Le HCR inquiet : Les Africains sub-sahariens ciblés en Libye

Articles d'actualité, 26 août 2011

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Cette image est extraite d'un reportage de la BBC sur un groupe d'Africains sub-sahariens raflés à Tripoli.

GENÈVE, 26 août (HCR) Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a lancé un appel pressant pour que les Africains sub-sahariens soient protégés en Libye. Des informations affluent depuis Tripoli sur des personnes visées pour leur couleur de peau, alors que la ville est tombée aux mains des rebelles.

Le HCR s'est entretenu par téléphone vendredi avec un Africain en proie à l'angoisse, Ahmed, d'origine somalienne. Ahmed vit à Tripoli et il y est enseignant à l'université depuis 2007. Il est resté dans la ville jusqu'à ce que les manifestations anti-gouvernementales dans ce pays d'Afrique du Nord ne se transforment en violences en février, ayant dégénéré en guerre totale entre le régime de Muammar Kaddhafi et les forces rebelles.

Ahmed explique toutefois ne pas se sentir directement menacé. Mais maintenant que les rebelles ont envahi la ville, il veut partir. Alors que la plupart des quartiers de Tripoli sont tombés aux mains des rebelles en début de semaine, des Africains sub-sahariens comme Ahmed subissent de nouveau la discrimination.

« S'ils voient que vous êtes Africain, que vous êtes noir, ils vous attaquent », a indiqué Ahmed, joint par téléphone chez lui. Il a expliqué que les habitants, dont beaucoup sont armés, sont descendus dans les rues, établissant des barrages routiers. « La situation est très difficile ici », a-t-il expliqué au HCR. « Vous ne pouvez pas quitter votre domicile, même pour aller chercher de l'eau. »

De ce fait, comme d'autres Somaliens de la communauté avec qui il reste en contact, leurs réserves de denrées de première nécessité sont épuisées. Un groupe de Somaliens a été attaqué lorsqu'il essayait de quitter un appartement dans un autre quartier de la ville, a-t-il expliqué, et un homme a été blessé. « La situation est vraiment désespérée. »

Les Africains sub-sahariens, tout spécialement ceux originaires du Niger, du Tchad et du Soudan, sont visés par les deux parties au combat après que des Africains sub-sahariens aient été signalés comme étant des mercenaires à la solde du régime de Kaddhafi. Beaucoup de migrants ont fui vers l'Egypte et la Tunisie voisines. Mais des centaines d'autres sont restés en Libye.

Ils sont pris au piège dans la capitale alors qu'une fois de plus, les noirs sont accusés de soutenir le dictateur. « Pour les rebelles, tous les noirs sont contre eux », a indiqué Ahmed, qui a de la famille aux Etats-Unis et un visa qui l'attend en Tunisie, s'il arrive à rejoindre ce pays.

Le Haut Commissaire a lancé un appel à la retenue aux forces rebelles et aux civils libyens. « Nous avons vu précédemment dans cette crise que ces personnes, tout spécialement les Africains, peuvent être particulièrement vulnérables à l'hostilité ou à des actes de vengeance », a-t-il expliqué.

« Il est essentiel que la législation humanitaire soit prépondérante dans un contexte d'instabilité et que les étrangers y compris les réfugiés et les travailleurs migrants puissent pleinement et correctement bénéficier d'une protection contre la violence », a-t-il souligné.

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Un migrant ivoirien décrit ainsi la vie à Tripoli avant son départ : « Il n'y avait aucun lieu en paix. On entendait des tirs partout. Puis l'OTAN a débuté les bombardements. Nous n'avions rien à manger. Des Libyens ont commencé à attaquer les étrangers la nuit, pour voler leur argent, leur téléphone mobile, tout ce qu'ils avaient... Impossible de rester là-bas avec eux. Il valait mieux prendre la fuite. »

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