Le HCR distribue des repas du ramadan à 55 000 réfugiés libyens en Tunisie

Articles d'actualité, 3 août 2011

© UNHCR/R.Nuri
Un jeune réfugié emporte une boîte de nourriture pour le repas du soir pendant le ramadan.

TATAOUINE, Tunisie, 3 août (HCR) Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et plusieurs organisations partenaires ont commencé la distribution de denrées pour le repas du soir à plus de 55 000 réfugiés libyens à l'occasion du jeûne islamique du mois du ramadan.

Quinze produits alimentaires différents, dont du riz, des pâtes, du couscous, de l'huile, de la pâte de tomate, du thon, du sucre et des dattes sont distribués dans cinq provinces du sud de la Tunisie, où séjournent des dizaines de milliers de Libyens dans des camps ou des familles d'accueil après avoir fui les combats qui ont fait rage en Libye cette année.

La nourriture sera consommée durant l'iftar (le repas du soir). Pendant le ramadan, qui a débuté lundi, les musulmans n'ont pas le droit de manger ou de boire de l'aube au crépuscule, afin d'apprendre la patience, la spiritualité et la modestie, entre autres choses.

Près de 400 employés du HCR et d'autres organisations locales et internationales ont aidé à emballer les aliments, à les transporter et à les distribuer dans plus de 34 points de distribution dans le sud du pays, dont ici à Tataouine.

Pendant le ramadan, quelque 10 000 familles (soit près de 55 000 personnes) recevront chacune un total de 120 kilos de denrées alimentaires. La nourriture sera distribuée à intervalles réguliers dans les provinces de Tataouine, Gabès, Kébili, Sfax et Médenine.

La plupart des Libyens ont peu de ressources et se sont réjouis de recevoir de la nourriture. « Ce don nous aidera grandement à réduire les dépenses familiales pendant le ramadan », déclare Ali, un homme de 72 ans, tandis qu'il fait la queue pour obtenir son colis alimentaire au centre de distribution Al Khayr à Tataouine.

Ali, qui a fui en Tunisie en avril avec de nombreux membres de sa famille, dit que le ramadan est très important pour lui et sa famille. « Le ramadan est l'occasion pour les familles de se réunir » dit-il, tout en ajoutant tristement : « Bien que les Tunisiens soient très généreux, il est difficile de se sentir chez soi, car notre réseau communautaire a été disloqué. »

Nasir Abel Fernandes, le coordonnateur principal d'urgence du HCR dans le sud tunisien, a indiqué que la logistique de l'opération avait très bien fonctionné grâce à une collaboration fructueuse entre tous les intervenants, y compris le gouvernement.

Les autres organisations prenant part à l'opération Ramadan sont le Programme alimentaire mondial, le Croissant-Rouge tunisien, le Croissant-Rouge des Émirats Arabes Unis, le Secours islamique, Al Tawoon, Secours Islamique France, le Secours populaire français, Wafa Relief et le Libyan Relief Committee.

Par Rocco Nuri à Tataouine, en Tunisie

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De février à octobre 2011, plus d'un million de personnes ayant fui le conflit libyen sont arrivées en Tunisie. Il s'agissait en général de travailleurs migrants ayant regagné leur pays d'origine par leurs propres moyens ou ayant été rapatriés. Parmi les arrivants se trouvaient néanmoins des réfugiés ou des demandeurs d'asile ne pouvant ni retourner chez eux ni vivre librement en Tunisie.

Le HCR fait son possible pour trouver des solutions pour les demandeurs d'asile et les réfugiés qui, pour la plupart, ont abouti au camp de transit de Choucha, près de la frontière libyenne. La réinstallation est la formule la plus appropriée pour ceux qui ont été enregistrés à Choucha en tant que réfugiés avant la date butoir du 1er décembre 2011.

À la fin avril, 14 pays avaient accepté d'accueillir 2349 réfugiés pour une réinstallation, dont 1331 ont d'ores et déjà quitté la Tunisie, les autres devant le faire dans le courant de l'année. Pour une majorité d'entre eux, les pays d'accueil seront l'Australie, la Norvège ou les États-Unis d'Amérique. Cependant il reste au camp de Choucha plus de 2600 réfugiés et près de 140 demandeurs d'asile. Le HCR continue de solliciter les pays pour une réinstallation des réfugiés.

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