Le HCR demande 136,3 millions de dollars ; la crise s'aggrave dans la corne de l'Afrique

Articles d'actualité, 8 juillet 2011

© HCR
Lors de la visite du Haut Commissaire du HCR António Guterres, une nouvelle arrivante somalienne au centre de transit pour les réfugiés à Dollo Ado dans le sud-est de l'Ethiopie.

DOLLO ADO, Ethiopie, 8 juillet (HCR) Le HCR a lancé aujourd'hui un appel de fonds urgent d'un montant de 136,3 millions de dollars afin d'éviter une crise humanitaire dans un contexte d'exode croissant des Somaliens fuyant le conflit et la sécheresse dans leur pays.

Ces fonds additionnels viseront à répondre aux besoins nécessaires à la survie des nouveaux arrivants en Ethiopie, à Djibouti et au Kenya.

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, se trouve dans la région pour faire connaître le sort de ces nouveaux réfugiés, dont beaucoup souffrent de malnutrition sévère. Il s'est rendu jeudi à Dollo Ado, dans une région isolée et sèche du sud-est de l'Ethiopie où des milliers de nouveaux réfugiés somaliens ont trouvé refuge ces derniers mois.

Durant plusieurs heures, António Guterres et son équipe ont visité les différents centres pour la réception et pour le transit près de Dollo Ado, et ils se sont entretenus avec des réfugiés et des travailleurs humanitaires. Ils se sont ensuite rendus à 60 kilomètres plus à l'ouest, par des routes parsemées de pierres, vers un nouveau camp de réfugiés à Kobe. Ce camp a été ouvert il y a quelques semaines toutefois il est déjà sur le point d'atteindre sa capacité d'accueil maximale de 20 000 personnes, au vu des nouvelles arrivées.

« 2011 est l'année de toutes les crises mais je crois qu'en Somalie se déroule la pire tragédie humanitaire de cette année », a indiqué António Guterres aux journalistes qui l'accompagnent. « Nos cœurs se brisent lorsque des mères nous racontent qu'après avoir marché des jours en quête de sécurité, elles ont vu leurs enfants mourir en chemin [et] sous leurs yeux parce que les médecins sont dans l'incapacité de les aider car il est trop tard. »

Ce qu'António Guterres a vu durant cette mission, c'est l'impact de la toute dernière crise en Somalie sur ses propres déplacés qui représentent près d'un quart de l'entière population du pays et les difficultés auxquelles sont confrontées les organisations humanitaires dans leur effort de réponse.

Le stress et l'épuisement se lisent sur les visages des réfugiés récemment arrivés, qui se trouvent dans les files d'attente avant de se faire enregistrer et de recevoir des cartes de rations alimentaires et d'autres aides. La plupart d'entre eux sont originaires de la région de Bay à l'ouest de Mogadiscio, et certains disent avoir marché durant plus de 30 jours avant d'arriver ici. « Mon père est très malade, mais j'ai dû prendre mes six enfants avec moi et fuir l'insécurité », a indiqué une femme. « Nous ne pouvons pas vivre ici. » D'autres ont parlé de leurs enfants morts en chemin.

Pour la Somalie, déchirée par un conflit armé depuis une vingtaine d'années, la sécheresse a mené à une augmentation dramatique du nombre des déplacés. La réduction de la production agricole a généré une hausse des prix alimentaires. L'aide alimentaire est insuffisante. La situation de la population civile est aggravée par une offensive menée par les forces pro-gouvernementales débutée en février contre les milices Al-Shabaab près des frontières avec le Kenya et l'Ethiopie. Depuis lors, le nombre des réfugiés arrivant ici à Dollo Ado a augmenté chaque mois : 54 000 personnes sont déjà arrivées cette année et près de 1 700 personnes arrivent chaque jour depuis quelques semaines. En clair, les déplacés doivent devenir des réfugiés pour obtenir une aide.

Parmi ces récents arrivants à Dollo Ado, les taux de malnutrition et de mortalité sont alarmants. Au moins 50% des enfants ont une insuffisance nutritionnelle modérée ou grave. Des taux similaires sont enregistrés au Kenya.

Des agences humanitaires et l'agence gouvernementale pour les réfugiés font leur possible pour gérer l'afflux. Actuellement, le nombre des arrivants dans la zone de Dollo Ado dépasse la capacité d'enregistrement. Les systèmes pour satisfaire les besoins en vivres et en soins de santé sont mis à rude épreuve. L'électricité pour pomper l'eau dans les camps connaît une pénurie d'approvisionnement car, avec le ciel nuageux, les panneaux solaires ne produisent pas suffisamment d'énergie.

Un nouveau camp, situé non loin à Kobe, a été ouvert il y a plusieurs semaines. Toutefois il est déjà sur le point d'atteindre sa capacité d'accueil maximale de 20 000 personnes. Sur la route vers le camp, l'équipe du chef du HCR a vu passer un convoi de plusieurs centaines de réfugiés se dirigeant vers Kobe où, rangée après rangée, les tentes du HCR s'étendent à perte de vue. De nouveaux camps sont nécessaires d'urgence et pourraient être établis si de nouveaux financements sont bientôt reçus de la communauté internationale.

Lors d'entretiens avec des journalistes qui l'accompagnent durant sa visite, António Guterres a évoqué le besoin d'aide humanitaire à l'intérieur de la Somalie pour que ses habitants n'aient pas à fuir et passer des frontières pour survivre. Actuellement l'insécurité empêche ou limite le travail des acteurs humanitaires en Somalie. Et à Dollo Ado ils en voient chaque jour le coût en vies humaines. Les familles arrivent épuisées, les enfants meurent en chemin, c'est presque une population entière qui est en mouvement. « Cette situation déchire le cœur », a expliqué António Guterres.

Par Adrian Edwards à Dollo Ado, Ethiopie

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Le rythme d'arrivée des réfugiés somaliens au Kenya est alarmant

Les trois camps de Dadaab, dont la capacité d'accueil était initialement prévue pour 90 000 personnes, comptent désormais une population d'environ 250 000 civils somaliens, ce qui fait de ce complexe accueillant des réfugiés l'un des plus grands et des plus surpeuplés au monde. Le HCR craint l'arrivée de dizaines de milliers d'autres réfugiés en 2009 dans cette région isolée située au nord-est du Kenya, alors que la situation continue à se détériorer dans leur pays en proie à des troubles.

Les ressources, comme l'eau et la nourriture, se réduisent dangereusement dans les camps surpeuplés, avec parfois 400 familles se partageant l'usage d'un robinet d'eau. Il n'y a plus de place pour monter de nouvelles tentes, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

Début 2009, le Gouvernement kényan a donné son accord pour allouer des terres supplémentaires à Dadaab, ce qui permettra d'héberger quelque 50 000 réfugiés. Les photos ci-après montrent les conditions de vie dans le camp de Dadaab en décembre 2008.

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Nouvelles arrivées en Ethiopie

La contrée isolée de Dolo Ado devient le refuge de quelque 10 000 Somaliens fuyant la violence dans leur pays.

Depuis le début de l'année, environ 10 000 Somaliens ont traversé la frontière en quête de refuge et ils sont arrivés à Dolo Ado, un lieu isolé, brûlé par le soleil et situé au sud-est de l'Ethiopie - où les habitants sont majoritairement de l'ethnie somali. La plupart ont fui l'insécurité après le retrait des troupes éthiopiennes du centre et du sud de la Somalie et la reprise de ces régions par des insurgés. Au pic de l'afflux au début du mois de février 2009, quelque 150 personnes franchissaient la frontière chaque jour. En réponse à cette situation, une équipe d'urgence du HCR a été envoyée sur place pour aider à gérer un centre de transit à Dolo Ado. De plus, le HCR a fait parvenir des convois contenant des articles de secours, y compris des moustiquaires, des couvertures, des jerrycans, des batteries d'ustensiles de cuisine et des bâches en plastique. Les efforts humanitaires sont coordonnés avec d'autres agences des Nations Unies et des ONG pour assurer que les besoins sont satisfaits. Bien que de nombreux Somaliens déplacés à l'intérieur du sud et du centre de la Somalie ont commencé à rentrer, principalement vers Mogadiscio, de nombreux Somaliens restent à Dolo Ado car ils ont besoin de protection. Etant donné les faibles perspectives de rapatriement dans un avenir proche, un nouveau camp est actuellement en cours de préparation et les cas des réfugiés sont maintenant examinés.

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Kenya : largages aériens pour les camps de réfugiés affectés par les inondations

Ce week-end, l'UNHCR a commencé, avec l'aide de l'armée américaine, le largage aérien d'urgence d'environ 200 tonnes de biens de secours destinés aux milliers de réfugiés affectés par de graves inondations dans les camps de réfugiés de Dadaab au nord du Kenya.

Ces largages aériens offrent un spectacle impressionnant. Un avion cargo C-130 a largué, à chaque rotation, 16 tonnes de bâches en plastique, de moustiquaires, de tentes et de couvertures, au-dessus d'un site préalablement évacué de toute présence humaine et animale. Des réfugiés ont ensuite chargé le matériel dans des camions pour l'acheminer vers les camps.

Dadaab, un complexe de trois camps accueillant quelque 160 000 réfugiés, principalement originaires de Somalie, a été coupé du monde par un mois de fortes pluies qui ont emporté la seule route permettant de relier les camps isolés depuis la capitale kenyane, Nairobi. Le transport aérien s'est avéré la seule solution pour faire parvenir les secours vers les camps.

L'UNHCR a transféré 7 000 réfugiés parmi les plus touchés depuis Ifo vers le camp d'Hagadera, à quelque 20 kilomètres plus loin. 7 000 autres réfugiés ont été transférés vers un nouveau site, appelé Ifo 2, situé plus en altitude.

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Nyabuka Lam est Sud-Soudanaise et elle est arrivée à Pagak, en Ethiopie, en septembre après avoir échappé à des hommes armés qui ont tué ses trois enfants et son mari dans son pays d'origine. Après avoir marché pendant 15 jours en quête de sécurité vers Pagak, elle est désormais en voie de recommencer une nouvelle vie.
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Des milliers de personnes ont fui la ville portuaire de Kismayo en Somalie et, malgré le départ des militants, beaucoup ont choisi de ne pas rentrer.
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Des touk-touks ont été offerts à un groupe de déplacés internes somaliens qui vivent dans la ville de Galkayo, ce qui leur facilite la vie.