1 réfugié qui a le mal du pays : Des Sri Lankais séparés par un bras de mer

La parole aux réfugiés, 13 juillet 2011

© HCR/S.Perera
Selliah Arumugam est le 1 000e réfugié sri lankais rentré cette année dans son pays avec l'aide du HCR. Avec sa famille, il avait quitté Sri Lanka en 2006 à cause du conflit et il a passé les cinq dernières années dans un camp au Tamil Nadu, en Inde.

COLOMBO, Sri Lanka, 13 juillet (HCR) A l'aéroport international Bandaranaike à Colombo, Selliah Arumugam, accompagné de sa femme et de leurs quatre enfants, est entré dans la salle des arrivées, le visage illuminé d'un large sourire en poussant un caddie lourdement chargé de bagages.

Cet homme de 42 ans est le 1 000e réfugié sri lankais à rentrer dans son pays cette année grâce à l'aide du HCR. Originaire du village côtier de Mannar, dans le nord-ouest du pays, la famille Arumugam a fui la dégradation de la situation de sécurité dans leur village en août 2006. Selliah se rappelle la traversée périlleuse du détroit de Palk il y a cinq ans. « Nous avons attendu dans le noir, puis nous sommes montés à bord d'un bateau avec beaucoup d'autres pour rejoindre l'Inde. La mer était démontée et mon dernier enfant avait tout juste trois ans. »

En Inde, ils ont vécu au camp d'Okkur, dans l'Etat du Tamil Nadu, au sud de l'Inde. « La vie n'était pas facile, mais nous n'avions aucune autre solution. Alors nous sommes restés en Inde, en espérant pouvoir rentrer un jour sur nos terres », a-t-il expliqué.

De nombreux réfugiés sri lankais ont vécu la même expérience. A la fin de l'année dernière, quelque 141 000 d'entre eux vivaient hors de leur pays, dont une majorité dans le Tamil Nadu.

Plus de deux ans après la fin de la guerre civile ayant duré 26 ans, le rythme des retours s'intensifie. Le HCR aide un nombre croissant de réfugiés sri lankais à rentrer dans leurs villages du nord et de l'est du pays. La plupart des retours se font depuis les camps de réfugiés du Tamil Nadu, avec de plus petits nombres depuis des pays comme la Malaisie, la Géorgie ou l'île carribéenne de Sainte-Lucie. Les principales zones de retour sont Trincomalee, Mannar, Vavuniya et Jaffna. De plus petits nombres rentrent vers Kilinochchi, Batticaloa, Ampara et Colombo.

« Le nombre des réfugiés qui rentrent à Sri Lanka augmente lentement et pourrait encore s'accroître durant les six prochains mois avec l'ouverture récente de la traversée en ferry entre Tuticorin et Colombo », a expliqué Michel Zwack, le Représentant du HCR à Sri Lanka. Tuticorin est un port situé dans le sud-est de l'Etat du Tamil Nadu.

Les réfugiés sri lankais souhaitant un rapatriement volontaire peuvent contacter le bureau du HCR le plus proche dans leur pays d'asile. Une fois que leur demande est acceptée, ils reçoivent un billet d'avion vers Sri Lanka et ils sont aidés durant la procédure pour obtenir les documents de voyage nécessaires. A Sri Lanka, le personnel du HCR accueille les rapatriés et leur verse une allocation de transport pour les aider à rentrer chez eux.

Selliah et d'autres rapatriés ayant bénéficié du programme de rapatriement volontaire du HCR ont également reçu une allocation standard, une mesure visant à les aider à recommencer leur vie. A l'arrivée à la destination finale à Sri Lanka, ils peuvent contacter l'un des cinq bureaux du HCR dans le nord et l'est du pays, pour obtenir un kit d'articles ménagers essentiels, comprenant des matelas en plastique, des moustiquaires, des draps, des seaux et des batteries de cuisine.

Dans les villages de retour, le HCR mène des suivis réguliers et cherche à assurer que les rapatriés bénéficient d'une formation sur le risque des mines antipersonnel et soient inscrits dans les listes de bénéficiaires de rations alimentaires. L'agence oriente les personnes ayant des besoins spécifiques comme les handicapés et les personnes âgées dans des institutions spécialisées. Les employés de l'agence recommandent également les rapatriés ayant besoin d'une aide juridique aux autorités compétentes ou à d'autres organisations pouvant fournir une assistance ciblée.

Après avoir reçu les allocations du HCR à Colombo, Selliah a rassemblé sa famille et ils sont partis vers leur village à Mannar. « Je suis vraiment impatient de rentrer, de voir mes proches et de recommencer une nouvelle vie », a-t-il expliqué. « Je suis producteur de riz, alors je vais recommencer à faire ce métier. Après tout, c'est ce que je sais faire. »

Quelque 2 800 réfugiés sri lankais en Inde et au-delà ont exprimé le souhait de rentrer dans leur pays dans un avenir proche. Le HCR estime qu'un seul réfugié ayant le mal du pays, c'est déjà trop, et se tient prêt à aider des personnes comme Selliah à réaliser leur rêve.

Par Sulakshani Perera à Colombo, Sri Lanka

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En Février 2002, le gouvernement du Sri Lanka et l'Armée de libération des Tigres Tamouls (LTTE) ont signé un accord de cessez-le-feu et entamé une série de négociations devant engendrer une paix durable. À la fin de l'année 2003, plus de 300 000 personnes déplacées étaient déjà retournées dans leurs villes et villages largement dévastés.

Dans le cadre de ces retours, le HCR fournit une protection physique et juridique aux civils affectés par la guerre, tout en finançant une série de projets dans des domaines aussi variés que le logement, la santé, les installations sanitaires ainsi que divers services communautaires et projets générateurs de revenus.

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L'apatridie à Sri Lanka : les « Tamouls des collines »

À Sri Lanka, le pittoresque « pays des collines » est parsemé de centaines de plantations de thé. La plupart des gens qui y travaillent sont des descendants de Tamouls venus d'Inde entre 1820 et 1840, à l'époque où l'île était une colonie britannique. Les « Tamouls des collines » ont contribué, dans des proportions considérables, à la prospérité économique de Sri Lanka pendant près de deux siècles ; pourtant, jusqu'à une époque très récente, la législation draconienne du pays sur la nationalité rendait leur accession à la citoyenneté presque impossible. Dépourvus de papiers, ils ne pouvaient voter, travailler dans la fonction publique, ouvrir un compte en banque ou voyager librement.

Par le passé, les Tamouls des collines ont fait l'objet d'un certain nombre d'accords bilatéraux qui leur donnaient la possibilité d'opter pour la nationalité sri-lankaise ou la nationalité indienne. Cependant, selon les estimations, il y avait encore 300 000 apatrides d'origine indienne dans l'île en 2003.

La situation s'est très sensiblement améliorée lorsque le Parlement a voté, en octobre de la même année, une loi accordant la nationalité aux personnes d'origine indienne établies à Sri Lanka depuis 1964, ainsi qu'à leurs descendants. Le HCR, les pouvoirs publics et des organisations locales ont mené une campagne pour informer les Tamouls des collines de la publication de la loi et des démarches à accomplir pour acquérir la nationalité. À la fin de l'année 2003, plus de 190 000 apatrides ont obtenu la nationalité sri-lankaise en dix jours - une extraordinaire réussite, qui s'inscrit dans l'effort mené à l'échelle mondiale pour réduire les cas d'apatridie.

De plus, en 2009, le parlement a amendé la réglementation existante, afin d'accorder la nationalité aux personnes qui se sont réfugiées en Inde pour échapper au conflit qui sévissait à Sri Lanka et qui vivent actuellement dans des camps. Il est donc plus facile aux réfugiés de regagner leur pays s'ils le souhaitent.

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