Des chutes de pluie et des maladies frappent les camps de réfugiés au Kenya et en Ethiopie

Points de presse, 15 novembre 2011

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahečić à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 15 novembre 2011 au Palais des Nations à Genève.

Plus d'un mois après l'enlèvement de trois travailleurs humanitaires dans le complexe des camps de réfugiés de Dadaab, l'insécurité continue d'affecter les efforts d'aide humanitaire. La situation est exacerbée par de fortes pluies et le risque accru de maladies transmissibles par l'eau.

Près de 100 policiers kényans supplémentaires ont été déployés dans les camps le mois dernier. Le HCR appuie leur présence au moyen de véhicules, d'abris et d'équipements de télécommunication. Avec nos partenaires, nous étudions les moyens de reprendre progressivement les opérations à pleine capacité, malgré la poursuite d'incidents de sécurité à Dadaab et dans sa périphérie. Parallèlement, les réfugiés reçoivent toujours une aide vitale, comprenant des vivres, de l'eau et des soins de santé.

La situation s'est compliquée avec une épidémie de choléra dans les camps, qui aurait débuté parmi les nouveaux arrivants ayant attrapé cette maladie en Somalie ou en route vers Dadaab. Les pluies et les inondations avaient affecté le transport de l'eau par camion vers certaines parties du camp, et nous craignons que certains réfugiés ne boivent de l'eau polluée dans les zones inondées.

On compte désormais 60 cas dans les camps, y compris 10 cas confirmés après une analyse en laboratoire et le décès d'un réfugié. Pour gérer l'épidémie, le HCR et ses partenaires ont établi des centres de traitement contre le choléra pour les cas sévères. La plupart des cas peuvent être traités via des solutions orales de réhydratation (ORS) qui peuvent être administrées à la maison ou dans des dispensaires. Nous travaillons avec l'UNICEF et le Ministère de la Santé pour former les travailleurs de santé à la gestion communautaire des cas de diarrhée pour que les patients puissent commencer leur traitement à la maison.

Nous avons accru les doses de chlore, un produit qui tue la bactérie provoquant le choléra, pour traiter les points de distribution d'eau dans les camps. Ils sont contrôlés pour assurer des niveaux suffisants. Nous encourageons également les réfugiés à de bonnes pratiques d'hygiène, tout spécialement pour l'utilisation des latrines et le lavage des mains au savon. Chaque réfugié a reçu 250 grammes de savon lors de la toute dernière distribution alimentaire et cela continuera chaque mois dans les mois à venir.

Dans la zone de Dollo Ado en Ethiopie, une étude sur la nutrition dans les camps de Kobe et Hilaweyn a déterminé de hauts niveaux de malnutrition parmi les enfants de moins de cinq ans. Dans les deux camps, les réfugiés arrivés depuis la Somalie sont dans un état de santé déplorable, avec de nombreuses familles ayant perdu des enfants en route ou après l'arrivée en Ethiopie. Des programmes de santé et de nutrition ont été mis en œuvre par plusieurs partenaires expérimentés dans ces domaines pour répondre à la malnutrition, spécialement parmi les petits enfants, mais les progrès avancent lentement, comme l'a confirmé cette étude.

Cependant, le nombre des décès parmi les enfants âgés de moins de cinq ans a décru de façon spectaculaire en comparaison du très haut niveau observé au sommet de l'afflux des réfugiés cet été. Ceci reflète une amélioration de l'accès à des services pour des soins de santé de qualité et la nutrition, ainsi que l'amélioration des installations sanitaires et pour la distribution d'eau. Le HCR dirige la coordination pour la nutrition en réponse aux résultats de l'étude.

Parallèlement, des chutes de pluies intermittentes à Dollo Ado continuent à causer des inondations éclair dans la région. La piste d'aéroport a été inondée ces quatre derniers jours et n'a donc pas pu être utilisée.

Néanmoins, le travail continue dans le cinquième camp de réfugié de la zone, Bur Amino. Le terrain est rocailleux et cela ralentit le creusement de latrines, dont un nombre limité doit être en place avant le transfert des réfugiés depuis le centre de transit. Plus de 7 600 arrivants récents depuis la Somalie sont hébergés sous des tentes au centre de transit, où ils reçoivent un abri de base, des biens de secours et des repas chauds.

Pour davantage d'informations à ce sujet, veuillez svp consulter :

  • A Dollo Ado, Ethiopie : Stiofainin Nic Iomhaird, portable +252 618 017 852
  • A Dadaab, Kenya : Sonia Aguilar, portable +254 705 253 292
  • A Nairobi, Kenya (Bureau pour le Kenya) : Emmanuel Nyabera, portable +254 733 995 975
  • A Nairobi, Kenya (Bureau régional) : Vivian Tan, portable +254 735 337 608, Needa Jehu-Hoyah, portable +254 734 564 018
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Le rythme d'arrivée des réfugiés somaliens au Kenya est alarmant

Les trois camps de Dadaab, dont la capacité d'accueil était initialement prévue pour 90 000 personnes, comptent désormais une population d'environ 250 000 civils somaliens, ce qui fait de ce complexe accueillant des réfugiés l'un des plus grands et des plus surpeuplés au monde. Le HCR craint l'arrivée de dizaines de milliers d'autres réfugiés en 2009 dans cette région isolée située au nord-est du Kenya, alors que la situation continue à se détériorer dans leur pays en proie à des troubles.

Les ressources, comme l'eau et la nourriture, se réduisent dangereusement dans les camps surpeuplés, avec parfois 400 familles se partageant l'usage d'un robinet d'eau. Il n'y a plus de place pour monter de nouvelles tentes, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

Début 2009, le Gouvernement kényan a donné son accord pour allouer des terres supplémentaires à Dadaab, ce qui permettra d'héberger quelque 50 000 réfugiés. Les photos ci-après montrent les conditions de vie dans le camp de Dadaab en décembre 2008.

Le rythme d'arrivée des réfugiés somaliens au Kenya est alarmant

Nouvelles arrivées en Ethiopie

La contrée isolée de Dolo Ado devient le refuge de quelque 10 000 Somaliens fuyant la violence dans leur pays.

Depuis le début de l'année, environ 10 000 Somaliens ont traversé la frontière en quête de refuge et ils sont arrivés à Dolo Ado, un lieu isolé, brûlé par le soleil et situé au sud-est de l'Ethiopie - où les habitants sont majoritairement de l'ethnie somali. La plupart ont fui l'insécurité après le retrait des troupes éthiopiennes du centre et du sud de la Somalie et la reprise de ces régions par des insurgés. Au pic de l'afflux au début du mois de février 2009, quelque 150 personnes franchissaient la frontière chaque jour. En réponse à cette situation, une équipe d'urgence du HCR a été envoyée sur place pour aider à gérer un centre de transit à Dolo Ado. De plus, le HCR a fait parvenir des convois contenant des articles de secours, y compris des moustiquaires, des couvertures, des jerrycans, des batteries d'ustensiles de cuisine et des bâches en plastique. Les efforts humanitaires sont coordonnés avec d'autres agences des Nations Unies et des ONG pour assurer que les besoins sont satisfaits. Bien que de nombreux Somaliens déplacés à l'intérieur du sud et du centre de la Somalie ont commencé à rentrer, principalement vers Mogadiscio, de nombreux Somaliens restent à Dolo Ado car ils ont besoin de protection. Etant donné les faibles perspectives de rapatriement dans un avenir proche, un nouveau camp est actuellement en cours de préparation et les cas des réfugiés sont maintenant examinés.

Nouvelles arrivées en Ethiopie

Kenya : largages aériens pour les camps de réfugiés affectés par les inondations

Ce week-end, l'UNHCR a commencé, avec l'aide de l'armée américaine, le largage aérien d'urgence d'environ 200 tonnes de biens de secours destinés aux milliers de réfugiés affectés par de graves inondations dans les camps de réfugiés de Dadaab au nord du Kenya.

Ces largages aériens offrent un spectacle impressionnant. Un avion cargo C-130 a largué, à chaque rotation, 16 tonnes de bâches en plastique, de moustiquaires, de tentes et de couvertures, au-dessus d'un site préalablement évacué de toute présence humaine et animale. Des réfugiés ont ensuite chargé le matériel dans des camions pour l'acheminer vers les camps.

Dadaab, un complexe de trois camps accueillant quelque 160 000 réfugiés, principalement originaires de Somalie, a été coupé du monde par un mois de fortes pluies qui ont emporté la seule route permettant de relier les camps isolés depuis la capitale kenyane, Nairobi. Le transport aérien s'est avéré la seule solution pour faire parvenir les secours vers les camps.

L'UNHCR a transféré 7 000 réfugiés parmi les plus touchés depuis Ifo vers le camp d'Hagadera, à quelque 20 kilomètres plus loin. 7 000 autres réfugiés ont été transférés vers un nouveau site, appelé Ifo 2, situé plus en altitude.

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Des milliers de personnes ont fui la ville portuaire de Kismayo en Somalie et, malgré le départ des militants, beaucoup ont choisi de ne pas rentrer.
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