Le chef du HCR appelle à la sécurité pour les ressortissants des pays tiers en Libye

Articles d'actualité, 22 août 2011

© HCR/F.Noy
Des travailleurs migrants originaires de l'Afrique sub-saharienne assis en front de mer, à Benghazi, dans l'est de la Libye.

GENÈVE, 22 août (HCR) Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, a exhorté aujourd'hui toutes les parties au conflit en Libye à assurer que les milliers de ressortissants de pays tiers pris au piège par le conflit en cours à Tripoli et dans d'autres régions soient suffisamment protégés des violences.

« Des milliers de ressortissants de pays tiers se trouvant en Libye doivent éprouver en cette période un profond sentiment de crainte et d'incertitude », a-t-il expliqué. « Nous avons observé lors de précédents stades de cette crise que ces personnes, tout spécialement les Africains, peuvent être particulièrement vulnérables à l'hostilité ou à des actes de vengeance. Il est essentiel que les lois humanitaires priment en ces périodes décisives et que les étrangers y compris les réfugiés et les travailleurs migrants soient pleinement et suffisamment protégés contre les violences. »

Il est essentiel que les lois humanitaires priment en ces périodes décisives et que les étrangers y compris les réfugiés et les travailleurs migrants soient pleinement et suffisamment protégés contre les violences.

António Guterres
Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés

Des centaines de milliers de travailleurs migrants, ainsi que des personnes ayant des besoins en matière de protection internationale, ont fui la Libye vers des pays voisins depuis le début de la crise libyenne. Cependant, plusieurs dizaines de milliers d'autres seraient restés à Tripoli et dans d'autres régions.

Ces ressortissants, et en particulier ceux de pays d'Afrique sub-saharienne, sont harcelés ou attaqués à cause de rumeurs selon lesquelles beaucoup d'entre eux sont des mercenaires recrutés pour combattre dans le conflit qui a débuté en février. Beaucoup ont risqué leur vie pour fuir la Libye durant une traversée périlleuse de la mer Méditerranée pour rejoindre l'Europe.

Le HCR est présent à Tripoli, la capitale libyenne, et dans l'est du pays. Des équipes du HCR opèrent également aux frontières tunisienne et égyptienne.

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Des milliers de personnes déplacées se trouvent toujours dans l'est de la Libye à la suite du conflit qui a éclaté à la mi-février entre les forces gouvernementales et d'opposition. La plupart des déplacés sont hébergés par des familles d'accueil, dans des bâtiments vides ou des écoles. D'autres personnes relevant de la compétence du HCR - réfugiés et demandeurs d'asile - ont fui par bateau les zones de combat comme Misrata pour aller vers des lieux plus sûrs. Les uns espèrent maintenant retrouver leur foyer en Libye, les autres être réinstallés dans un pays tiers tandis que d'autres encore souhaitent retourner dans leur pays d'origine. Hélène Caux du HCR a photographié la vie des personnes déplacées, des réfugiés et des migrants à Misrata, Benghazi et Tobrouk.

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Un migrant ivoirien décrit ainsi la vie à Tripoli avant son départ : « Il n'y avait aucun lieu en paix. On entendait des tirs partout. Puis l'OTAN a débuté les bombardements. Nous n'avions rien à manger. Des Libyens ont commencé à attaquer les étrangers la nuit, pour voler leur argent, leur téléphone mobile, tout ce qu'ils avaient... Impossible de rester là-bas avec eux. Il valait mieux prendre la fuite. »

Le HCR estime qu'une personne sur dix meurt pendant le voyage en mer. Les corps rejetés par la mer sont inhumés au cimetière de Lampedusa.

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