Pont aérien à grande échelle pour aider les réfugiés soudanais au Soudan du Sud

Articles d'actualité, 20 décembre 2011

© HCR/F.Kasina
Les biens de secours ont été chargés à bord de l'avion-cargo C-130 hier à Nairobi. Aujourd'hui, ils sont arrivés au Soudan du Sud à bord du premier vol sur les 18 rotations prévues pour ce pont aérien.

JUBA, Soudan du Sud, 20 décembre (HCR) L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a démarré aujourd'hui un pont aérien à grande échelle à partir du Kenya pour acheminer une aide d'urgence à environ 50 000 réfugiés.

La première rotation sur un total de 18 a eu lieu ce matin. L'avion-cargo Hercules C-130 a quitté Nairobi ce matin avec à son bord 12 tonnes de produits de secours non alimentaires, notamment des bâches et des rouleaux de plastique, des nattes de couchage, des couvertures, des moustiquaires, des seaux, des jerrycans et des ustensiles de cuisine. Il a atterri vers 11h00 du matin à l'aéroport de Malakal, au Soudan du Sud, qui est situé à proximité des sites de réfugiés.

« Ces biens de secours sont grandement nécessaires », a indiqué Vivian Tan, porte-parole du HCR à Juba, au Soudan du Sud. « Les familles arrivent souvent épuisées, affamées, transies ou malades. Nous avons déjà distribué tout ce dont nous disposions sur place, y compris l'aide depuis Juba et Malakal. Notre entrepôt ici est presque vide maintenant. »

Les 17 autres rotations achemineront 272 tonnes de provisions de secours de Nairobi à Malakal. De Malakal, les articles seront transportés par route sur plus de 300 kilomètres vers le comté de Maban dans l'Etat du Haut Nil au nord-est et à une distance similaire vers l'Etat de l'Unité à l'ouest. Les 18 vols coûteront au total 1,5 millions de dollars, et les biens de secours transportés ont une valeur de 2,5 millions de dollars.

En outre, 10 000 tentes devraient être expédiées à partir de nos entrepôts de Dubaï au cours des prochaines semaines. Leur coût est évalué à plus de huit millions de dollars.

Ces derniers mois, les Etats du Haut Nil et d'Unity au Soudan du Sud ont généreusement accueilli les réfugiés fuyant les combats dans les Etats du Nil Bleu et du Kordofan du Sud au Soudan.

« De nombreuses familles affirment qu'elles sont parties avec presque rien et qu'elles ont marché pendant des semaines dans la brousse, s'arrêtant là où elles trouvaient de l'eau et poursuivant leur chemin quand la source se tarissait », a indiqué Vivian Tan. « Certaines ont été bloquées dans les zones fortement boisées à la frontière avec le Soudan du Sud. »

Dans l'Etat du Haut Nil, plus de 40 000 réfugiés sont arrivés depuis septembre. Parmi eux, 25 000 réfugiés se trouvent dans le camp de Doro et environ 15 000 sont bloqués dans la zone frontalière de El Foj. Ces deux endroits sont situés dans le comté de Maban. En outre, quelque 27 000 réfugiés seraient dispersés dans les zones frontalières de Guffa plus au nord. Les équipes de surveillance des frontières du HCR tentent de rejoindre ces zones reculées pour vérifier ces informations.

Avant la rotation de ce matin, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés a distribué des biens de secours qui étaient disponibles à l'intérieur du pays à plus de 19 000 réfugiés soudanais du camp de Doro. Ces articles comprenaient des bâches en plastique pour l'abri, des nattes de couchage, des couvertures pour les nuits froides, des seaux et des jerrycans pour l'eau, des moustiquaires pour prévenir le paludisme, du savon pour nettoyer et des ustensiles de cuisine pour cuisiner. L'entrepôt du HCR dans le camp est désormais vide et attend d'être réapprovisionné grâce au pont aérien de Nairobi.

La semaine dernière, les autorités de Maban ont commencé à délimiter les terrains dans le camp de Doro, ce qui permettra bientôt aux réfugiés de construire davantage d'abris permanents. Le Programme alimentaire mondial (PAM) fournit des rations alimentaires tandis qu'Oxfam fore des puits pour l'eau. Médecins Sans Frontières Belgique (MSF) fournit des latrines et mène des programmes de santé et d'aide nutritionnelle.

« Livrer aussi vite que possible les biens de secours acheminés par avion-cargo aux personnes qui en ont besoin est une opération logistique très complexe », a indiqué Vivian Tan. « Nous ne pourrions transporter ces articles de secours sans l'engagement et la coopération des autorités et de nos partenaires opérationnels. »

Dans l'Etat de l'Unité, quelque 22 000 réfugiés, la majorité en provenance de la zone de Jau frontalière avec l'Etat du Kordofan du Sud, se sont installés dans le site de Yida depuis août. Ce site de fortune est situé près de la frontière et a subi des attaques dans le passé, dont les plus récentes à la mi-novembre. Le HCR et ses partenaires leur ont fourni une aide d'urgence tout en s'efforçant de les persuader de s'installer dans des sites plus sûrs situés plus loin dans les terres.

Le travail se poursuit pour préparer d'autres sites plus au sud dans l'Etat de l'Unité. Outre les services de base comme la nourriture, l'eau et les soins de santé, une fois installés dans les nouveaux sites, les réfugiés pourront aller à l'école, bénéficier d'une formation professionnelle, cultiver et faire de l'élevage et d'autres activités génératrices de revenus, une fois arrivés dans les nouveaux sites.

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Les ressources, comme l'eau et la nourriture, se réduisent dangereusement dans les camps surpeuplés, avec parfois 400 familles se partageant l'usage d'un robinet d'eau. Il n'y a plus de place pour monter de nouvelles tentes, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

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