L'instabilité frontalière suscite des préoccupations croissantes sur la sécurité des réfugiés à Yida

Points de presse, 27 mars 2012

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 27 mars 2012 au Palais des Nations à Genève.

La poursuite des combats dans la zone frontalière contestée de Lake Jau alimente l'inquiétude sur la sécurité des réfugiés soudanais qui se trouvent dans l'installation voisine de Yida. Nos préoccupations sont renforcées par les affrontements signalés hier entre les armées nationales du Soudan et du Soudan du Sud dans la région de Lake Jau et d'autres zones frontalières.

Le HCR est en contact régulier avec les représentants des réfugiés sur le besoin urgent de transfert hors de la zone frontalière pour éviter des victimes civiles parmi les réfugiés qui ont déjà enduré de nombreux traumatismes.

Le HCR, conjointement avec d'autres partenaires, fournit une assistance de base à plus de 16 000 réfugiés arrivés à Yida après avoir fui la violence dans les montagnes de Nuba. Nous fournissons une aide d'urgence aux familles vulnérables. En février, nous avons mené un enregistrement complet de la population, une enquête nutritionnelle et une campagne de vaccination contre la rougeole pour les enfants réfugiés. Le Programme alimentaire mondial distribue des rations alimentaires standard et l'approvisionnement en vivres se déroule dans de bonnes conditions. MSF et CARE assurent des services de santé, alors que l'ONG Samaritan's Purse et le CICR gèrent les installations d'approvisionnement en eau et d'assainissement.

Selon le HCR, l'installation de réfugiés à Yida n'est pas assez sûre pour y rester à long terme du fait de sa proximité avec la zone frontalière instable. Les autorités centrales et locales du Soudan du Sud exhortent également les représentants de réfugiés à accepter le transfert vers des zones plus sûres, conformément aux dispositions de la Convention de 1969 de l'OUA (désormais UA) régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique stipulant que « pour des raisons de sécurité, les pays d'asile devront, autant que possible, accueillir les réfugiés à une distance raisonnable de la frontière la plus proche de leur pays d'origine. »

Les représentants de réfugiés expliquent toutefois qu'ils préfèrent rester près de leurs villages d'origine situés dans les montagnes de Nuba. Aussi, ils se sentent plus à l'aise dans l'environnement de Yida. Mais les risques posés par l'insécurité sont bien réels. La ville de Yida est localisée près d'une zone lourdement militarisée avec des affrontements et des bombardements constants et elle a été frappée en novembre 2011 par une attaque aérienne, qui avait forcé les réfugiés à fuir dans la brousse. En décembre, des obus d'artillerie sont tombés près du camp. Nous craignons que de nouvelles éruptions de violences frontalières entraînent des pertes en vies humaines parmi les réfugiés.

Environ 2300 réfugiés ont déjà été transférés vers le sud dans des sites plus sûrs à Nyeel et Pariang. Nous leur distribuons des vivres et de l'eau. Nous leur fournissons des abris, des équipements sanitaires et des soins de santé. Les représentants des réfugiés ont accepté de transférer les enfants, compte tenu de leurs besoins en matière de sécurité et d'éducation formelle. 1 500 élèves de l'enseignement secondaire ont été enregistrés pour être scolarisés à Pariang. Ils sont accompagnés par des enseignants et du personnel d'encadrement qui sont des réfugiés. A Nyeel, 450 enfants des communautés locale et réfugiée sont actuellement inscrits à l'école primaire. Les autorités ont fourni des parcelles de terrain pour les cultures. Des semences et des outils ont été distribués aux familles réfugiées.

Parallèlement, dans l'Etat du Haut Nil où l'afflux des réfugiés continue, le transfert depuis les zones frontalières se poursuit. Quelque 86 000 réfugiés soudanais ayant fui les attaques dans l'Etat du Nil Bleu ont déjà été transférés vers des sites formels plus sûrs à Doro et Jammam. Le HCR mène des missions de suivi et assure, conjointement avec les autorités locales, l'identification et le transfert des nouveaux arrivants vers des installations où est fournie une aide humanitaire.

Au total, plus de 105 000 réfugiés soudanais originaires des Etats du Sud-Kordofan et du Nil Bleu vivent en exil au Soudan du Sud. Par ailleurs, 30 000 réfugiés ont fui l'Etat du Nil Bleu vers l'Ethiopie.

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La résilience et la dignité des réfugiés au Soudan du Sud

Depuis septembre 2011, plus de 100 000 réfugiés soudanais ont fui les raids aériens et les affrontements survenant dans leur pays d'origine. Ils ont trouvé refuge dans l'Etat du Nil supérieur au Soudan du Sud. Hébergés dans quatre camps de réfugiés dans le comté de Maban, ils font face à des difficiles conditions de vie qui ont empiré durant la saison des pluies. Le personnel du HCR vit également dans des conditions difficiles dans l'une des zones les plus isolées et difficiles d'accès au Soudan du Sud.

Les réfugiés sont reconnaissants de l'aide vitale qu'ils reçoivent du HCR et de ses partenaires humanitaires. Ils sont également un exemple de l'extraordinaire résilience qui peut caractériser les êtres humains. Ces photos ont été prises par des employés du HCR. Elles montrent leurs conditions de vie pour que les réfugiés gardent espoir et dignité.

La résilience et la dignité des réfugiés au Soudan du Sud

La vie de réfugié dans un lieu reculé au Soudan du Sud

L'année dernière, des milliers de personnes de l'Etat du Sud-Kordofan au Soudan ont fui la violence en quête de sécurité. Ils ont rejoint le Soudan du Sud et le camp de réfugiés de Yida, situé juste en face de la frontière. A la fin septembre, Yida hébergeait environ 65 000 réfugiés originaires de la région des monts Nouba. Situé dans l'un des lieux les plus isolés au Soudan du Sud, Yida est désormais une île virtuelle du fait de la saison des pluies qui a rendu impraticables les routes d'accès.

Chaque jour, des réfugiés continuent d'arriver depuis l'autre côté de la frontière après un pénible voyage. Ils sont tous épuisés et un nombre croissant d'entre eux est en mauvaise santé. De nouvelles attaques aériennes et terrestres poussent de plus en plus de gens à fuir.

Le HCR et des partenaires humanitaires sur le terrain assurent la protection et fournissent une assistance vitale à la communauté réfugiée dans le cadre de l'une des opérations les plus délicates au monde. Les photographies ci-dessous, réalisées par Kathryn Mahoney, chargée d'information au HCR, décrivent la vie quotidienne des réfugiés à Yida.

La vie de réfugié dans un lieu reculé au Soudan du Sud

Une famille déracinée au Soudan du Sud

Après l'éruption des combats à Kormaganza dans l'Etat du Nil bleu en septembre l'année dernière, la famille de Dawa Musa, 80 ans, a décidé de fuir vers le village voisin de Mafot. Dawa était trop frêle pour faire le voyage de deux jours à pied. Aussi son fils, Awad Kutuk Tungud, l'a cachée dans des buissons durant trois jours pendant qu'il mettait sa femme, Alahia et leurs neuf enfants en sécurité. Awad est revenu chercher sa mère et l'a portée jusqu'à Mafo où la famille est restée pendant quelques mois dans une relative sécurité, jusqu'à ce que des attaques aériennes bombardent le village.

A nouveau, Awad a fui avec sa famille - cette fois-ci au-delà de la frontière - vers le Soudan du Sud. Durant 15 jours épuisants, il a porté sa vieille mère et sa fille sur son dos jusqu'à la frontière à Al Fudj au mois de février. Le HCR a ensuite pris en charge le transport de la famille vers le camp de réfugiés de Jamam au Soudan du Sud. Ils ont vécu en sécurité pendant sept mois. Les pluies ont causé des inondations rendant difficile pour le HCR d'acheminer de l'eau potable au camp et d'éviter les risques de maladies d'origine hydrique.

Le HCR a ouvert un camp de réfugiés à Gendrassa, situé un peu en hauteur et à 55 kilomètres de Jamam. Dès lors, l'agence a débuté le transfert de 56 000 personnes depuis la frontière vers le camp. Parmi eux, se trouvaient Awad et sa famille. Awad a porté à nouveau sa mère, mais cette fois-ci vers une nouvelle tente à Gendrassa. Awad a commencé à cultiver la terre. « Revenez dans trois mois », a-t-il déclaré. « Le maïs aura déjà poussé. »

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Les réfugiés affluent depuis la région du Nil Bleu au Soudan vers le Soudan du Sud. Beaucoup rejoignent le camp de Doro.