De nouveaux affrontements poussent des milliers de déplacés somaliens à fuir vers Mogadiscio

Points de presse, 17 février 2012

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 17 février 2012 au Palais des Nations à Genève.

Des milliers de civils ont fui une nouvelle escalade de la violence et du conflit près du corridor d'Afgooye, au nord-ouest de Mogadiscio, la capitale somalienne. Le corridor, un tronçon de route long de 40 kilomètres bordé d'installations et de camps de fortune tentaculaires, est le refuge de près de 410 000 déplacés internes somaliens soit un tiers de la population somalienne déplacée. Le HCR craint pour la sécurité des personnes déplacées et nous exhortons tous les groupes et forces armés à accorder la priorité à la protection des civils.

Ces deux dernières semaines, plus de 7200 Somaliens ont été forcés de fuir depuis Afgooye. Parmi eux, plus de 5200 personnes avaient fui ces trois derniers jours suite à de nouveaux affrontements qui ont éclaté mardi.

Une majorité des nouveaux déplacés sont des personnes qui étaient déjà déplacées et qui habitaient dans des installations ou des camps du corridor d'Afgooye pour échapper à l'insécurité à Mogadiscio ou ailleurs en Somalie. La plupart d'entre eux se dirigent maintenant vers Mogadiscio.

Mercredi, le personnel du HCR a observé environ 150 minibus et charrettes tirées par des ânes transportant des personnes déplacées vers la capitale via l'un des points d'entrée. D'autres arrivaient à pied. Nos équipes ont vu des personnes nouvellement déplacées s'installer dans des camps de déplacés à Mogadiscio, alors que d'autres rejoignaient des quartiers de la capitale qui s'étaient récemment vidés de leur population ou le domicile de proches ou d'amis.

Certains déplacés sont arrivés à Mogadiscio avec leurs possessions. Le HCR, avec d'autres agences, s'apprête à intensifier d'urgence l'assistance pour fournir des abris, de la nourriture et de l'eau.

Environ 1,3 million de personnes sont déplacées internes en Somalie. Plus de 968 000 Somaliens vivent en tant que réfugiés dans des pays voisins de la Somalie, au Kenya (520 000), au Yémen (203 000) et en Ethiopie (186 000). La Somalie demeure l'une des pires crises humanitaires auxquelles le HCR est confronté, générant le plus grand nombre de réfugiés et de déplacés au monde après l'Afghanistan et l'Iraq.

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Manuel pour la protection des déplacés internes

Dans plus de 50 pays du monde entier, quelque 24 millions de personnes sont déracinées et déplacées dans leur propre pays suite à un conflit ou à des violations des droits de l'homme.

Personnes déplacées internes

Les personnes déplacées fuient en quête de sécurité dans d'autres régions au sein même de leur pays, où ils ont besoin d'une aide.

Le rythme d'arrivée des réfugiés somaliens au Kenya est alarmant

Les trois camps de Dadaab, dont la capacité d'accueil était initialement prévue pour 90 000 personnes, comptent désormais une population d'environ 250 000 civils somaliens, ce qui fait de ce complexe accueillant des réfugiés l'un des plus grands et des plus surpeuplés au monde. Le HCR craint l'arrivée de dizaines de milliers d'autres réfugiés en 2009 dans cette région isolée située au nord-est du Kenya, alors que la situation continue à se détériorer dans leur pays en proie à des troubles.

Les ressources, comme l'eau et la nourriture, se réduisent dangereusement dans les camps surpeuplés, avec parfois 400 familles se partageant l'usage d'un robinet d'eau. Il n'y a plus de place pour monter de nouvelles tentes, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

Début 2009, le Gouvernement kényan a donné son accord pour allouer des terres supplémentaires à Dadaab, ce qui permettra d'héberger quelque 50 000 réfugiés. Les photos ci-après montrent les conditions de vie dans le camp de Dadaab en décembre 2008.

Le rythme d'arrivée des réfugiés somaliens au Kenya est alarmant

Nouvelles arrivées en Ethiopie

La contrée isolée de Dolo Ado devient le refuge de quelque 10 000 Somaliens fuyant la violence dans leur pays.

Depuis le début de l'année, environ 10 000 Somaliens ont traversé la frontière en quête de refuge et ils sont arrivés à Dolo Ado, un lieu isolé, brûlé par le soleil et situé au sud-est de l'Ethiopie - où les habitants sont majoritairement de l'ethnie somali. La plupart ont fui l'insécurité après le retrait des troupes éthiopiennes du centre et du sud de la Somalie et la reprise de ces régions par des insurgés. Au pic de l'afflux au début du mois de février 2009, quelque 150 personnes franchissaient la frontière chaque jour. En réponse à cette situation, une équipe d'urgence du HCR a été envoyée sur place pour aider à gérer un centre de transit à Dolo Ado. De plus, le HCR a fait parvenir des convois contenant des articles de secours, y compris des moustiquaires, des couvertures, des jerrycans, des batteries d'ustensiles de cuisine et des bâches en plastique. Les efforts humanitaires sont coordonnés avec d'autres agences des Nations Unies et des ONG pour assurer que les besoins sont satisfaits. Bien que de nombreux Somaliens déplacés à l'intérieur du sud et du centre de la Somalie ont commencé à rentrer, principalement vers Mogadiscio, de nombreux Somaliens restent à Dolo Ado car ils ont besoin de protection. Etant donné les faibles perspectives de rapatriement dans un avenir proche, un nouveau camp est actuellement en cours de préparation et les cas des réfugiés sont maintenant examinés.

Nouvelles arrivées en Ethiopie

Traite d'êtres humains dans le Golfe d'Aden

Fin mars, au cours d'une période de six jours, plus de 1 100 Somaliens et Éthiopiens sont arrivés sur le territoire yéménite, après avoir traversé le Golfe d'Aden à bord de bateaux de passeurs depuis Bossasso, en Somalie. Au moins 28 personnes sont mortes lors de ces voyages - d'asphyxie, des coups reçus ou de noyade - et plusieurs ont été gravement blessées par les trafiquants. D'autres souffrent de problèmes dermatologiques en raison d'un contact prolongé avec de l'eau de mer, des excréments, de l'essence ou d'autres produits chimiques.

Au cours d'une récente visite au Yémen, la Haut Commissaire assistante pour la protection, Erika Feller, s'est engagée à mieux faire connaître cette situation, à lancer un appel pour des fonds supplémentaires et pour une action internationale afin de venir en aide au Yémen, et à développer des projets qui amélioreront les conditions de vie et l'autosuffisance des réfugiés au Yémen.

Depuis janvier 2006, le Yémen a reçu près de 30 000 personnes originaires de Somalie, d'Éthiopie et d'autres pays, alors que plus de 500 personnes sont mortes pendant leur traversée. Au moins 300 sont également portées disparues. L'UNHCR aide déjà le Yémen en fournissant de l'assistance, des soins et un logement à plus de 100 000 réfugiés qui se trouvent dans le pays.

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Des milliers de personnes ont fui la ville portuaire de Kismayo en Somalie et, malgré le départ des militants, beaucoup ont choisi de ne pas rentrer.
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Des touk-touks ont été offerts à un groupe de déplacés internes somaliens qui vivent dans la ville de Galkayo, ce qui leur facilite la vie.
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Un groupe de familles rentre à Zanzibar en Tanzanie après avoir vécu en exil pendant plus de 10 ans à Mogadiscio en Somalie.