En Ethiopie, transfert des réfugiés somaliens vers un nouveau camp et campagne de vaccination contre la rougeole

Articles d'actualité, 9 août 2011

© HCR/L.Padoan
Des réfugiés somaliens dans une file d'attente pour recevoir un repas chaud au centre de transit de Dollo Ado dans le sud de l'Ethiopie.

DOLLO ADO, Ethiopie, 9 août (HCR) Quelque 4 000 réfugiés somaliens ont été transférés dans un nouveau camp en Ethiopie, dans le cadre d'une opération en cours visant à décongestionner des zones accueillant les nouveaux arrivants depuis la Somalie frappée par le conflit et la famine.

Plus de 78 000 Somaliens sont arrivés dans la zone de Dollo Ado au sud de l'Ethiopie depuis janvier, ce qui a porté une forte pression sur les installations de réception dans cette région reculée. Le camp de Kobe, qui a été ouvert en juin pour accueillir les nouveaux arrivants, s'est rempli en quelques semaines.

Un autre camp, Hilaweyn, a récemment été ouvert. Le 5 août, le HCR et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont débuté le transfert des réfugiés depuis le centre de transit surpeuplé de Dollo Ado vers ce nouveau camp. Avec 1 000 réfugiés transférés chaque jour, quelque 15 000 réfugiés devraient l'être d'ici une quinzaine de jours.

Le transfert se déroule parallèlement à une mobilisation pour contenir une menace d'épidémie de rougeole dans les camps de Dollo Ado. Le HCR et ses partenaires mènent une campagne de dépistage et de vaccination contre la rougeole pour tous les enfants âgés entre six mois et 15 ans avant leur transfert vers le camp d'Hilaweyn.

Mardi, une cargaison de vaccins a été acheminée par avion vers Dollo Ado avec le soutien de l'UNICEF et du Ministère éthiopien de la santé. Le HCR et ses partenaires s'apprêtent à intensifier jeudi la campagne de vaccination contre la rougeole dans le camp de Kobe, le plus affecté de la zone.

« L'un des défis pour contenir la menace d'épidémie réside dans le fait que les réfugiés n'ont pas l'habitude de demander des soins médicaux pour les malades », a indiqué Andrej Mahecic, le porte-parole du HCR à Genève mardi. « Nos partenaires dans le domaine de la santé ont lancé une vaste campagne de mobilisation communautaire pour faire connaître les symptômes de la rougeole, avec les '3r' yeux rouges, nez qui coule (runny nose) et rougeur cutanée. »

Du matériel didactique dans le domaine de la santé édité en langue somalienne a également été distribué à Dollo Ado. Des messages sont diffusés dans les centres de distribution d'aide alimentaire, aux points d'eau ainsi que dans les centres de santé et de nutrition. Les chefs religieux et communautaires ont également été mobilisés pour cette campagne de sensibilisation, et particulièrement pour encourager les familles à orienter les malades vers les dispensaires.

« Globalement, l'apparition de cas suspects de rougeole reste relativement faible en tant que cause de mortalité dans les camps, car les principales causes de décès restent la diarrhée, l'infection des voies respiratoires et la malnutrition aiguë », a expliqué Andrej Mahecic.

Il a ajouté qu'une stratégie d'intervention prioritaire pour répondre à un taux élevé de mortalité dans les camps était en cours d'élaboration, alors que le travail continue pour améliorer les programmes d'aide nutritionnelle, de distribution d'eau et d'installation de systèmes d'assainissement.

Parallèlement, en Somalie, un avion-cargo affrété par le HCR a atterri lundi à Mogadiscio, dans le cadre du premier pont aérien organisé vers cette ville depuis cinq ans. Il transportait à son bord des bâches en plastique, des matelas, des couvertures, des jerrycans et des ustensiles de cuisine utilisés par les personnes déplacées pour recueillir l'aide alimentaire et faire cuire la nourriture. Un deuxième avion-cargo est attendu jeudi, suivi, la semaine prochaine, d'un troisième qui transportera des biscuits hautement énergétiques.

Le HCR s'apprête à fournir une assistance à quelque 180 000 personnes à Mogadiscio et dans le sud-centre de la Somalie d'ici la fin du mois. La situation sécuritaire instable dans le sud et le centre de la Somalie continue toutefois à entraver la capacité des agences humanitaires à fournir une aide vitale.

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Réponse aux situations d'urgence

Le HCR s'engage à accroître sa capacité à répondre aux situations d'urgence complexes.

Le rythme d'arrivée des réfugiés somaliens au Kenya est alarmant

Les trois camps de Dadaab, dont la capacité d'accueil était initialement prévue pour 90 000 personnes, comptent désormais une population d'environ 250 000 civils somaliens, ce qui fait de ce complexe accueillant des réfugiés l'un des plus grands et des plus surpeuplés au monde. Le HCR craint l'arrivée de dizaines de milliers d'autres réfugiés en 2009 dans cette région isolée située au nord-est du Kenya, alors que la situation continue à se détériorer dans leur pays en proie à des troubles.

Les ressources, comme l'eau et la nourriture, se réduisent dangereusement dans les camps surpeuplés, avec parfois 400 familles se partageant l'usage d'un robinet d'eau. Il n'y a plus de place pour monter de nouvelles tentes, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

Début 2009, le Gouvernement kényan a donné son accord pour allouer des terres supplémentaires à Dadaab, ce qui permettra d'héberger quelque 50 000 réfugiés. Les photos ci-après montrent les conditions de vie dans le camp de Dadaab en décembre 2008.

Le rythme d'arrivée des réfugiés somaliens au Kenya est alarmant

Nouvelles arrivées en Ethiopie

La contrée isolée de Dolo Ado devient le refuge de quelque 10 000 Somaliens fuyant la violence dans leur pays.

Depuis le début de l'année, environ 10 000 Somaliens ont traversé la frontière en quête de refuge et ils sont arrivés à Dolo Ado, un lieu isolé, brûlé par le soleil et situé au sud-est de l'Ethiopie - où les habitants sont majoritairement de l'ethnie somali. La plupart ont fui l'insécurité après le retrait des troupes éthiopiennes du centre et du sud de la Somalie et la reprise de ces régions par des insurgés. Au pic de l'afflux au début du mois de février 2009, quelque 150 personnes franchissaient la frontière chaque jour. En réponse à cette situation, une équipe d'urgence du HCR a été envoyée sur place pour aider à gérer un centre de transit à Dolo Ado. De plus, le HCR a fait parvenir des convois contenant des articles de secours, y compris des moustiquaires, des couvertures, des jerrycans, des batteries d'ustensiles de cuisine et des bâches en plastique. Les efforts humanitaires sont coordonnés avec d'autres agences des Nations Unies et des ONG pour assurer que les besoins sont satisfaits. Bien que de nombreux Somaliens déplacés à l'intérieur du sud et du centre de la Somalie ont commencé à rentrer, principalement vers Mogadiscio, de nombreux Somaliens restent à Dolo Ado car ils ont besoin de protection. Etant donné les faibles perspectives de rapatriement dans un avenir proche, un nouveau camp est actuellement en cours de préparation et les cas des réfugiés sont maintenant examinés.

Nouvelles arrivées en Ethiopie

Kenya : largages aériens pour les camps de réfugiés affectés par les inondations

Ce week-end, l'UNHCR a commencé, avec l'aide de l'armée américaine, le largage aérien d'urgence d'environ 200 tonnes de biens de secours destinés aux milliers de réfugiés affectés par de graves inondations dans les camps de réfugiés de Dadaab au nord du Kenya.

Ces largages aériens offrent un spectacle impressionnant. Un avion cargo C-130 a largué, à chaque rotation, 16 tonnes de bâches en plastique, de moustiquaires, de tentes et de couvertures, au-dessus d'un site préalablement évacué de toute présence humaine et animale. Des réfugiés ont ensuite chargé le matériel dans des camions pour l'acheminer vers les camps.

Dadaab, un complexe de trois camps accueillant quelque 160 000 réfugiés, principalement originaires de Somalie, a été coupé du monde par un mois de fortes pluies qui ont emporté la seule route permettant de relier les camps isolés depuis la capitale kenyane, Nairobi. Le transport aérien s'est avéré la seule solution pour faire parvenir les secours vers les camps.

L'UNHCR a transféré 7 000 réfugiés parmi les plus touchés depuis Ifo vers le camp d'Hagadera, à quelque 20 kilomètres plus loin. 7 000 autres réfugiés ont été transférés vers un nouveau site, appelé Ifo 2, situé plus en altitude.

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