Inondations aux Philippines : l'aide apportée par le HCR offre une lueur d'espoir

Articles d'actualité, 28 décembre 2011

© HCR/A.Jain
Rasul Kulat du HCR avec Imelda Angud et Dairi Bansil dans les ruines de la maison de Bansil dans le village Mandulog, île de Mindanao.

MANDULOG, Philippines, 28 décembre (HCR) Après avoir survécu à des décennies de conflit, jamais Imelda Anugud n'aurait cru que la fureur de la nature puisse finalement parvenir à détruire sa maison.

« Nous étions endormis lorsque les flots de la rivière ont commencé vers minuit à envahir notre maison », raconte cette mère de trois filles âgée de 43 ans. Elle raconte comment, voilà un peu plus d'une semaine, la tempête tropicale Washi a frappé son village.

« Nous avons tout laissé derrière nous, nous avons traversé la rivière et couru vers un endroit plus élevé », raconte la femme encore secouée. « En deux heures, notre maison et le pont que nous avions traversé pour nous mettre à l'abri ont été emportés. »

Ce n'est que le mercredi qu'ils ont pu entrevoir une première lueur d'espoir, lorsque le HCR est parvenu le premier à livrer des biens de première nécessité à son village de montagne situé à l'est d'Iligan City, dans l'île méridionale de Mindanao, aux Philippines.

Ce n'est pas la première fois que les habitants de cette communauté majoritairement Moro (musulmane) sont déplacés. En 2010, le dernier épisode du long conflit opposant le Front Moro islamique de libération et le gouvernement philippin les avait forcés à plier bagage. Voilà à peine plus d'un mois, une querelle familiale, qu'on appelle ici un rido, et qui peut s'avérer à la fois épique et meurtrière, les a forcés à fuir leur village.

Le HCR a commencé à travailler avec les communautés touchées par le conflit sur l'île de Mindanao en mai 2010. Peu de temps après le passage de la tempête tropicale Washi, le HCR s'est associé aux Nations Unies pour appuyer les efforts déployés par le gouvernement et a dirigé les membres du secteur de la protection. Le HCR a décidé de faire parvenir en priorité une aide de première urgence aux communautés doublement éprouvées, c'est-à-dire celles affaiblies par des années de conflit et maintenant touchées par les inondations.

Le 23 décembre, l'Agence a commencé à faire parvenir du matériel par avion à partir de ses entrepôts de Dubaï. Des bâches en plastique ont été distribuées dans les 24 heures afin de fournir un abri d'urgence à quelque 10 000 personnes qui ont vu leur maison emportée par ces inondations qui figurent parmi les pires qu'aient connus les Philippines.

Près de 10 000 couvertures et 4 000 jerricans ont aussi été distribués, ainsi que 2 000 trousses d'outils de cuisine (casseroles, poêlons, bols, couteaux, tasses et couverts) qui permettront à des familles de cinq personnes de préparer leur propre nourriture.

« Cette bâche en plastique est la première étape dans la reconstruction de nos vies et de nos maisons », a déclaré Dairi Bansil, amie et voisine d'Imelda, qui a également trois enfants.

Jusqu'au week-end dernier, les rivières Baug et Kapai, dont les eaux se rencontrent dans ce village de montagne, n'avaient jamais débordé les murs de remblaiement. Lorsque la chose s'est produite, les glissements de terrain ont coupé le village du reste du pays ; les responsables gouvernementaux ne savaient même pas que ces hautes terres avaient été touchées.

Même pour une communauté endurcie par des années de conflit, ces inondations ont été plus dévastatrices que tout ce qu'elle a vécu auparavant. L'école a été arrachée de ses fondations et emportée 100 mètres plus loin.

« Je ne sais pas ce que nous allons faire. Je suis encore sous le choc et je vis une journée à la fois », déclare Dairi. « Le traumatisme que je vis me poussera peut-être à quitter ce village. Nous avons tout perdu : notre maison, mon matériel de cuisine, nos vêtements, absolument tout ».

La distribution du matériel de secours du HCR se fait par l'entremise d'organisations non gouvernementales nationales qui travaillent avec ces communautés depuis des années.

« Pour aider les communautés à se remettre des conflits, nous avons adopté une approche qui consistait à financer des projets relativement peu coûteux et rapidement mis en œuvre (centres de couture, bateaux de pêche équipés de filets, puits et étals de marché) auxquels participait l'ensemble de la communauté », a indiqué la semaine dernière Bernard Kerblat, représentant du HCR dans les Philippines. L'Agence prévoit mettre en place des projets similaires pour aider à la reconstruction des communautés fragilisées par les inondations.

Les employés du HCR étaient stupéfaits de constater l'ampleur des dégâts causés par la tempête tropicale Washi, appelée ici Sendong.

« Je travaille avec des communautés déplacées de force par les conflits armés qui affectent Mindanao depuis des décennies », déclare Rasul Kulat, fonctionnaire adjoint du HCR chargé des opérations sur le terrain. « Mes propres parents ont été auparavant déplacés de force. Mais ces inondations ont des conséquences plus graves pour ces villageois que la plupart des conflits. »

Par Arjun Jain
Dans le village de Mandulog, île de Mindanao, Philippines

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Dévastation aux Philippines après le passage du typhon Haiyan

Environ 13 millions de personnes ont été affectées lorsque le typhon Haiyan a frappé le centre des Philippines le 8 novembre dernier. Des milliers de personnes ont été tuées et près de trois millions d'autres seraient déplacées- Certaines d'entre elles vivent dans des sites d'hébergement temporaire, d'autres près des ruines de leur ancienne maison. La ville de Tacloban dans la province de Leyte a été l'une des zones les plus touchées. Une semaine le passage du typhon, une grande partie de la côte est détruite et des monceaux de débris bordent toujours les rues. En collaboration avec les autorités des Philippines, les agences partenaires de l'ONU et des ONG, le HCR achemine par avion du matériel d'urgence pour des milliers de rescapés. L'agence distribue des tentes, des bâches en plastique, des moustiquaires et d'autres articles de première nécessité. Le HCR codirige également, avec les autorités, le groupe de travail sur la protection, pour identifier les personnes vulnérables et veiller à ce qu'elles puissent accéder à l'assistance et aux services essentiels. Le HCR a lancé un appel de fonds d'un montant de 15 millions de dollars pour répondre à ces besoins vitaux. Le HCR est désormais présent à Tacloban et Ormoc dans la province de Leyte ainsi qu'à Guiuan, dans la province de Samar oriental.

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Depuis, avec un premier convoi d'aide humanitaire par camion, l'UNHCR a fait parvenir 22 tonnes de tentes et de bâche en plastique en provenance des stocks de l'agence dans le nord-ouest de la Thaïlande. Par ailleurs, plus de 100 tonnes de toile goudronnée, de couvertures, d'ustensiles de cuisine et de moustiquaires sont acheminées par avion depuis l'entrepôt régional de l'UNHCR à Dubaï.

L'UNHCR n'intervient pas habituellement en cas de catastrophe naturelle, mais l'agence a agi en raison de l'ampleur de la dévastation, du besoin urgent des victimes et de la proximité de ses entrepôts d'aide d'urgence, qui sont situés non loin du Myanmar.

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Avec huit vols cargo et un convoi terrestre depuis la Thaïlande, l'UNHCR a déjà acheminé vers le Myanmar, en date du 6 juini, 430 tonnes de matériel d'abri et d'articles de première nécessité pour aider environ 130 000 victimes du cyclone Nargis. L'aide inclut des bâches et des rouleaux de plastique, des moustiquaires, des couvertures et des ustensiles de cuisine. Elle est rapidement distribuée une fois sur place.

Aux alentours de Yangon - une région qui a également été touchée par le cyclone - et dans le delta d'Irrawaddy, des familles ont construit des abris de fortune avec des toits de feuilles de palmier. Ils ont cependant désespérément besoin de bâches en plastique pour se protéger des pluies de mousson.

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