Le HCR relance un programme de rapatriement pour 40 000 réfugiés angolais

Articles d'actualité, 4 novembre 2011

© HCR/G.Dubourthoumieu
Des employés du HCR aident des réfugiés angolais à préparer le retour dans leur pays d'origine.

LUVO, Angola, 4 novembre (HCR) Le HCR a relancé aujourd'hui un programme de rapatriement au cours duquel plus de 40 000 civils angolais devraient rentrer dans leur pays d'origine après avoir vécu des années dans la région frontalière de l'ouest de la République démocratique du Congo (RDC).

Un premier groupe de 252 personnes a traversé la frontière vers le nord de l'Angola à bord de sept bus vendredi après-midi après avoir quitté la ville congolaise de Kimpese dans la province du Bas-Congo plus tôt dans la journée. Ils ont reçu un accueil chaleureux dans un centre de transit de la ville de Luvo de la part du Ministre angolais de l'assistance et de la réintégration sociale João Baptista Kussumua et d'autres hauts responsables.

Le ministre a insisté sur le fait que c'est une étape déterminante pour l'Angola. « Nous débutons aujourd'hui le processus de rapatriement résultant du retour des 43 000 réfugiés », a-t-il indiqué. « Nous avons, vis-à-vis des enfants qui rentrent aujourd'hui, la responsabilité de leur assurer qu'ils pourront étudier », a ajouté João Baptista Kussumua.

L'un des réfugiés de retour dans son pays d'origine, Emma, âgé de 57 ans, est très heureux de rentrer après 12 ans en Angola. « Aujourd'hui, mon rêve de rentrer dans mon pays devient réalité », a-t-il dit. « Je suis heureux car je n'ai plus l'étiquette de 'réfugié', je ne suis plus un réfugié. »

Une précédente opération à grande échelle pour les retours organisés d'Angolais depuis la RDC avait cessé en 2007 à cause de difficultés logistiques entre autres rencontrées à ce moment-là. Aujourd'hui, la RDC héberge quelque 80 000 réfugiés angolais, qui vivent en exil depuis des décennies. Cette nouvelle initiative pour les retours volontaires intervient après les résultats d'une étude menée en 2010, selon lesquels 43 000 personnes avaient fait part de leur souhait de rentrer.

Un accord tripartite signé en juin cette année entre l'Angola, la RDC et le HCR a ouvert la voie pour cette toute dernière opération de rapatriement. Environ 20 000 personnes ont déjà signé pour recevoir une aide au rapatriement de la part du HCR et deux convois de retour sont prévus par semaine.

Les réfugiés indiquent au personnel du HCR qu'ils souhaitent rentrer du fait de l'amélioration des perspectives de paix en Angola, car leurs familles les attendent et parce qu'ils espèrent une vie meilleure dans leur pays d'origine qui leur manque.

En préparation des retours, les réfugiés sont arrivés jeudi depuis des villages et des installations de réfugiés situés aux alentours de Kimpese, une région vallonnée. Ils ont passé la nuit dans un centre de transit. Ils ont bénéficié d'un examen médical et ont reçu des vaccinations. Il leur a été attribué un formulaire de retour volontaire, qui servira de document d'identité jusqu'à ce qu'une carte d'identité angolaise leur soit délivrée.

L'Angola a assuré à tous les réfugiés que les autorités les aideront dans les domaines du logement, du micro-crédit, de la formation professionnelle et avec d'autres programmes. Le HCR surveillera leur bien-être durant les 18 prochains mois.

Le retour des réfugiés angolais en Angola se déroule également depuis d'autres pays de la région. Des retours depuis le Congo devraient commencer bientôt. Il y a quelques semaines, 1 700 réfugiés angolais avaient quitté la Zambie.

Les retours à grande échelle impliquent parfois des défis logistiques de taille. Des routes et des ponts doivent être réparés une tâche qui devient plus difficile avec le début de la saison des pluies.

Quelque 113 000 réfugiés angolais vivent toujours en RDC, au Congo, en Zambie, au Bostwana et en Namibie. En octobre, le HCR et l'OIM (Organisation internationale pour les migrations) ont lancé conjointement un appel de fonds d'un montant de 21 millions de dollars pour aider les réfugiés angolais à rentrer depuis leurs pays d'asile. Aujourd'hui, le HCR n'a reçu que huit millions de dollars.

Par Céline Schmitt à Luvo, Angola

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