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Le HCR préoccupé par l'état de malnutrition sévère des nouveaux réfugiés somaliens

Articles d'actualité, 5 juillet 2011

© HCR/R.Gangale
Cet enfant et sa mère ont fui la guerre en Somalie centrale et méridionale et sont arrivés à Bossasso.

GENÈVE, 5 juillet (HCR) Le HCR est préoccupé par le taux élevé de malnutrition parmi les réfugiés somaliens fuyant vers l'Ethiopie et le Kenya dans un contexte de sécheresse et de conflit ravageant leur pays.

Les violences en Somalie combinées à une sécheresse dévastatrice ont forcé plus de 135 000 Somaliens à fuir depuis le début de l'année. Pour le seul mois de juin, 54 000 personnes ont fui vers l'Ethiopie et le Kenya, soit trois fois plus plus qu'en mai.

« Le HCR est particulièrement préoccupé par des taux inégalés de malnutrition observés parmi les nouveaux arrivants tout spécialement les enfants réfugiés », a indiqué Melissa Fleming, porte-parole du HCR, à Genève mardi. « Plus de 50% des enfants somaliens arrivant en Ethiopie souffrent de malnutrition sévère, avec un taux légèrement inférieur (entre 30 et 40%) mais tout aussi inquiétant pour ceux qui arrivent au Kenya », a-t-elle ajouté.

Melissa Fleming a indiqué que le HCR estime qu'un quart de la population somalienne de 7,5 millions de personnes est désormais soit déplacé interne soit réfugié dans d'autres pays. La sécheresse, combinée à la violence déchirant le sud et le centre du pays, « transforme l'une des pires crises humanitaires au monde en une tragédie humaine inimaginable. »

Le violent conflit qui fait rage en Somalie rend difficile, si ce n'est impossible, pour les agences humanitaires d'accéder à ces personnes pour leur livrer de l'aide. « De nombreuses familles nous expliquent avoir épuisé toutes leurs ressources. Menacés de famine, ils marchent pendant des jours, parfois des semaines, dans le désert, et leur état de santé est déplorable à l'arrivée », a indiqué Melissa Fleming.

De plus en plus, le personnel du HCR reçoit des informations faisant état d'enfants âgés de moins de cinq ans mourant de faim et d'épuisement durant le trajet. De nombreux enfants se trouvent dans un tel état de faiblesse qu'ils meurent dans les 24 heures après leur arrivée malgré les soins d'urgence et l'alimentation thérapeutique qu'ils reçoivent immédiatement.

A Dadaab, dans le complexe des camps de réfugiés au Kenya, où les réfugiés arrivent au rythme de 1 400 personnes par jour, le HCR et ses partenaires distribuent des biscuits à haute teneur énergétique offrant un apport instantané de calories et micronutriments. Ces interventions sauvent des vies. En plus de la malnutrition, le surpeuplement des camps, qui accueillent déjà plus de 382 000 personnes, est une préoccupation majeure.

En Ethiopie, des réfugiés sont enregistrés à la frontière par les autorités avant d'être transférés dans un centre de transit du HCR où ils reçoivent des repas chauds et passent des contrôles sanitaires et nutritionnels. Le HCR a récemment ouvert un nouveau camp à Kobe, le troisième dans le sud-est de l'Ethiopie, qui atteint rapidement sa capacité d'accueil de 20 000 personnes.

« Avec les autorités éthiopiennes et en préparation de l'afflux continu, nous avons identifié un quatrième site et des discussions sont en cours sur l'emplacement d'un cinquième camp », a indiqué Melissa Fleming.

Dans le cadre de la réponse mise en œuvre par le HCR, un Boeing 747 cargo affrété par le HCR devrait atterrir à Addis Abeba en fin de journée avec, à son bord, 100 tonnes de matériel d'aide humanitaire en provenance de notre entrepôt d'urgence à Dubaï. Un convoi comptant vingt camions chargés de milliers de tentes et d'autres biens de secours a quitté Djibouti hier après-midi et devrait arriver jeudi dans la capitale éthiopienne. Le Haut Commissaire devrait se rendre en Ethiopie et au Kenya à la fin de cette semaine.

Le HCR va publier un appel de fonds pour couvrir les besoins en matière de protection, d'aide alimentaire, d'abri, de soins de santé et d'autres articles d'aide vitale. Les besoins sont urgents et massifs. Compte tenu de l'urgence de la situation, le HCR n'appelle pas seulement les gouvernements mais également les donateurs du secteur privé et les particuliers à financer d'urgence les opérations pour sauver des vies en Ethiopie et au Kenya.

On compte désormais plus de 750 000 réfugiés somaliens vivant dans la région, la plupart dans les pays voisins, au Kenya (405 000), au Yémen (187 000) et en Ethiopie (110 000). Par ailleurs, il y a 1,46 million de déplacés internes en Somalie.

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Les trois camps de Dadaab, dont la capacité d'accueil était initialement prévue pour 90 000 personnes, comptent désormais une population d'environ 250 000 civils somaliens, ce qui fait de ce complexe accueillant des réfugiés l'un des plus grands et des plus surpeuplés au monde. Le HCR craint l'arrivée de dizaines de milliers d'autres réfugiés en 2009 dans cette région isolée située au nord-est du Kenya, alors que la situation continue à se détériorer dans leur pays en proie à des troubles.

Les ressources, comme l'eau et la nourriture, se réduisent dangereusement dans les camps surpeuplés, avec parfois 400 familles se partageant l'usage d'un robinet d'eau. Il n'y a plus de place pour monter de nouvelles tentes, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

Début 2009, le Gouvernement kényan a donné son accord pour allouer des terres supplémentaires à Dadaab, ce qui permettra d'héberger quelque 50 000 réfugiés. Les photos ci-après montrent les conditions de vie dans le camp de Dadaab en décembre 2008.

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Dollow : Aide en Somalie

Dollow est un village frontalier poussiéreux en Somalie, situé à trois kilomètres du camp de réfugiés de Dollo Ado de l'autre côté de la rivière marquant la frontière, en Ethiopie. Toutefois, beaucoup des habitants arrivés récemment à Dollow sont des déplacés internes, qui n'ont pas l'intention de passer la frontière via ce pont - construit avec l'aide du HCR il y a plus de 20 ans - en quête d'assistance humanitaire. Ces personnes sont déplacées par la sécheresse et la famine sévissant dans les régions somaliennes de Gedo, Bay et Bakool. Ces agriculteurs-éleveurs ont en majorité exprimé le souhait de rentrer chez eux à l'arrivée de la saison des pluies en octobre et si la situation sécuritaire le permet.

Le HCR et d'autres agences des Nations Unies fournissent de l'aide via plusieurs ONG locales. Des abris, des kits d'assistance d'urgence et des rations d'aliments lyophilisés sont remis aux déplacés. Un centre de distribution de repas chauds fournit à environ 2 000 déplacés à Dollow la nourriture dont ils ont tant besoin

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Kenya : largages aériens pour les camps de réfugiés affectés par les inondations

Ce week-end, l'UNHCR a commencé, avec l'aide de l'armée américaine, le largage aérien d'urgence d'environ 200 tonnes de biens de secours destinés aux milliers de réfugiés affectés par de graves inondations dans les camps de réfugiés de Dadaab au nord du Kenya.

Ces largages aériens offrent un spectacle impressionnant. Un avion cargo C-130 a largué, à chaque rotation, 16 tonnes de bâches en plastique, de moustiquaires, de tentes et de couvertures, au-dessus d'un site préalablement évacué de toute présence humaine et animale. Des réfugiés ont ensuite chargé le matériel dans des camions pour l'acheminer vers les camps.

Dadaab, un complexe de trois camps accueillant quelque 160 000 réfugiés, principalement originaires de Somalie, a été coupé du monde par un mois de fortes pluies qui ont emporté la seule route permettant de relier les camps isolés depuis la capitale kenyane, Nairobi. Le transport aérien s'est avéré la seule solution pour faire parvenir les secours vers les camps.

L'UNHCR a transféré 7 000 réfugiés parmi les plus touchés depuis Ifo vers le camp d'Hagadera, à quelque 20 kilomètres plus loin. 7 000 autres réfugiés ont été transférés vers un nouveau site, appelé Ifo 2, situé plus en altitude.

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