Le HCR condamne les attaques aériennes contre un camp de réfugiés au Soudan du Sud

Articles d'actualité, 11 novembre 2011

© HCR/P.Rulashe
Des réfugiés soudanais dans un centre de réception.

GENÈVE, 11 novembre (HCR) Le HCR a fermement condamné vendredi le bombardement aérien d'un camp de réfugiés temporaire dans le Soudan du Sud où sont hébergés plus de 20 000 réfugiés ayant récemment fui la violence dans les montagnes Nuba, au Soudan.

« Deux des bombes sont tombées dans le camp de Yida, dont l'une près d'une école », a indiqué Adrian Edwards, porte-parole du HCR. « Heureusement, il n'y a eu aucune perte en vie humaine dans le camp et nous évaluons la situation dans les communautés environnantes », a-t-il expliqué aux journalistes à Genève.

Le HCR préparait de nouveaux sites de réfugiés situés plus loin de la frontière lorsque le bombardement est survenu jeudi à Yida. « Nous espérions commencer le transfert des réfugiés mais nos efforts avaient déjà été freinés par de fortes pluies qui rendent impraticable la route vers le camp », a expliqué Adrian Edwards.

Le HCR est préoccupé par les tensions croissantes dans les zones frontalières entre le Soudan et le Soudan du Sud, où des centaines de milliers de civils ont été déracinés par les combats depuis juin.

Des informations sont également parvenues cette semaine à propos d'un bombardement meurtrier contre le village de New Guffa dans l'Etat du Nil Supérieur au Soudan du Sud. Des civils ont été tués et d'autres blessés. Jusqu'à 55 000 civils originaires des zones de Damazine et Kurmuk se dirigeraient vers le sud dans l'Etat du Nil Bleu au Soudan. Certains se dirigent vers Chali dans l'Etat du Nil Bleu.

D'autres traversent la frontière vers le village de New Guffa, à neuf kilomètres du poste frontière, ou vers Bunj, le chef-lieu du comté de Maban dans l'Etat du Nil Supérieur au Soudan du Sud. D'autres pourraient se diriger vers l'Ethiopie voisine où plus de 30 000 Soudanais ont déjà trouvé refuge et reçoivent une aide du HCR et de ses partenaires.

Les nouveaux arrivants dans le comté de Maban décrivent des villages vidés de leurs habitants au sud de la ville de Kurmuk de l'autre côté de la frontière. Les nouvaux arrivants sont enregistrés dans la ville de Bunj, où le HCR avait déjà établi un point d'escale ainsi qu'un entrepôt où est stocké du matériel d'aide humanitaire pour 15 000 réfugiés.

Des équipes d'évaluation des Nations Unies prévoient de se rendre à Maban ce week-end pour évaluer la situation humanitaire des nouveaux arrivants. Parallèlement, les autorités locales identifient des sites de réception temporaires, car elles anticipent davantage d'arrivées dans un contexte de tensions accrues.

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A la veille du référendum portant sur l'autodétermination du Sud-Soudan le 9 janvier 2011, des dizaines de milliers de personnes qui vivaient dans le nord du Soudan ont plié bagage pour rentrer dans leurs villages d'origine au sud du pays. Le HCR a établi des points d'escale le long des axes de retour vers le Sud-Soudan, afin de distribuer des vivres aux voyageurs et de leur fournir un lieu sûr pour qu'ils se reposent durant ce pénible voyage. Plusieurs cas d'attaques et de viols perpétrés contre des voyageurs ont justifié l'ouverture de ces centres où les femmes, les enfants et les personnes handicapées peuvent passer la nuit. Le HCR a mobilisé des ressources pour répondre aux besoins de 50 000 personnes, dans l'éventualité d'un déplacement massif suite aux résultats du vote.

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Crise sanitaire au Soudan du Sud

Quelque 105 000 réfugiés se sont regroupés dans le Comté de Maban, au Soudan du Sud. De graves risques pèsent sur la santé de nombre d'entre eux. Le HCR et ses partenaires travaillent d'arrache-pied pour prévenir et contenir l'épidémie de paludisme et plusieurs maladies hydriques.

La plupart des réfugiés, notamment les enfants et les personnes âgées, sont arrivés très affaiblis dans les camps. Or, les pluies incessantes ont tendance à exacerber la situation, les flaques d'eau se transformant vite en foyer d'incubation de moustiques porteurs du paludisme. Qui plus est, un simple rhume suffit pour que l'état de malnutrition modérée dont souffrent les enfants et personnes âgées se transforme en malnutrition sévère.

C'est dans le camp de Yusuf Batil, dans le Comté de Maban, que la situation se fait la plus critique puisque 15 % des enfants de moins de cinq ans y souffrent de malnutrition aiguë.

Le HCR et ses partenaires font tout leur possible pour prévenir et lutter contre la maladie. Dans le camp de Yusuf Batil, 200 professionnels de la santé des communautés vont de foyer en foyer afin d'enseigner aux réfugiés les règles d'hygiène de base, telles que la nécessité de se laver les mains ou encore comment reconnaître les signes de maladie. S'ils en ont besoin, les enfants reçoivent des aliments nutritifs tels que des Plumpy'nut. Un hôpital spécialisé dans le traitement de patients atteints du choléra a d'ailleurs ouvert ses portes. Parallèlement, des moustiquaires ont été distribuées dans tous les camps à des fins de prévention du paludisme.

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L'objet le plus important

Depuis novembre 2011, plus de 105 000 réfugiés ont traversé la frontière qui sépare l'État du Nil Bleu, au Soudan, de celui du Haut-Nil, au Soudan du Sud. Le voyage, généralement réalisé à pied, passe par de dangereuses zones de conflit et emprunte des routes secondaires que les fortes pluies ont rendues presque impraticables. Les réfugiés, pour la plupart, fuient précipitamment, n'emportant que ce qu'ils peuvent porter et parfois rien d'autre que les vêtements qu'ils ont sur le dos. Certains arrivent malades ou blessés, et beaucoup ont souffert de la faim au cours du trajet. Le photojournaliste Brian Sokol a demandé à plusieurs réfugiés au Soudan du Sud de lui montrer l'objet le plus important qu'ils avaient emporté avec eux. Nous vous invitons à lire son photoreportage pour découvrir les objets qu'ils ont choisis.

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