Un nombre record de réfugiés et migrants africains ont traversé le Golfe d'Aden en 2011

Points de presse, 20 janvier 2012

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 20 janvier 2012 au Palais des Nations à Genève.

Malgré une instabilité croissante et une dégradation de la sécurité au Yémen, un record de 103 000 réfugiés, demandeurs d'asile et migrants originaires de la Corne de l'Afrique ont entrepris la périlleuse traversée du Golfe d'Aden et de la Mer Rouge en 2011. On observe l'année dernière une augmentation de presque 100% par rapport à 2010 où 53 000 personnes avaient effectué le même périple. Le nombre d'arrivées le plus élevé constaté antérieurement était en 2009 où 78 000 personnes avaient fait le voyage. Le HCR collecte des données sur le flux migratoire mixte en provenance de la Corne de l'Afrique depuis 2006.

Parmi les personnes ayant fait la traversée l'année dernière, plus de 130 se sont noyées de manière certaine. La plupart des nouveaux arrivants atteignent les côtes du Yémen dans des conditions épouvantables déshydratés, malnutris et souvent choqués. Ceux qui traversent la Mer Rouge et le Golfe d'Aden sont confrontés à des dangers et des défis extrêmes à chaque étape de leur voyage dans leurs pays d'origine, pendant le transit, et lors et après leur arrivée au Yémen. Il peut s'agir notamment de violences physiques et sexuelles ainsi que de traite. Une fois au Yémen, ils sont confrontés à de nouvelles difficultés y compris un accès insuffisant aux services de base comme un abri, l'eau, la nourriture, les soins de santé d'urgence, des limites à leur liberté de circulation et un manque d'accès à un moyen de subsistance.

Les dernières données indiquent également une augmentation frappante du nombre d'Ethiopiens qui arrivent au Yémen qui représentent désormais trois arrivants sur quatre. Jusqu'en 2008, la majorité de ceux qui effectuaient la traversée étaient des réfugiés somaliens fuyant les violences et les violations des droits de l'homme dans leur pays. Cette tendance a changé en 2009, depuis que les ressortissants éthiopiens représentent la majorité.

A leur arrivée au Yémen, les Somaliens sont automatiquement reconnus réfugiés, ce qui leur assure l'accès à des documents et une liberté de circulation relativement importante. Quelque 25 500 réfugiés somaliens sont arrivés au Yémen sur la seule année 2011, conduisant à un total de plus de 202 000. En coopération avec nos partenaires, nous gérons un réseau de centres d'accueil le long de la côte et fournissons protection et assistance.

Pour les Ethiopiens, la situation au Yémen est beaucoup plus difficile et dangereuse. Sur quelque 76 000 éthiopiens arrivés en 2011, un cinquième a demandé l'asile au Yémen. Cela représente une augmentation de 10% par rapport à 2010.

Beaucoup d'Ethiopiens continuent de déclarer qu'ils ont quitté leur pays en raison du manque d'opportunités économiques et de subsistance. En tant que migrants économiques, ils considèrent le Yémen comme un pays de transit. Craignant la détention et l'expulsion, les migrants éthiopiens évitent les contacts avec les autorités et cherchent des moyens de rejoindre les autres pays du Golfe. Ils sont souvent victimes de vol, abus et extorsion de la part de passeurs et trafiquants.

Nous sommes particulièrement alarmés par un incident en début de semaine au cours duquel trois Ethiopiens ont été tués par des passeurs opérant le long de la côte yéménite sur la Mer Rouge. Selon des informations initiales, les Ethiopiens ont été tués alors qu'ils tentaient d'échapper aux passeurs qui voulaient leur extorquer de l'argent. Cet incident a eu lieu dans le gouvernorat de Taiz le 13 janvier. Les corps ont été abandonnés aux alentours du village d'Al-Dhubai. Ces morts sont tragiques et soulignent les graves dangers auxquels les réfugiés, demandeurs d'asile potentiels et migrants africains sont confrontés en traversant le Golfe d'Aden ou la Mer Rouge. Nous espérons que les autorités yéménites retrouveront les auteurs et les traduiront en justice.

L'instabilité et la présence policière réduite au Yémen offrent davantage l'opportunité aux trafiquants d'êtres humains et aux passeurs de sévir. Ils empêchent aussi souvent les patrouilles des équipes humanitaires le long des côtes qui essaient d'atteindre les nouveaux arrivants avant les passeurs. Nous continuons de recevoir des informations au sujet d'enlèvement de migrants ou de réfugiés à leur arrivée au Yémen surtout à des fins de rançon ou d'extorsion. Si les principales cibles semblent être les nouveaux arrivants éthiopiens, quelques réfugiés somaliens ont également été enlevés.

La prévalence d'abus physiques et sexuels violents à l'encontre de réfugiés et de migrants aux mains des passeurs en mer ou sur terre représente une autre tendance inquiétante. En 2011, le HCR a enregistré les cas de viols, attaques sexuelles et violences physiques commis contre des réfugiés et des migrants. En coopération avec nos partenaires, nous apportons une assistance médicale et des conseils aux victimes.

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Traite d'êtres humains dans le Golfe d'Aden

Fin mars, au cours d'une période de six jours, plus de 1 100 Somaliens et Éthiopiens sont arrivés sur le territoire yéménite, après avoir traversé le Golfe d'Aden à bord de bateaux de passeurs depuis Bossasso, en Somalie. Au moins 28 personnes sont mortes lors de ces voyages - d'asphyxie, des coups reçus ou de noyade - et plusieurs ont été gravement blessées par les trafiquants. D'autres souffrent de problèmes dermatologiques en raison d'un contact prolongé avec de l'eau de mer, des excréments, de l'essence ou d'autres produits chimiques.

Au cours d'une récente visite au Yémen, la Haut Commissaire assistante pour la protection, Erika Feller, s'est engagée à mieux faire connaître cette situation, à lancer un appel pour des fonds supplémentaires et pour une action internationale afin de venir en aide au Yémen, et à développer des projets qui amélioreront les conditions de vie et l'autosuffisance des réfugiés au Yémen.

Depuis janvier 2006, le Yémen a reçu près de 30 000 personnes originaires de Somalie, d'Éthiopie et d'autres pays, alors que plus de 500 personnes sont mortes pendant leur traversée. Au moins 300 sont également portées disparues. L'UNHCR aide déjà le Yémen en fournissant de l'assistance, des soins et un logement à plus de 100 000 réfugiés qui se trouvent dans le pays.

Traite d'êtres humains dans le Golfe d'Aden

L'aide internationale est indispensable pour arrêter la traite d'êtres humains dans le Golfe d'Aden

Un nombre alarmant de personnes meurent en tentant de rejoindre le Yémen à bord d'embarcations de passeurs, dans le Golfe d'Aden, en partance de Somalie. En l'espace de trois semaines, fin 2005, au moins 150 personnes ont péri lors de ces traversées. Ces morts surviennent lors du chavirement des embarcations surchargées ou bien de leur dérive sans eau potable ni vivres. Ceux qui parviennent au terme de leur périple au Yémen racontent souvent que les voyageurs sont battus par les passeurs ou forcés à sauter par-dessus bord encore loin de la côte - parfois les mains et les pieds liés.

En réaction, l'UNHCR a appelé la communauté internationale à agir d'urgence pour endiguer le flux de réfugiés et d'immigrants éthiopiens et somaliens désespérés tombant aux mains de trafiquants sans scrupules dans l'espoir de rejoindre le Yémen puis d'autres pays. L'agence pour les réfugiés a également travaillé avec les autorités du Puntland, au nord-est de la Somalie, sur les moyens d'informer les gens sur le danger d'emprunter des bateaux de passeurs pour traverser le Golfe d'Aden. Ces moyens incluent la production de vidéos et de programmes radios, afin de sensibiliser les Somaliens et les Ethiopiens aux risques de ces traversées.

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Yémen 2011 : Risquer le pire pour une vie meilleure

Poussées par la violence, la sécheresse et la pauvreté affectant la corne de l'Afrique, des milliers de personnes désespérées fuient chaque année. En quête de sécurité ou d'une vie meilleure, ces civils - principalement des Somaliens et des Ethiopiens - effectuent d'abord un dangereux périple à travers la Somalie vers le port de Bossasso au nord.

Une fois à Bossasso, ils payent jusqu'à 150 dollars pour effectuer la traversée périlleuse du golfe d'Aden sur des bateaux de passeurs. Ils attendent souvent des semaines dans des abris de fortune ou des foyers, jusqu'à ce qu'un appel soudain les presse à partir un soir, à bord de bateaux surchargés et impropres à la navigation.

En mer, ils sont la proie des passeurs. Certains passagers sont battus, poignardés, tués et leurs corps sans vie sont jetés par-dessus bord. D'autres se noient avant d'arriver sur les côtes du Yémen, où sont enterrés des centaines d'innocents morts en route.

L'ONG yéménite SHS (Société pour la solidarité humaine) vient en aide à ces personnes depuis 1995. Le 13 septembre 2011, le HCR a annoncé que la distinction Nansen 2011 pour les réfugiés est décernée à SHS pour ses efforts exceptionnels dans l'assistance aux personnes arrivées depuis le golfe d'Aden et la mer Rouge.

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Au Yémen, les combats continuent dans le nord. Le HCR fait état de l'augmentation du nombre de familles en fuite. Les camps de déplacés ont désormais dépassé leur capacité d'accueil. 22/12/2009
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Le Gouvernement yéménite a déclaré que la guerre était finie dans le nord du pays. Toutefois, la plupart des 280 000 personnes déplacées par la violence hésitent encore à rentrer dans leurs villages d'origine.
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La situation reste tendue et instable au nord du Yémen. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés fournit de l'aide aux dizaines de milliers de personnes déplacées par les récents affrontements les forces gouvernementales et les combattants rebelles. Toutefois la distribution de l'aide est entravée par l'insécurité permanente.