plus long de l'histoire, dépassant celui qui avait été mis en œuvre vers Berlin en 1948-49. Au total, plus de 160 000 tonnes de vivres, de médicaments et d'autres articles de secours ont été acheminés vers Sarajevo à bord de 12 000 rotations d'avions cargos. Le pont aérien a également permis d'évacuer plus de 1100 civils qui ont eu besoin de soins médicaux en urgence. Plus de 20 pays ont participé à cet effort.

Globalement, entre 1992 et 1995, le HCR a coordonné une opération logistique massive au cours de laquelle environ 950 000 tonnes de matériel d'aide humanitaire ont été acheminées dans plusieurs endroits en Bosnie-Herzégovine. Le rôle de chef de file confié au HCR lui a fait assumer un large éventail de responsabilités. Plus de 3000 employés de plus de 250 institutions d'aide humanitaire portaient des badges d'identification du HCR. Plus de 2000 véhicules portaient des plaques d'immatriculation du HCR en Bosnie-Herzégovine.

En plus du nombre massif de victimes parmi la population civile, plus de 50 employés engagés dans des opérations dirigées par le HCR ont perdu la vie et des centaines d'autres ont été blessés durant le conflit. Sur la base du taux de pertes en vies humaines pour le personnel du HCR et des troupes de l'ONU entre 1991 et 1993, la probabilité de devenir une victime de guerre a été onze fois plus élevée pour un membre du personnel du HCR.

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Angelina Jolie en Bosnie

Angelina Jolie, Ambassadrice de bonne volonté du HCR, a rencontré des personnes déracinées le 5 avril 2010 au cours de sa première visite en Bosnie-Herzégovine. L'actrice, accompagnée de son partenaire Brad Pitt, a appelé à des mesures pour mettre fin aux souffrances persistantes des victimes déplacées de la guerre de Bosnie, après avoir entendu leurs récits poignants et vu leurs conditions de vie épouvantables.

La célèbre actrice a été émue par la force - et par les souffrances - des personnes qu'elle a rencontrées et elle s'est engagée à attirer l'attention sur leur sort. La plupart des personnes avec lesquelles elle s'est entretenue vivent en exil depuis la fin du conflit de 1992-95. Angelina Jolie s'est rendue dans des centres collectifs dans les villes de Gorazde et Rogatica, où les habitants manquent de services basiques comme l'eau courante.

L'actrice a rencontré un groupe de femmes ayant subi des viols et la torture durant la guerre. Leurs témoignages l'ont profondément émue. Elle a également rencontré une famille de réfugiés rapatriés qui attendent toujours de rentrer dans leur village natal près de la ville de Visegrad dans l'est de la Bosnie.

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