Des affrontements tribaux forcent 15 000 Lou Nuer à fuir vers l'Ethiopie

Articles d'actualité, 13 mars 2012

© HCR / S.Tessema
Des membres de la tribu Luo Nuer sont rassemblés à l'ombre d'un arbre en Ethiopie après avoir fui l'Etat de Jonglei au Soudan du Sud.

GENÈVE, 13 mars (HCR) Environ 15 000 Lou Nuer ont fui vers l'ouest de l'Ethiopie depuis le Soudan du Sud ces dernières semaines pour échapper aux affrontements avec une ethnie rivale et par peur des attaques de représailles.

« La plupart sont des femmes, des enfants et des personnes âgées qui ont fui depuis le comté d'Akobo dans l'Etat de Jonglei suite aux affrontements sur place survenus en début d'année », a indiqué Adrian Edwards, porte-parole du HCR, aux journalistes à Genève mardi. « Beaucoup disent qu'ils étaient déjà déplacés depuis des semaines à Jonglei avant d'avoir réussi à rejoindre l'Ethiopie. »

Des membres des communautés Lou Nuer et Murle à Jonglei ont participé à des attaques et des contre-attaques meurtrières pour voler du bétail ou s'approprier des pâturages et des points de distribution d'eau pendant plusieurs années. Des affrontements entre les deux ethnies rivales en décembre et janvier ont affecté environ 120 000 personnes dans la région de Jonglei.

Adrian Edwards a indiqué qu'un renouveau des combats entre les deux tribus a été signalé le week-end dernier à Akobo, et il a ajouté que « le HCR est préoccupé par la possibilité d'un nouveau déplacement forcé de population. »

En Ethiopie, les nouveaux arrivants s'installent à la périphérie de la ville frontalière de Matar dans la région de Gambella, à environ 500 kilomètres à l'ouest d'Addis Abeba. La plupart d'entre eux vivent dans des huttes de fortune, selon une équipe conjointe du HCR et d'agences partenaires qui s'est rendue dans la zone deux fois avec les autorités éthiopiennes.

« Les communautés locales à Matar partagent leurs maigres ressources avec les nouveaux arrivants, y compris l'eau et la nourriture. L'afflux porte une pression supplémentaire sur les équipements sanitaires et de distribution d'eau qui sont utilisés au-delà de leur capacité », a indiqué Adrian Edwards. Le Programme alimentaire mondial élargit la distribution de vivres dans cette zone pour les deux communautés.

Le HCR appuie les autorités éthiopiennes pour établir un centre de réception près de Matar, où les nouveaux arrivants sont interviewés par l'agence éthiopienne pour les réfugiés (ARRA) avant d'être transférés au camp de réfugiés de Fugnido, à environ 110 kilomètres de Gambella.

« Nous avons déjà transféré 1300 nouveaux arrivants dans le camp, où ils sont enregistrés en tant que demandeurs d'asile et reçoivent des cartes de ration alimentaire », a indiqué Adrian Edwards, ajoutant que le HCR a également déployé du personnel supplémentaire pour appuyer les efforts des autorités dans le cadre de l'enregistrement à Fugnido. L'enregistrement est requis pour améliorer la livraison de l'aide et les activités de protection pour la population dans le besoin, y compris l'assistance ciblée pour les personnes identifiées comme vulnérables.

La semaine dernière, le HCR a commencé à distribuer aux familles qui sont arrivées à Fugnido un premier kit d'aide comprenant des tentes, des bâches en plastique, des couvertures, des ustensiles de cuisine et des jerrycans depuis notre entrepôt de Gambella. L'ARRA leur fournit des vivres. Nous avons prépositionné davantage de biens de secours, y compris des tentes familiales pour les demandeurs d'asile qui seront transférés depuis la zone frontalière vers Fugnido.

Le camp de réfugiés de Fugnido avait été ouvert en 1993 et avait accueilli jusqu'à 40 000 réfugiés. Avant ce nouvel afflux, 23 000 réfugiés y étaient hébergés. Ils sont principalement originaires du Soudan. Maintenant ces réfugiés de longue date accueillent et viennent en aide aux nouveaux arrivants originaires du Soudan du Sud.

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Les réfugiés sont reconnaissants de l'aide vitale qu'ils reçoivent du HCR et de ses partenaires humanitaires. Ils sont également un exemple de l'extraordinaire résilience qui peut caractériser les êtres humains. Ces photos ont été prises par des employés du HCR. Elles montrent leurs conditions de vie pour que les réfugiés gardent espoir et dignité.

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Chaque jour, des réfugiés continuent d'arriver depuis l'autre côté de la frontière après un pénible voyage. Ils sont tous épuisés et un nombre croissant d'entre eux est en mauvaise santé. De nouvelles attaques aériennes et terrestres poussent de plus en plus de gens à fuir.

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A nouveau, Awad a fui avec sa famille - cette fois-ci au-delà de la frontière - vers le Soudan du Sud. Durant 15 jours épuisants, il a porté sa vieille mère et sa fille sur son dos jusqu'à la frontière à Al Fudj au mois de février. Le HCR a ensuite pris en charge le transport de la famille vers le camp de réfugiés de Jamam au Soudan du Sud. Ils ont vécu en sécurité pendant sept mois. Les pluies ont causé des inondations rendant difficile pour le HCR d'acheminer de l'eau potable au camp et d'éviter les risques de maladies d'origine hydrique.

Le HCR a ouvert un camp de réfugiés à Gendrassa, situé un peu en hauteur et à 55 kilomètres de Jamam. Dès lors, l'agence a débuté le transfert de 56 000 personnes depuis la frontière vers le camp. Parmi eux, se trouvaient Awad et sa famille. Awad a porté à nouveau sa mère, mais cette fois-ci vers une nouvelle tente à Gendrassa. Awad a commencé à cultiver la terre. « Revenez dans trois mois », a-t-il déclaré. « Le maïs aura déjà poussé. »

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