L'exode des Somaliens ralentit dans la corne de l'Afrique mais il s'intensifie au Yémen

Points de presse, 26 août 2011

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 26 août 2011 au Palais des Nations à Genève.

Avec la poursuite de la crise dans la corne de l'Afrique, le HCR a observé une évolution dans le déplacement de populations au mois d'août avec une baisse dans les arrivées de déplacés somaliens en Somalie ou de réfugiés somaliens vers le Kenya et l'Ethiopie, mais une augmentation des arrivées au Yémen.

En Somalie, les partenaires du HCR dans le Suivi des mouvements de population (PMT) ont rapporté une baisse significative du nombre d'arrivants à Mogadiscio. Il apparaît que l'afflux de personnes déplacées à Mogadiscio a culminé en juillet, lorsque 28 000 personnes avaient afflué dans la capitale somalienne en quête d'aide humanitaire. Cependant, depuis le début de ce mois, un peu plus de 5 000 déplacements dans la ville ont été enregistrés. Le nombre moyen d'arrivées par jour a baissé de plus de 1 000 par jour le mois dernier pour s'élever à 200 arrivées par jour en août.

Quasiment aucun mouvements ou retours n'ont été enregistrés dans les quartiers de Mogadiscio précédemment sous le contrôle d'Al-Shabaab, principalement à cause de l'insécurité qui a désormais pris la forme d'une guerrilla. Plusieurs problèmes en matière de protection, y compris des pillages dans ces quartiers, ont également été rapportés. De plus, il n'y aucun moyen d'existence et la plupart de ces zones ont été détruites par de précédents combats. L'AMISOM a également imposé des restrictions sur la liberté de mouvement ou sur le retour des civils dans des zones précédemment sous contrôle d'Al Shabaab pendant que des opérations de sécurité y sont menées.

Nous recevons également des informations selon lesquelles Al Shabaab continue d'imposer des restrictions de mouvements dans les zones sous son contrôle, particulièrement pour les hommes et ce particulièrement dans les régions de Lower Shabelle et Bay à la suite du retrait d'Al Shabaab depuis la capitale le 6 août. Ces restrictions ont empêché d'importants mouvements de population, tout spécialement depuis la région de Lower Shabelle, vers Mogadiscio.

Les déplacés avec lequels se sont entretenus les partenaires du HCR dans le Suivi des mouvements de population (PMT) indiquent également que des dons de la diaspora somalienne et la mobilisation des communautés locales hôtes en juillet et en août pour venir en aide aux populations affectées durant le mois saint de ramadan pourraient avoir permis aux populations de rester là où elles se trouvent.

De plus, des organisations internationales et locales, y compris le HCR, ont pu améliorer la livraison d'aide aux populations affectées par la famine dans les régions de Bay, Gedo, sud-Bakool et Hiraan, particulièrement dans les zones proches des frontières avec le Kenya et l'Ethiopie. Ceci a aidé à réduire la pression portée sur Mogadiscio en tant que destination pour aller chercher une aide. Cette semaine, le HCR a achevé la distribution de 3 000 colis d'assistance d'urgence pour quelque 18 000 personnes dans la région de Hiraan, qui est sous contrôle d'Al Shabaab.

Le Kenya héberge près de 498 000 réfugiés somaliens et demeure le pays hôte le plus important. Cependant, récemment, le rythme des arrivées dans le complexe de réfugiés de Dadaab s'est ralenti à un nombre entre 1 000 et 1 200 par jour, alors qu'il était précédemment de 1 500. Au même moment, notre personnel sur le terrain indique que l'état de santé général des tout derniers arrivants, et particulièrement les enfants, est pire qu'avant, ce qui reflète les situations de sécheresse et de famine à l'intérieur de la Somalie. Lors d'entretiens avec notre personnel, certains des nouveaux arrivants indiquent être venus depuis les régions de Gedo et Lower Juba, sous contrôle d'Al Shabaab, où l'insécurité avait sérieusement entravé la livraison d'aide.

L'opération de transfert pour les récents arrivants qui campent à la périphérie des camps de Dadaab a désormais permis de transférer près de 27 000 Somaliens dans des tentes familiales sur les sites d'Ifo Extension et de Kambioos.

Dans le camps de Dolla Ado en Ethiopie, nous restons préoccupés par l'état de santé dégradé des récents arrivants depuis la Somalie. Depuis début août, quelque 290 cas suspects de rougeole et 18 décès qui y sont liés ont été rapportés. La campagne de vaccination se poursuit dans les quatre camps de réfugiés de la zone pour tous les enfants âgés de six mois à 15 ans.

Parallèlement, le HCR et ses partenaires continuent d'accroître les services de santé dans les camps. Quatre cliniques satellites ont été établies. Nous prévoyons de décentraliser davantage de services pour que les réfugiés puissent accéder aux soins de santé plus facilement. Des dispensaires sont désormais ouverts 24 heures sur 24 dans les cliniques de MSF dans le nouveau camp de Hilaweyn. La construction a commencé pour le second centre de stabilisation de Dollo Ado pour les enfants souffrant de malnutrition aiguë dans le camp de Kobe. Des kits d'accouchement stérile à usage unique ont également été distribués dans les camps pour réduire le risque de mortalité maternelle.

A l'inverse de la tendance de ralentissement pour l'afflux dans la corne de l'Afrique, le Yémen observe une forte augmentation du nombre de réfugiés somaliens arrivant à bord d'embarcations délabrées après la traversée du golfe d'Aden. Plus de 3 700 réfugiés somaliens sont déjà arrivés au Yémen en août. Ce chiffre est synonyme du début plus précoce que d'habitude de la traditionnelle haute saison de navigation pour les bateaux de passeurs qui arrivent depuis Bossasso dans le nord de la Somalie. C'est le nombre d'arrivées le plus élevé depuis le début de cette année. Les nouveaux arrivants ont informé le personnel du HCR avoir fui la Somalie à cause de la situation de sécurité instable, de la sécheresse grave, de la hausse des prix alimentaires et de la pénurie d'emplois.

C'est le témoignage du désespoir des réfugiés qui ont choisi de fuir vers le Yémen, un pays lui-même en proie à de graves troubles. Ils traversent le golfe d'Aden sur des bateaux souvent impropres à la navigation et surchargés. Beaucoup ne survivent pas à cette traversée périlleuse. Lundi, deux Somaliens sont morts noyés lors du chavirage de leur bateau. Néanmoins davantage de Somaliens devraient arriver au Yémen dans les prochains mois. Nous estimons qu'un grand nombre d'entre eux ont fui leurs villages d'origine et qu'ils attendent déjà à Bossasso de meilleures conditions de navigations avant d'embarquer. Le Yémen accueille la deuxième population de réfugiés somaliens dans la région, avec près de 192 000 personnes. Quelque 15 000 d'entre eux sont arrivés depuis janvier.

Consultez la rubrique du site Internet du HCR sur la crise somalienne. Pour faire un don au HCR, rendez-vous sur la page suivante : situation d'urgence dans la corne de l'Afrique. Suivez le HCR en français sur Facebook et sur Twitter.

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter :

  • A Nairobi, Bureau régional du HCR : Ron Redmond, portable +254 734 564 019
  • A Nairobi, Bureau régional du HCR : Needa Jehu-Hoyah, portable +254 734 564 018
  • Au Kenya, Bureau du HCR pour la Somalie : Andy Needham, portable +254 733 120 931
  • En Ethiopie : Kisut Gebre Egziabher, portable +251 911 208 901
    Laura Padoan, téléphone +252 618389306
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Le rythme d'arrivée des réfugiés somaliens au Kenya est alarmant

Les trois camps de Dadaab, dont la capacité d'accueil était initialement prévue pour 90 000 personnes, comptent désormais une population d'environ 250 000 civils somaliens, ce qui fait de ce complexe accueillant des réfugiés l'un des plus grands et des plus surpeuplés au monde. Le HCR craint l'arrivée de dizaines de milliers d'autres réfugiés en 2009 dans cette région isolée située au nord-est du Kenya, alors que la situation continue à se détériorer dans leur pays en proie à des troubles.

Les ressources, comme l'eau et la nourriture, se réduisent dangereusement dans les camps surpeuplés, avec parfois 400 familles se partageant l'usage d'un robinet d'eau. Il n'y a plus de place pour monter de nouvelles tentes, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

Début 2009, le Gouvernement kényan a donné son accord pour allouer des terres supplémentaires à Dadaab, ce qui permettra d'héberger quelque 50 000 réfugiés. Les photos ci-après montrent les conditions de vie dans le camp de Dadaab en décembre 2008.

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Nouvelles arrivées en Ethiopie

La contrée isolée de Dolo Ado devient le refuge de quelque 10 000 Somaliens fuyant la violence dans leur pays.

Depuis le début de l'année, environ 10 000 Somaliens ont traversé la frontière en quête de refuge et ils sont arrivés à Dolo Ado, un lieu isolé, brûlé par le soleil et situé au sud-est de l'Ethiopie - où les habitants sont majoritairement de l'ethnie somali. La plupart ont fui l'insécurité après le retrait des troupes éthiopiennes du centre et du sud de la Somalie et la reprise de ces régions par des insurgés. Au pic de l'afflux au début du mois de février 2009, quelque 150 personnes franchissaient la frontière chaque jour. En réponse à cette situation, une équipe d'urgence du HCR a été envoyée sur place pour aider à gérer un centre de transit à Dolo Ado. De plus, le HCR a fait parvenir des convois contenant des articles de secours, y compris des moustiquaires, des couvertures, des jerrycans, des batteries d'ustensiles de cuisine et des bâches en plastique. Les efforts humanitaires sont coordonnés avec d'autres agences des Nations Unies et des ONG pour assurer que les besoins sont satisfaits. Bien que de nombreux Somaliens déplacés à l'intérieur du sud et du centre de la Somalie ont commencé à rentrer, principalement vers Mogadiscio, de nombreux Somaliens restent à Dolo Ado car ils ont besoin de protection. Etant donné les faibles perspectives de rapatriement dans un avenir proche, un nouveau camp est actuellement en cours de préparation et les cas des réfugiés sont maintenant examinés.

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Traite d'êtres humains dans le Golfe d'Aden

Fin mars, au cours d'une période de six jours, plus de 1 100 Somaliens et Éthiopiens sont arrivés sur le territoire yéménite, après avoir traversé le Golfe d'Aden à bord de bateaux de passeurs depuis Bossasso, en Somalie. Au moins 28 personnes sont mortes lors de ces voyages - d'asphyxie, des coups reçus ou de noyade - et plusieurs ont été gravement blessées par les trafiquants. D'autres souffrent de problèmes dermatologiques en raison d'un contact prolongé avec de l'eau de mer, des excréments, de l'essence ou d'autres produits chimiques.

Au cours d'une récente visite au Yémen, la Haut Commissaire assistante pour la protection, Erika Feller, s'est engagée à mieux faire connaître cette situation, à lancer un appel pour des fonds supplémentaires et pour une action internationale afin de venir en aide au Yémen, et à développer des projets qui amélioreront les conditions de vie et l'autosuffisance des réfugiés au Yémen.

Depuis janvier 2006, le Yémen a reçu près de 30 000 personnes originaires de Somalie, d'Éthiopie et d'autres pays, alors que plus de 500 personnes sont mortes pendant leur traversée. Au moins 300 sont également portées disparues. L'UNHCR aide déjà le Yémen en fournissant de l'assistance, des soins et un logement à plus de 100 000 réfugiés qui se trouvent dans le pays.

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