Déclaration du HCR sur l'accord Australie-Malaisie

Communiqués de presse, 25 juillet 2011

GENÈVE Le HCR prend note de la signature ce jour d'un accord bilatéral entre l'Australie et la Malaisie sur le transfert et la réinstallation.

Le HCR n'est pas signataire de cet accord, néanmoins l'Organisation apprécie que les deux gouvernements l'aient consulté.

La préférence du HCR s'est toujours orientée vers une disposition qui permettrait aux demandeurs d'asile arrivant par bateau sur le territoire australien de voir leur demande d'asile examinée en Australie, ce qui serait cohérent avec la pratique générale.

L'accord élaboré par les deux parties adopte toutefois une approche différente. Il répond au contexte particulier prévalant aux niveaux national et régional en matière d'asile et de migration dans la région Asie-Pacifique, et qui nécessite de remédier aux problèmes relatifs à la traite des êtres humains et, plus particulièrement, de prévenir de nouvelles pertes de vies humaines en mer.

Le HCR espère que cet accord assurera à terme les dividendes de la protection dans les deux pays et plus largement à travers la région. Par ailleurs, l'Organisation se félicite du fait que 4 000 réfugiés supplémentaires en Malaisie obtiendront une solution durable via la réinstallation en Australie. Les efforts potentiels en faveur de solutions humaines et sûres autres que des traversées périlleuses est également un aspect positif de cet accord. De plus, le Gouvernement malaisien discute actuellement avec le HCR sur l'enregistrement des réfugiés et des demandeurs d'asile, dans le cadre du programme envisagé par le gouvernement et annoncé en juin sur l'enregistrement de tous les travailleurs migrants.

L'accord et ses lignes directrices de mise en œuvre contiennent des garanties en matière de protection comme le respect du principe de non-refoulement, le droit à l'asile, le principe de regroupement familial et d'intérêt supérieur de l'enfant, des conditions d'accueil dignes y compris la protection contre la détention arbitraire, le droit de séjourner en Malaisie dans l'attente d'une solution durable, le droit à l'éducation, l'accès aux soins de santé et le droit de travailler.

Le premier test de cet accord concernera sa mise en œuvre à la fois en Australie et en Malaisie, particulièrement dans le cadre des procédures d'évaluation de la protection et de la vulnérabilité pour les demandeurs d'asile en Australie avant un éventuel transfert.

Le HCR continuera à suivre de près les avancements dans le cadre de cet accord, tout en restant engagé avec les parties pour assurer la mise en œuvre concrète des garanties en matière de protection, dès son entrée en vigueur dans les deux pays.

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Malaisie : Les réfugiés s'entraident

De nombreux Malais ne peuvent cacher leur étonnement lorsqu'ils apprennent que leur pays accueille des réfugiés. Cela montre à quel point les quelque 67 800 réfugiés sont invisibles. Ils ne vivent pas dans des camps mais dans les villes de Malaisie, dans des appartements et des maisons à bas prix au côté des Malais. Les réfugiés, dont l'écrasante majorité est originaire du Myanmar, vivent par groupes très unis de 20 à 30 personnes dans de petits appartements.

Comme dans de nombreux autres pays asiatiques, le statut officiel de réfugié du HCR ne confère pas toujours une protection adaptée. Les réfugiés ne sont pas autorisés à travailler légalement et ils sont exploités pour effectuer des métiers sales, dangereux et difficiles que refuse la population locale.

Plus que dans d'autres pays, les réfugiés en Malaisie se regroupent pour s'entraider en l'absence de services assurés par les pouvoirs publics. Le HCR, les organisations non gouvernementales et des bénévoles soutiennent ces initiatives, y compris des petits commerces d'artisanat ainsi que des écoles et des dispensaires, qui sont essentiellement menées par les réfugiés eux-mêmes.

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