A Athènes, trois auteurs d'agressions sur des étrangers sont traduits en justice

Articles d'actualité, 27 septembre 2011

© HCR/K.Kahayioylou
Ce demandeur d'asile afghan de 24 ans est au coeur d'un procès à Athènes. Il avait dû être hospitalisé après avoir été poignardé à la poitrine.

ATHÈNES, Grèce, 27 septembre (HCR) Trois personnes sont traduites en justice à Athènes pour un procès un fait rarissime contre la violence xénophobe qui s'est ouvert mardi, dans le cadre d'une série d'attaques violentes contre des migrants afghans, pakistanais et africains dans la capitale grecque.

Les accusés sont une femme de 44 ans et deux hommes âgés de 31 et 47 ans. Le procès a été ajourné au 12 décembre. Les auteurs présumés auraient mené des agressions collectives et ils auraient blessé au couteau un demandeur d'asile afghan de 24 ans, le 16 septembre dernier. Chaque inculpation peut donner lieu à une condamnation à une peine de prison allant de trois à cinq ans. C'est le premier procès de cette nature depuis 1999, lorsqu'un Grec avait été condamné à une double peine de prison à perpétuité pour le meurtre par balles de neuf migrants.

« C'est bien que ces personnes ait été traduites en justice », a indiqué Giorgos Tsarbopoulos, chef du bureau du HCR en Grèce. « Cela encouragera d'autres victimes étrangères à se rendre à la police car beaucoup ressentent qu'elles seront de nouveau agressées et elles n'ont pas confiance en la justice. »

Des attaques sur les migrants, les réfugiés et les demandeurs d'asile sont survenues presque chaque jour en août et en septembre dans les quartiers de Agios Panteleimonas et Plateia Attikis à Athènes, où vivent de nombreux étrangers.

« Les agressions sont chaque jour plus violentes et plus nombreuses », a écrit Yonous Muhammadi, président de la communauté afghane en Grèce, dans une lettre au Premier Ministre George Papandreou. Yonous Muhammadi a cependant souligné qu'il ne considérait pas ces attaques comme relevant « de la démocratie et de l'hospitalité grecques. »

En début de mois, alors que le Ministre grec de la protection des citoyens Christos Papoutsis recevait le Ministre afghan pour les réfugiés et le rapatriement, Jamaher Anwary, trois demandeurs d'asile afghans étaient agressés devant leur domicile. L'un d'entre eux, Aziz*, a été poignardé à la poitrine.

Aziz a expliqué avoir été approché par environ 15 hommes et une femme, qui criaient : « D'où es-tu ? Rentre dans ton pays immédiatement ! Dégage ! Va au diable ! Ta présence n'est pas désirée ici.» Il parlait depuis son lit d'hôpital la semaine dernière où il était soigné pour ses blessures.

« Il a failli être touché en plein cœur », a indiqué Ahat, un ami afghan, qui se rend au chevet du malade en relais avec d'autres collègues grecs de la société où travaillait Aziz depuis six mois.

Certains disent que la crise économique en Grèce alimente les attaques racistes contre des étrangers. « C'est un défi d'envergure que de combattre la violence raciste dans un contexte de crise économique et sociale », a indiqué au HCR Kostis Papaioannou, président de Comité national pour les droits humains. Il a ajouté que la plupart des crimes de nature raciale ne font même pas l'objet d'enquêtes policières ou qu'ils ne sont pas enregistrés en tant que tels.

« En ces temps d'instabilité économique et sociale, il est facile de trouver des boucs émissaires », a indiqué Giorgos Tsarbopoulos, chef du bureau du HCR en Grèce. « L'Etat et la société grecs devraient adopter une politique de tolérance zéro envers les violences à caractère raciste. »

Par Ketty Kehayioylou
A Athènes

* Nom fictif pour des raisons de protection

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Réfugiés afghans en Iran

À l'issue d'une conférence qui s'est tenue récemment à Genève, la communauté internationale a donné son approbation à une stratégie d'ensemble visant à résoudre le problème des milliers de réfugiés afghans et de ceux qui rentrent en Afghanistan après des années d'exil. Les mesures correspondantes, élaborées de concert entre l'Afghanistan, l'Iran, le Pakistan et le HCR portent sur l'aide au rapatriement, la réintégration durable et l'appui aux pays hôtes.

Cette stratégie bénéficiera tant aux réfugiés devant être rapatriés en Afghanistan qu'aux trois millions de réfugiés afghans dont, notamment, un million se trouvent en Iran et 1,7 million, au Pakistan.

Un grand nombre de réfugiés afghans en Iran y vivent désormais depuis plus de 30 ans. Cette galerie de photos illustre la vie de ces exilés portés par l'espoir d'une solution durable à leur situation.

Réfugiés afghans en Iran

Le dénuement extrême des rapatriés afghans

Bon nombre de rapatriés afghans parmi les 5,5 millions de réfugiés afghans rentrés chez eux depuis 2002 luttent toujours pour survivre. Le manque de terres, d'emplois et de services, combiné à l'insécurité dans certaines régions, explique que nombre d'entre eux aient choisi de migrer vers des zones urbaines. Bien qu'il soit possible de trouver du travail journalier informel dans les villes, la hausse des loyers et du coût des produits de base poussent de nombreux rapatriés à vivre dans l'un des sites spontanés qui se sont multipliés dans Kaboul ces dernières années. Certaines familles vivent sous des bâches avec la menace constante d'être expulsés, alors que d'autres ont trouvé refuge dans des bâtiments abandonnés de la ville.

Le HCR apporte une aide humanitaire aux plus vulnérables et recueille actuellement des dons auprès des donateurs ainsi que des organismes humanitaires et de développement afin de redoubler d'efforts pour aider à la réintégration des réfugiés à leur retour en Afghanistan.

Le dénuement extrême des rapatriés afghans

Angelina Jolie oeuvre pour la réintégration des rapatriés afghans

L'Ambassadrice de bonne volonté pour le HCR, Angelina Jolie, est retournée en Afghanistan en mars 2011. Lors de sa seconde visite, l'actrice célèbre a appelé à oeuvrer davantage pour la réintégration des anciens réfugiés afghans. Plus de 5,5 millions de réfugiés sont rentrés en Afghanistan depuis 2002, principalement depuis le Pakistan et l'Iran ; ils représentent maintenant 20 pour cent de la population. Le HCR est préoccupé par le fait qu'un trop grand nombre de ces anciens réfugiés sont toujours sans emploi et sans logement et qu'ils ne peuvent subvenir à d'autres besoins fondamentaux.

L'actrice a rendu visite à plusieurs familles qu'elle avait rencontrées en 2008 et qui vivent toujours dans un entrepôt délabré à Kaboul. Elle a été bouleversée de voir ces familles luttant pour leur survie dans un bâtiment froid et humide. Chaque jour, les enfants lavent des vitres de voitures afin de subvenir aux besoins de la famille, au lieu d'aller à l'école. Les personnes âgées et malades ont fait part à Angelina Jolie de leur désespoir d'être un fardeau pour les jeunes générations.

Angelina Jolie a également rencontré des réfugiés rapatriés vivant à Alice Ghan et Barikab au nord de Kaboul, après avoir été bénéficiaires d'un programme d'allocation des terres. Ces rapatriés ont exprimé leur gratitude d'avoir un logement, mais ils déplorent le manque de moyens d'existence. L'Ambassadrice de bonne volonté du HCR s'est également rendue dans le village de Qala Gadu, où est actuellement construite une école primaire qu'elle a financée et qui sera destinée aux jeunes filles.

Angelina Jolie oeuvre pour la réintégration des rapatriés afghans

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Afghanistan : L'histoire de Miriam

Miriam a été réfugiée en Iran pendant six ans. Cette veuve et mère de famille est revenue dans son pays en 2002. Depuis, elle est une personne déplacée dans son propre pays. Sa situation est très précaire.
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Angelina Jolie en Afghanistan

L'Ambassadrice de bonne volonté du HCR Angelina Jolie se rend en Afghanistan et appelle à faire davantage pour la réintégration des anciens réfugiés.
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Grèce: Rude accueil en Europe

Mojahed est finalement arrivé en Grèce après un voyage long et périlleux depuis son village natal au Darfour, au Soudan. Mais les conditions de vie à Patras sont épouvantables.