Avec l'afflux de Somaliens au Kenya, le nouveau camp d'Ifo Extension se remplit

Articles d'actualité, 3 août 2011

© HCR/B.Bannon
Ces hommes construisent des latrines, une installation essentielle, pour les réfugiés transférés depuis les zones d'installation spontanée d'Ifo vers le camp d'Ifo Extension à Dadaab, au Kenya.

IFO EXTENSION, Kenya, 3 août (HCR) Henok Ochalla sait qu'il est engagé dans une course contre la montre pour sauver des vies. Pour gérer l'afflux massif de réfugiés dans la zone de Dadaab depuis la Somalie en proie au conflit et à la famine, ce coordonnateur du HCR pour la gestion de situations d'urgence doit monter chaque jour au moins 300 tentes pour héberger 1 500 familles (7 500 personnes).

Le HCR et ses partenaires transfèrent des milliers de réfugiés récemment arrivés depuis des zones surpeuplées et peu sûres de Dadaab vers une nouvelle extension du complexe tentaculaire des camps de réfugiés. L'objectif est de fournir un hébergement pour au moins 90 000 réfugiés d'ici la fin novembre.

Le travail pour équiper le camp d'Ifo Extension est déjà bien avancé. Le HCR et ses partenaires ont commencé à préparer un autre camp, qui permettra également de soulager les conditions de surpopulation à Dadaab. La capacité initiale d'accueil du camp de Dadaab était de 90 000 personnes lors de son ouverture en 1991. Sa population dépasse aujourd'hui les 400 000 personnes.

Plus de 73 000 demandeurs d'asile sont arrivés ces deux derniers mois. Ils fuient le conflit et la sécheresse qui touchent près de 10 millions de personnes dans la corne de l'Afrique.

Après avoir récemment reçu l'accord final du Gouvernement kényan, des équipes du HCR sont engagés dans une course contre la montre pour monter les tentes, installer des latrines et construire des réservoirs d'eau. Tout ce travail se déroule alors que le HCR et ses partenaires ont déjà commencé à transférer des réfugiés dans ce site.

Après plus d'une semaine, le HCR est en bonne voie pour la réalisation de ses objectifs. Il y a déjà suffisamment de tentes pour héberger environ 10 000 personnes. Oxfam (GB), un partenaire du HCR, a installé trois réservoirs d'eau d'une capacité de 10 000 litres chacun. Médecins sans Frontières (Espagne) continue de fournir des services de santé d'urgence à Ifo Extension.

« Nous faisons du bon travail », explique Henok Ochalla. « Mais nous avons besoin de réaliser un travail excellent. Nous sommes tous à la limite de notre capacité. Mais nous devons continuer. »

Le transfert des réfugiés est également une tâche difficile. Chaque famille qui entre dans le nouveau camp doit compter au moins quatre membres pour se voir allouer une tente. Le cas échéant, l'objectif de transfert de 1 500 personnes par jour ne pourra pas être atteint. Les familles viennent au centre de gestion du transfert installé dans une tente de fortune au milieu du désert et chacun raconte son vécu.

Au centre de gestion du transfert, un homme se plaint de ne pas pouvoir vivre dans la même tente que sa belle-mère. Henok Ochalla lui explique que d'autres priorités sont plus importantes.

Une vieille femme arrive avec ses deux enfants. Elle est frêle et elle a marché pendant des kilomètres pour recevoir un nouvel hébergement et Henok Ochalla ne peut la laisser tomber. « Elle vient de loin pour avoir une nouvelle maison », explique-t-il, en l'escortant vers son nouvel hébergement.

Par Greg Beals à Ifo Extension, Kenya

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Le rythme d'arrivée des réfugiés somaliens au Kenya est alarmant

Les trois camps de Dadaab, dont la capacité d'accueil était initialement prévue pour 90 000 personnes, comptent désormais une population d'environ 250 000 civils somaliens, ce qui fait de ce complexe accueillant des réfugiés l'un des plus grands et des plus surpeuplés au monde. Le HCR craint l'arrivée de dizaines de milliers d'autres réfugiés en 2009 dans cette région isolée située au nord-est du Kenya, alors que la situation continue à se détériorer dans leur pays en proie à des troubles.

Les ressources, comme l'eau et la nourriture, se réduisent dangereusement dans les camps surpeuplés, avec parfois 400 familles se partageant l'usage d'un robinet d'eau. Il n'y a plus de place pour monter de nouvelles tentes, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

Début 2009, le Gouvernement kényan a donné son accord pour allouer des terres supplémentaires à Dadaab, ce qui permettra d'héberger quelque 50 000 réfugiés. Les photos ci-après montrent les conditions de vie dans le camp de Dadaab en décembre 2008.

Le rythme d'arrivée des réfugiés somaliens au Kenya est alarmant

Kenya : largages aériens pour les camps de réfugiés affectés par les inondations

Ce week-end, l'UNHCR a commencé, avec l'aide de l'armée américaine, le largage aérien d'urgence d'environ 200 tonnes de biens de secours destinés aux milliers de réfugiés affectés par de graves inondations dans les camps de réfugiés de Dadaab au nord du Kenya.

Ces largages aériens offrent un spectacle impressionnant. Un avion cargo C-130 a largué, à chaque rotation, 16 tonnes de bâches en plastique, de moustiquaires, de tentes et de couvertures, au-dessus d'un site préalablement évacué de toute présence humaine et animale. Des réfugiés ont ensuite chargé le matériel dans des camions pour l'acheminer vers les camps.

Dadaab, un complexe de trois camps accueillant quelque 160 000 réfugiés, principalement originaires de Somalie, a été coupé du monde par un mois de fortes pluies qui ont emporté la seule route permettant de relier les camps isolés depuis la capitale kenyane, Nairobi. Le transport aérien s'est avéré la seule solution pour faire parvenir les secours vers les camps.

L'UNHCR a transféré 7 000 réfugiés parmi les plus touchés depuis Ifo vers le camp d'Hagadera, à quelque 20 kilomètres plus loin. 7 000 autres réfugiés ont été transférés vers un nouveau site, appelé Ifo 2, situé plus en altitude.

Kenya : largages aériens pour les camps de réfugiés affectés par les inondations

Inondations dans les camps de réfugiés au Kenya

Des inondations dans le nord-est du Kenya à la mi-novembre ont causé des dégâts dans les trois camps de réfugiés du complexe de Dadaab. Plus de 100 000 réfugiés sur les 160 000 qui y sont accueillis ont été affectés par ces inondations, en particulier au camp d'Ifo. Les réfugiés ont perdu leurs abris et les latrines ont été inondées et détruites. La route d'accès principale reliant Dadaab au reste du Kenya a été coupée par les inondations dues aux fortes pluies, empêchant tout approvisionnement d'aide par voie terrestre.

L'UNHCR a commencé à transférer les réfugiés - souvent avec des charrettes, tirées par des ânes - vers un lieu plus en sécurité, le camp de Hagadera, situé à 20 kilomètres et à une altitude plus élevée. La mise en place d'un pont aérien a permis d'apporter du carburant pour les générateurs, des kits médicaux d'urgence, des bâches en plastique et des pelles pour remplir des sacs de sable afin de consolider les digues anti-inondations. Des biens de premier secours ainsi que de la nourriture ont été distribués aux réfugiés démunis.

L'ampleur de ces inondations rappelle celle des inondations massives ayant suivi les pluies record d'El Nino en 1997, qui avaient submergé toutes les basses terres de l'est du Kenya.

Inondations dans les camps de réfugiés au Kenya

Somalie : La fuitePlay video

Somalie : La fuite

Des milliers de personnes ont fui la ville portuaire de Kismayo en Somalie et, malgré le départ des militants, beaucoup ont choisi de ne pas rentrer.
Somalie : Les touk-touks de GalkayoPlay video

Somalie : Les touk-touks de Galkayo

Des touk-touks ont été offerts à un groupe de déplacés internes somaliens qui vivent dans la ville de Galkayo, ce qui leur facilite la vie.
Somalie : Retour à ZanzibarPlay video

Somalie : Retour à Zanzibar

Un groupe de familles rentre à Zanzibar en Tanzanie après avoir vécu en exil pendant plus de 10 ans à Mogadiscio en Somalie.