Afflux depuis le Soudan et le Soudan du Sud dans un camp au Kenya

Articles d'actualité, 28 mars 2012

© HCR/C.Opile
Des Soudanais du Sud reçoivent des articles de secours au camp de Kakuma, dans le nord-ouest du Kenya.

KAKUMA, Kenya, 28 mars (HCR) Lorsque le camp de Kakuma avait été établi en 1992, il avait accueilli des milliers de réfugiés fuyant la guerre civile au Soudan. 20 ans plus tard, ce camp de réfugiés dans le nord-ouest du Kenya se remplit de plus belle avec le nouvel afflux de personnes fuyant le conflit au Soudan du Sud et au Soudan.

Plus de 4500 personnes sont déjà arrivées au camp de Kakuma cette année. Plus de 76% d'entre elles sont originaires du Soudan du Sud et du Soudan. Beaucoup ont déclaré avoir fui les récentes violences intercommunautaires dans l'Etat de Jonglei, citant pour motif des tueries aveugles, des vols de bétail et l'incendie de leur maison. Des familles auraient été séparées dans le chaos. Certains ont rapporté que leur village dans l'Etat de Jonglei s'est complètement vidé de ses habitants. D'autres ont expliqué avoir fui le Soudan du Sud car ils avaient peur de la propagation des violences.

« J'ai fui Duk à Jonglei lorsque j'ai entendu des coups de feu au milieu de la nuit », a indiqué une femme qui a fui avec ses neuf enfants. « Les attaques de représailles contre notre village ciblaient les femmes et les enfants. Nous avons marché pendant plusieurs jours vers Juba et un bon Samaritain nous a aidés en nous transportant vers le Kenya. »

Parmi les récents arrivants à Kakuma, il y a aussi des personnes originaires de l'Etat du Sud-Kordofan au Soudan, où les combats font rage depuis des mois entre les forces armées soudanaises et la branche Nord du Mouvement populaire de libération du Soudan. Certains ont d'abord fui vers le Soudan du Sud. Ils ont rejoint ensuite le Kenya plus au sud lorsque les zones frontalières ont été attaquées.

« La plupart des demandeurs d'asile sont arrivés au Kenya à pied ou en voiture », a indiqué Guy Avognon, chef du Bureau du HCR à Kakuma. « Certains disent qu'ils ont marché pendant deux ou trois mois pour arriver ici. Ils ont laissé derrière eux les personnes âgées qui ne pouvaient effectuer ce pénible voyage. »

Les nouveaux arrivants sont hébergés au centre de réception du camp de Kakuma, qui a une capacité d'accueil de 700 personnes et qui a parfois vu jusqu'à 1600 nouveaux arrivants ces dernières semaines. Le HCR a pu décongestionner le centre en procédant à des enregistrements rapides et en transférant les nouveaux arrivants vers le camp, où ils reçoivent des rations alimentaires et des biens de secours.

« Si le rythme actuel des arrivées se poursuit, le camp de Kakuma atteindra probablement sa pleine capacité en juin », a indiqué Guy Avognon. « Nous devons prendre des mesures urgentes pour faire face à cet afflux, y compris avec l'agrandissement des installations et des zones de campement et en accroissant les ressources et les capacités pour aider les nouveaux arrivants. »

Le HCR examinera leurs conditions d'éligibilité pour leur octroyer le statut de réfugié.

A la mi-mars, on comptait un total de 91 140 réfugiés et demandeurs d'asile dans ce camp ouvert il y a 20 ans et qui peut accueillir jusqu'à 100 000 personnes. Les réfugiés somaliens représentent un peu plus de la moitié de la population du camp. Les Soudanais et les Soudanais du Sud en représentent un tiers. Les autres réfugiés sont originaires de 10 pays y compris le Burundi, la République démocratique du Congo et l'Ethiopie.

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Crise au Soudan du Sud : Appel urgent

Donnez maintenant et aidez des dizaines de milliers de personnes fuyant le Soudan du Sud pour échapper à la violence.

Donnez pour cette crise

Les Soudanais rentrent dans le Sud pour le référendum

A la veille du référendum portant sur l'autodétermination du Sud-Soudan le 9 janvier 2011, des dizaines de milliers de personnes qui vivaient dans le nord du Soudan ont plié bagage pour rentrer dans leurs villages d'origine au sud du pays. Le HCR a établi des points d'escale le long des axes de retour vers le Sud-Soudan, afin de distribuer des vivres aux voyageurs et de leur fournir un lieu sûr pour qu'ils se reposent durant ce pénible voyage. Plusieurs cas d'attaques et de viols perpétrés contre des voyageurs ont justifié l'ouverture de ces centres où les femmes, les enfants et les personnes handicapées peuvent passer la nuit. Le HCR a mobilisé des ressources pour répondre aux besoins de 50 000 personnes, dans l'éventualité d'un déplacement massif suite aux résultats du vote.

Les Soudanais rentrent dans le Sud pour le référendum

Le rythme d'arrivée des réfugiés somaliens au Kenya est alarmant

Les trois camps de Dadaab, dont la capacité d'accueil était initialement prévue pour 90 000 personnes, comptent désormais une population d'environ 250 000 civils somaliens, ce qui fait de ce complexe accueillant des réfugiés l'un des plus grands et des plus surpeuplés au monde. Le HCR craint l'arrivée de dizaines de milliers d'autres réfugiés en 2009 dans cette région isolée située au nord-est du Kenya, alors que la situation continue à se détériorer dans leur pays en proie à des troubles.

Les ressources, comme l'eau et la nourriture, se réduisent dangereusement dans les camps surpeuplés, avec parfois 400 familles se partageant l'usage d'un robinet d'eau. Il n'y a plus de place pour monter de nouvelles tentes, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

Début 2009, le Gouvernement kényan a donné son accord pour allouer des terres supplémentaires à Dadaab, ce qui permettra d'héberger quelque 50 000 réfugiés. Les photos ci-après montrent les conditions de vie dans le camp de Dadaab en décembre 2008.

Le rythme d'arrivée des réfugiés somaliens au Kenya est alarmant

Tchad : l'éducation en exil

L'UNHCR s'associe avec le Ministère de l'éducation et des partenaires ONG pour améliorer l'éducation des réfugiés soudanais au Tchad. La violence continue dans la région ouest du Darfour, au Soudan, a déraciné deux millions de Soudanais dans leur propre pays et a fait fuir quelque 230 000 personnes de l'autre côté de la frontière dans l'est du Tchad. Les réfugiés sont hébergés dans 12 camps au Tchad. Bien que le taux d'inscription à l'école dans les camps au Tchad soit élevé, l'assiduité est variable. Le manque d'instituteurs qualifiés et de fournitures scolaires perturbe le déroulement des classes. Par ailleurs, de nombreux enfants sont accaparés par les tâches domestiques, tandis que d'autres arrêtent l'école pour travailler dans des familles tchadiennes. La fréquentation des filles est moins régulière, surtout après leur mariage qui a lieu généralement lorsqu'elles ont 12 ou 13 ans. Pour les garçons et adolescents, fréquenter l'école diminue le risque d'être recruté par différents groupes armés opérant dans la région.

L'UNHCR et ses partenaires continuent de former et de rémunérer les instituteurs au sein des 12 camps de réfugiés, assurant ainsi une éducation de qualité aux enfants réfugiés. Les ONG partenaires entretiennent les écoles et fournissent les uniformes aux écoliers. L'UNICEF distribue des livres, des cahiers et des fournitures. En août 2007, l'UNHCR, l'UNICEF et le Ministère de l'éducation tchadien ont travaillé conjointement pour améliorer l'éducation des Soudanais déracinés par le conflit au Darfour.

Tchad : l'éducation en exil

Soudan du Sud : née en plein conflitPlay video

Soudan du Sud : née en plein conflit

Nyariek est née alors que le conflit affecte de nouveau son tout jeune pays, le Soudan du Sud. Mais quelques jours après, elle a vécu une tragédie, lorsque sa mère a été tuée lors d'une attaque.
Soudan du Sud : Le chef du HCR Play video

Soudan du Sud : Le chef du HCR

Le Haut Commissaire du HCR se rend auprès des réfugiés dans l'installation de Yida, située non loin de la frontière avec le Soudan en proie à l'instabilité.
Soudan du Sud : Fier d'aider les réfugiésPlay video

Soudan du Sud : Fier d'aider les réfugiés

D'anciens réfugiés ont été embauchés au HCR au Soudan du Sud pour venir en aide aux réfugiés soudanais.