Fin de l'opération de rapatriement vers la Mauritanie depuis le Sénégal

Agir pour faire la différence, 27 mars 2012

© HCR/C.Opile
Des Soudanais du Sud reçoivent des articles de secours au camp de Kakuma, dans le nord-ouest du Kenya.

ROSSO, Mauritanie, 27 mars (HCR) Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés vient d'achever une visite en Mauritanie, après avoir assisté à la fin du programme de rapatriement ayant permis le retour de plus de 24 000 réfugiés mauritaniens qui vivaient au Sénégal. Il a également rendu visite à des milliers de réfugiés du Mali.

Dimanche, António Guterres et le Président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz ont pris part à une cérémonie pour accueillir un groupe de 277 réfugiés, qui étaient arrivés un jour plus tôt via le dernier convoi organisé par le HCR depuis le Sénégal vers la Mauritanie, dans le cadre du programme de rapatriement lancé en janvier 2008.

« Je suis principalement présent ici pour féliciter le gouvernement et le peuple de Mauritanie pour le remarquable succès de cette opération. Vous avez eu la sagesse et vous avez pris l'engagement d'ouvrir les portes de votre pays à vos frères et sœurs, pour leur retour et pour les faire participer à l'avenir commun de votre glorieux pays », a indiqué le Haut Commissaire.

Les réfugiés avaient quitté samedi un centre de transit dans la ville sénégalaise de Richard Toll et ils s'étaient dirigés vers le fleuve Sénégal, où ils ont embarqué à bord d'un ferry pour la traversée vers la ville de Rosso en Mauritanie. Après leur arrivée, ce sont au total 24 272 Mauritaniens qui ont été rapatriés depuis le Sénégal avec l'aide du HCR.

Beaucoup n'avaient pas revu leur pays depuis plus de vingt ans, alors que d'autres sont nés en exil. En avril 1989, un différend frontalier entre la Mauritanie et le Sénégal avait dégénéré en violences intercommunautaires. Plus de 60 000 Mauritaniens avaient alors fui vers le Sénégal et le Mali.

Le HCR a fourni, jusqu'en 1995, une assistance aux réfugiés mauritaniens dans le nord du Sénégal et l'agence a facilité la réintégration de 35 000 réfugiés qui avaient décidé de rentrer par leurs propres moyens en Mauritanie entre 1996 et 1998. Le programme de rapatriement a été lancé en 2008.

Les personnes rapatriées via ce tout dernier convoi avaient bénéficié d'une visite médicale deux jours avant leur départ vers le pays d'origine. Au centre de transit de Richard Toll, ils ont reçu des vivres et de l'eau. Une fois en Mauritanie, les familles ont été enregistrées par les services d'état civil mauritaniens qui délivrent un papier de recensement. En attendant la réception de leurs pièces d'état civil et d'identité, le Formulaire de Rapatriement Volontaire (VRF) leur permet de circuler librement en Mauritanie.

Le HCR contribue aux programmes de réinsertion en Mauritanie pour les rapatriés, dans les domaines du logement, de la distribution d'eau et des vivres ainsi que dans le cadre de projets agricoles ou d'élevage et de programmes générateurs de revenus.

Environ 14 000 réfugiés mauritaniens ont choisi de rester au Sénégal et ils bénéficient d'un programme d'insertion locale appuyé par le HCR et ses partenaires. Ils ont reçu des parcelles de terrain et d'autres types d'assistance.

Certains des rapatriés rentrés par ce tout dernier convoi ont des sentiments mitigés sur le retour en Mauritanie après avoir passé tant d'années au Sénégal. Momodou était fonctionnaire avant son départ en 1989. « « C'est très difficile de reparler de ces événements », dit-il. « Je souhaite juste qu'une telle situation ne se reproduise plus. Jamais. »

Aujourd'hui âgé de 53 ans, Momodou est marié à une Sénégalaise et il est père de deux enfants. Il a vécu à Thiès, à 70 kilomètres au nord de Dakar, la capitale sénégalaise. Il faisait essentiellement du commerce. « J'ai un peu peur de rentrer mais c'est un combat qu'il faut mener jusqu'au bout, surtout pour mes enfants qui n'ont pas encore de nationalité pour le moment » précise-t-il. « Personnellement, je me sentirai mieux en Mauritanie car je pourrai au moins revendiquer mes droits. »

Le HCR continuera jusqu'au 30 avril à aider au retour des réfugiés dont la procédure de rapatriement se poursuivent.

Lundi, António Guterres s'est rendu à la frontière avec le Mali au sud-est du pays dans le camp de réfugiés de Mbera, où environ 44 000 réfugiés maliens ont trouvé abri. Ils ont fui vers la Mauritanie depuis la mi-janvier pour échapper aux combats entre un mouvement rebelle touareg et les forces maliennes.

Le chef du HCR a exhorté la communauté internationale à une solidarité avec les réfugiés maliens en répondant à l'urgence résultant de leur déplacement.

Durant sa visite, le Haut Commissaire a eu des entretiens avec de hauts responsables gouvernementaux, dont le Président Aziz et les ministres des Affaires intérieures et étrangères. Il a également remercié les autorités mauritaniennes pour leur collaboration fructueuse avec le HCR sur l'élaboration d'un système national d'asile.

Par Elise Villechalane à Rosso, Mauritanie et Mariama Mary Fall Diaw à Richard Toll, Sénégal

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Le Haut Commissaire

M. António Guterres a rejoint, le 15 juin 2005, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, dont il est le 10ème Haut Commissaire.

Rapatriés

Les rapatriés sont les personnes de retour chez elles. C'est la meilleure des solutions durables.

Rapatriement

Le HCR travaille avec le pays d'origine et les pays d'accueil pour aider les réfugiés à rentrer chez eux.

Les réfugiés maliens fuient au Niger en quête de sécurité

Des milliers de familles maliennes sont arrivées au Niger depuis la mi-janvier, après avoir fui les combats entre un mouvement rebelle touareg et les forces gouvernementales maliennes au nord du Mali. Les réfugiés vivent dans des installations de fortune le long de la frontière. Ils sont exposés au soleil et au vent durant la journée et au froid la nuit. Le HCR a commencé à distribuer des biens de secours et prévoit d'ouvrir des camps dans des zones plus sûres situées hors des régions frontalières. Hélène Caux, du HCR, a rencontré certains parmi ces réfugiés qui lui ont fait part de leur souhait de retourner dans leur pays dès que la sécurité y serait restaurée.

Les réfugiés maliens fuient au Niger en quête de sécurité

Le chef du HCR rencontre des réfugiés au Burkina Faso

Le 1er août, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres s'est rendu au nord du Burkina Faso avec Anne C. Richard, la Secrétaire d'Etat américaine adjointe à la Population, aux Réfugiés et à la Migration (BRPM). Au camp de Damba, ils ont rencontré des réfugiés maliens qui ont fui le Mali au cours des six derniers mois pour échapper à la poursuite du conflit et à l'instabilité politique. A ce jour, plus de 250 000 réfugiés maliens ont fui leurs maisons et trouvé refuge dans l'un des pays de la région, y compris 250 000 réfugiés maliens au Burkina Faso. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a reçu seulement un tiers de l'appel de fonds de 153 millions de dollars dont elle a besoin pour fournir une aide vitale y compris des abris, de l'eau, des installations sanitaires, des soins de santé, des vivres et une protection aux réfugiés. Le HCR craint que la situation politique instable et l'urgence humanitaire au Mali ne génèrent d'autres afflux vers les pays voisins. colombienne.

Le chef du HCR rencontre des réfugiés au Burkina Faso

Poursuite de l'exode de Maliens vers le Niger

Fuyant les combats, l'insécurité générale et l'instabilité politique de leur pays, des réfugiés maliens continuent d'arriver au Niger. Sur le site de Mangaizé où sont accueillis des réfugiés, ils sont quelque 3000 à vivre dans des conditions difficiles, exposés pendant le jour à une chaleur étouffante et se demandant quand ils pourront rentrer chez eux. Dans ce pays aride du Sahel, l'eau et la nourriture sont comptés, ce qui pose un problème considérable et aux réfugiés et aux communautés locales. Ce sont plus de 40 000 Maliens qui ont trouvé refuge au Niger depuis janvier, lorsque les forces gouvernementales maliennes et le mouvement rebelle touareg en sont venus à un affrontement armé. Cent soixante mille réfugiés maliens se répartissent entre le Niger, le Burkina Faso et la Mauritanie. En outre, on compte 133 000 déplacés internes au Mali. Au début du mois de mai, António Guterres, Haut Commissaire pour les réfugiés, s'est rendu au Niger, notamment à Mangaizé, en compagnie de Mme Ertharin Cousin, Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial, dans l'intention de sensibiliser encore davantage l'opinion mondiale à la crise et de rallier de l'aide en faveur des déplacés.

Poursuite de l'exode de Maliens vers le Niger

Mali: Distribuer de l'aidePlay video

Mali: Distribuer de l'aide

Alors que des milliers de personnes attendent de pouvoir rentrer chez elles au nord du Mali, les agences humanitaires continuent d'aider les déplacés.
Mali: Déplacés à MoptiPlay video

Mali: Déplacés à Mopti

Les Maliens qui ont fui Tombouctou, par peur des affrontements entre les forces d'intervention et les rebelles de l'opposition tentent de survivre à Mopti.
Burkina Faso : L'eau, une ressource rarePlay video

Burkina Faso : L'eau, une ressource rare

Dans la région aride du Sahel, au Burkina Faso, des camions-citernes du HCR font la navette pour transporter de l'eau potable aux réfugiés maliens.