A l'est de la RDC, des réfugiés rapatriés deviennent propriétaires

Agir pour faire la différence, 14 septembre 2011

© HCR
Salumu reçoit son titre de propriété pour sa terre au cours de la cérémonie organisée dans le centre de transit du Sud-Kivu.

UVIRA, République démocratique du Congo, 14 septembre (HCR) Quinze ans après avoir perdu tout ce qu'il possédait et avoir fui à l'étranger, Salumu serre joyeusement un document-clé synonyme pour lui d'une vie meilleure.

En effet, ce titre de propriété apporte la preuve légale que ce père de sept enfants est le propriétaire de la parcelle de terre où lui et sa famille ont vécu dans la province du Sud-Kivu en République démocratique du Congo (RDC) depuis le retour de leur exil en Tanzanie en 2008.

« Je ne peux pas y croire », déclare Salumu, la voix brisée par l'émotion. « À présent, personne ne peut plus contester que cette terre m'appartient. Je suis devenu propriétaire », ajoute le patriarche. Sa joie a été rendue possible grâce à un programme de logement lancé par le HCR en coopération avec le gouvernement visant à éviter les litiges fonciers et immobiliers.

L'ancien réfugié fait partie d'un premier groupe de 68 rapatriés qui ont reçu un titre de propriété pour des terres situées dans les districts de Fizi et d'Uvira au Sud-Kivu, lors d'une cérémonie organisée par le gouvernement dans le centre de transit de Kavimvira le mois dernier. D'autres anciens réfugiés devraient recevoir leur acte de propriété dans les prochaines semaines.

Uvira et Fizi sont les principaux territoires de retour dans l'est de la RDC pour les réfugiés de retour de la Tanzanie et du Burundi voisins. Depuis le début d'un programme de rapatriement volontaire géré par le HCR en 2005, plus de 64 000 Congolais sont revenus dans leur pays d'origine avec l'aide de l'agence.

Salumu a tout perdu lorsqu'en 1996, il a fui en Tanzanie pour échapper à la guerre civile qui ravageait le Sud-Kivu et d'autres parties de la République démocratique du Congo.

« Mes vaches, mes champs et mes terres, tout a été pillé. J'ai dû fuir avec ma famille », explique-t-il. « Même quand je suis rentré, les gens ont continué à prendre ce qui m'appartenait, mais tout cela est derrière moi maintenant », dit-il en brandissant son titre de propriété et en remerciant le HCR de l'avoir aidé à trouver un moyen d'existence et à construire sa maison en briques.

La pénurie de logements et l'absence de terres constituent l'un des plus grands défis auxquels les réfugiés sont confrontés à leur retour au Sud-Kivu. Après des années d'absence, nombre d'entre eux retrouvent leurs maisons détruites et n'ont nulle part où aller. D'autres trouvent leurs anciennes terres occupées.

Ces trois dernières années, le HCR a financé la construction de quelque 1 650 maisons en briques et distribué 2 655 kits d'abri aux rapatriés des districts d'Uvira et de Fizi, soit suffisamment pour 21 000 personnes.

Mais à quelques reprises, des conflits fonciers ont persisté et dégénéré en violences entre les réfugiés rapatriés et ceux qui sont restés à Uvira et Fizi pendant la guerre, qui a officiellement pris fin grâce un fragile accord de paix en 2003.

Pour éviter ces conflits et protéger les rapatriés vivant dans les nouveaux logements, le HCR, par le biais de la Commission nationale pour les Réfugiés, a, au cours des deux dernières années, mené des pourparlers avec les autorités locales et provinciales visant à mettre en place un système d'émission de titres de propriété juridiquement contraignants.

« Ces étapes ont mené plus tôt cette année à la création d'un projet visant à accorder des actes de propriété aux résidents de 675 de ces logements », explique Aminata Bamba, chef de bureau du HCR à Uvira. « Cet heureux dénouement encouragera d'autres réfugiés qui vivent dans la région à rentrer chez eux. »

Célestine, une veuve de 55 ans, a également reçu un titre de propriété des mains du gouverneur du Sud-Kivu lors de la cérémonie de Kavimvira. Elle explique que certains exilés congolais refusent de revenir, car ils restent préoccupés par la situation.

« Certains réfugiés en Tanzanie ne reviendront pas car ils pensent qu'ils ne pourront pas accéder à leurs terres et à leurs biens, ce qui est une condition essentielle pour les amener à revenir », dit-elle, tout en faisant part de sa joie d'être revenue et d'être devenue propriétaire de sa terre. « Je suis heureuse parce que mes enfants vont bénéficier de cette terre, même quand je ne serai plus de ce monde. »

Plus de 60 000 réfugiés congolais vivent encore en Tanzanie et 29 000 au Burundi. Le HCR et les autorités de la RDC collaborent avec les gouvernements de ces deux pays d'accueil pour trouver des solutions durables à ces personnes.

Simplice Kpandji à Uvira, République démocratique du Congo

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